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Les violences criminelles de bandes organisées contre les Palestiniens augmentent sensiblement

A plusieurs reprises, au cours des derniers jours, des militants appartenant à des organisations de défense des droits humains qui accompagnent des bergers palestiniens en Cisjordanie – dans le sud de la vallée du Jourdain, plus exactement –  afin de les protéger ont été violemment attaqués par des extrémistes juifs venant de colonies israéliennes, agissant en bandes organisées.

Les colons de “l’avant-poste” (colonie illégale même aux yeux des autorités israéliennes, du moins en théorie) Baladim appartiennent à la frange la plus radicalisée des colons juifs. “Les plus radicalises et les plus marginalisés parmi les jeunes des collines sont là, du genre que mêmes les rabbins ne parviennent pas à contrôler. Ils sont plus ou moins surveillés par la police, qui se montre de temps en temps, mais la plupart du temps ils se cachent. C’est devenu un cauchemar pour les bergers dans cette zone”, a expliqué un des militants du groupe Ta’ayush qui a été témoin de l’attaque très violente. 

Ce n’est pas la première fois que des actes de ce type sont signalés, mais le niveau de violence déployé par les colons augmenter sensiblement à mesure que les mouvements les plus extrémistes gagnent en influence dans les colonies grâce à l’appui du gouvernement israélien, lui-même conforté par la nouvelle administration étatsunienne.

Mais ce n’est pas le seul type de violences physiques qui visent des Palestiniens : si les colons visent le nettoyage ethnique et le vol des terres appartenant à des Palestiniens, d’aucuns sont davantage focalisés sur une autre des obsessions sionistes : la “pureté du sang” juif.

A Be’er Sheva (où en octobre 2015 une foule en fureur avait lynché un Érythréen soupçonné à tort d’être un “terroriste”) six israéliens, dont un mineur et deux soldats, ont été arrêtés et accusés d’avoir mené une série d’agressions violentes contre des hommes arabes. Il s’agirait, selon Haaretz, de six agressions distinctes entre décembre 2016 et le 6 avril dernier. L’objectif de ces agressions : mettre fin à une relation sentimentale entre les victimes, parce qu’il s’agissait d’Arabes, et des femmes juives.

Les accusés, qui ont de 17 à 20 ans, ont utilisé des couteaux, des clubs de golf, des barres de fer et d’autres armes. Ils ont tous été inculpés pour agressions aggravées et deux d’entre eux sont au surplus accusés de terrorisme.

Lors de l’agression la plus violente, l’un des trois principaux suspects, Raz Amizor (19 ans) a poignardé un Arabe qui était assis dans une automobile en compagnie d’une Juive. Amizor s’était, selon l’acte d’accusation, approché d’une voiture à l’arrêt pour demander du feu pour allumer une cigarette. Lorsqu’il se rendit compte que les occupants de l’auto formaient un couple, composé d’un homme arabe et d’une femme juive, il a sorti un couteau et a frappé l’homme à plusieurs reprises dans la poitrine, l’estomac, le dos et les mains. La victime a eu un rein perforé par le couteau. 

La plupart du temps, les membres du gang agissaient en se masquant le visage.

Selon la police, la motivation du groupe était de lutter contre le métissage entre Juifs et Palestiniens à Be’er Sheva. Certains d’entre eux avaient visionné des vidéos provenant du groupe israélien d’extrême-droite Lehava (déjà évoqué à plusieurs reprises sur ce site), qui met l’accent sur la nécessité, selon eux, de “sauver les femmes juives sont sont mariées avec des Arabes”.

Un des suspects aurait tenté de se suicider durant la période où il était interrogé par la police. 

 

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