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Les universités israéliennes collaborent activement avec le Shin Bet

israelitorture_032406_300_199_c1Les universités israéliennes fournissent au Shin Bet – une des trois principales branches des services de renseignement israéliens, avec la sécurité militaire et le Mossad – des listes d’étudiants diplômés, destinées à aider le service de renseignements à les recruter, affirme le quotidien israélien Haaretz.

Il y a quelques mois, un certain nombre d’activistes engagés dans les luttes sociales en Israël ont reçu – comme des milliers d’autres citoyens – une lettre du Shin Bet dans laquelle ils ont pu lire que « …selon les données en notre possession… » ils avaient été considérés comme aptes à être engagés dans différentes fonctions afin de participer aux activivtés du service de renseignements.

Le député Tamar Zandberg (Meretz) écrivit au Premier Ministre Netanyahou, dont le Shin Bet dépend, afin de lui demander « pour quelle raisons des renseignements sont collectés à propos de citoyens israéliens qui ne sont pas suspectés d’avoir des activités mettant en cause la sécurité ?« . Le député demandait aussi si ces informations étaient systématiquement collectées à propos de tous les citoyens, ou si certaines catégories, telles que par exemple les activistes, étaient particulièrement ciblées. Quelle informations sont collectées, et de quelle manière ?

Le député Zandberg a reçu il y a quelques jours une réponse émanant de Perah Lerner, qui assure la liaison entre le premier ministre et le parlement, qui indique que « le Shin Bet approche une grande variété de candidats potentiels appartenant à toutes les catégories de la société israélienne. Il va sans dire que le Shin Bet n’exerce pas une surveillance et ne collecte pas de renseignements sur les activistes sociaux ou toute autre population en tant que telle dans le but de recuter des personnes dans ses rangs« .

Perah Lerner précisait également que le Shin Bet reçoit directement ses informations des universités. Une source universitaire a indiqué à Haaretz que le Shin Bet lui a fait une demande formelle pour recevoir des listes de leurs diplômés. Les listes comprennent les noms, numéro d’identité, adresse, etc…, mais pas les informations concernant les dipômes obtenus.

En Israël, le Shin Bet, tout comme le Mossad, la police et le Renseignement militaire, est exempté du respect des règles légales concernant la protection de la vie privée, et donc – précise Haaretz – les universités n’ont pas d’autre choix que de satisfaire la demande. La loi permet explicitement au Shin Bet d’obtenir « l’information utile à la réalisation de sa mission« , ce qui inclut apparemment les informations lui permettant de faire de nouvelles recrues.

Les jeunes diplômés sont immédiatement « au parfum » et l’objet de toute l’attention des services…

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