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Les sionistes appellent au boycott des manuels scolaires de Hachette

Il y a trois semaines, tout ce que l’Hexagone compte de sionistes flamboyants – et il n’en manque hélas pas – est entré en éruption pour dénoncer le crime commis par la maison d’édition Hachette, qui dans une nouvelle édition de ses manuels d’histoire destinés aux écoliers français a l’outrecuidance de faire du conflit israélo-palestinien une présentation qui ne se conforme pas à l’historiographie israélienne officielle, dont il a été plus qu’amplement démontré, et en premier lieu par des historiens israéliens, qu’elle est un tissu de mensonges d’État.

La surprise avait été vive, dans ces milieux, car dans de précédents manuels d’histoire Hachette avait adopté un narratif qui avait tout pour leur plaire : pour ne citer que quelques exemples rien n’était dit sur les massacres comme celui de Deir Yassin, les expulsions et le vol des terres des Palestiniens par les Israéliens au moment de la création de l’État d’Israël, ni sur l’origine de la deuxième intifada. Les attentats-suicides étaient au contraire surexploités, tandis que les violences quotidiennes infligées au peuple palestinien par Israël étaient totalement occultées, et les pays et les mouvements de résistance qui s’élèvent contre l’impérialisme américain étaient taxés d’ennemis de la démocratie et de terroristes sans distinction ni nuance…

Évidemment, un manuel scolaire ne peut contenir qu’un petit nombre de pages consacrées à ce conflit, ses origines et ses développements, qui sont d’une extrême complexité. Par ailleurs, ce conflit armé est aussi l’affrontement entre deux narrations d’une même réalité, et l’auteur qui voudrait satisfaire tout le monde s’attaquerait à une mission rigoureusement impossible.

Mais, pour les préposés à la hasbara, la seule évocation dans les nouvelles éditions des manuels édités par Hachette de l’expulsion de 700.000 Palestiniens lors de la guerre de 1948 est un crime. Il en est encore, en effet, qui n’ont pas renoncé à cette fable grossière selon laquelle les sionistes n’ont expulsé ni massacré personne, ce sont ces pleutres d’Arabes qui ont fui spontanément, se privant ainsi de tous les bienfaits dont les troupes juives souhaitaient sincèrement les combler… A vrai dire, pour les propagandistes sionistes, le mot « palestinien » lui-même devrait être banni : les Palestiniens ça n’existe pas…

Bref, écrivait le site « Europe-Israël » :

« L’Education Nationale française va ainsi former des futures générations de pro-palestiniens et d’anti-israéliens.

Il semble évident que cette manipulation de l’histoire du conflit israélo-arabe est la réponse de l’Éducation Nationale au fait qu’il est de plus en plus difficile d’enseigner l’histoire de la Shoah et du Moyen Orient dans des classes ayant un grand nombre de jeunes musulmans qui refusent d’entendre l’histoire…

L’Éducation Nationale, dans une forme de dhimmitude [1], a déjà donné des directives dans un bulletin officiel afin que le mot « Shoah » ne soit pas utilisé mais remplacé par le mot anéantissement.

Là encore elle s’illustre par une grande lâcheté en manipulant l’histoire de la création de l’État d’Israël pour « calmer » ou satisfaire les élèves musulmans qui risqueraient d’être « choqués » d’entendre la vraie histoire… C’est ainsi que le mot « Israël » disparait complètement du manuel. »

Dans le même temps, le grotesque « Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme » (BNVCA) de l’avocat bidon Gilles-William Goldnadel (recordman mondial des procès pour antisémitisme perdus) s’agitait et le CRIF abreuvait les média de communiqués vengeurs, et sous la pression Hachette s’était engagé – selon certains média – à modifier « certains passages » dans les versions définitives des manuels, sans autres précisions.

Il apparaît qu’en définitive il n’en sera rien, l’examen des pages litigieuses n’ayant fait apparaître aucun élément erroné de nature à justifier le retrait ou la rectification des manuels.

Devant la fermeté de Hachette, qui refuse de céder aux injonctions du lobby pro-israélien, « Europe-Israël » se fait menaçant :

« Devant une telle position d’Hachette, nous conseillons donc à l’ensemble de la communauté juive, à l’ensemble des amis d’Israël et à l’ensemble des professeurs, qui ne se reconnaissent pas dans ce parti pris anti-israélien, d’acheter les manuels d’autres éditeurs beaucoup plus sérieux et surtout beaucoup plus neutres…

Nous sortirons dans les prochains jours un dossier sur la société Hachette et ses vieilles « amitiés » particulières qui expliquent peut-être ce type de positions anti-israéliennes…

En attendant d’autres actions contre la société Hachette… »

On constate donc qu’à l’occasion les milieux sionistes ne sont pas aussi rétifs, et n’ont pas les scrupules moraux qu’ils aiment étaler à l’idée d’un boycott lorsque celui-ci vise des intérêts israéliens. On le savait déjà, mais voilà qui confirme qu’il y a pour eux les « bons boycotts » et les autres.


[1] L’évocation de « une forme de dhimmitude«  n’est pas sans intérêt : c’est exactement le vocabulaire utilisé par Anders Behring Breivik, « fondamentaliste chrétien » islamophobe qui a avoué être l’auteur du double attentat qui vient de faire près de 100 morts à Oslo. La lecture de la présentation de l’association qui édite le site par elle-même est d’ailleurs une confirmation d’une certaine proximité idéologique.

On y lit : « Israël est la première ligne de défense de l’Occident et du monde libre contre le totalitarisme islamiste. En tournant sa colère contre Israël l’Occident sape sa défense contre les ennemis de la modernité et de la civilisation Occidentale que les Juifs ont largement contribué à créer.
Si Israël tombe, l’Occident  suivra. Plus rien ne s’opposera à une déferlante de la dictature islamique. Nous voulons rappeler aux hommes politiques européens qu’Israël défend et protège les lieux saints de toutes les religions monothéistes.Nous réaffirmons que Jérusalem EST la Capitale d’Israël; Jérusalem est le centre même du Judaïsme depuis des millénaires ».

Notons au passage que la manière dont, prétendument, « Israël défend et protège les lieux sains de toutes les religions monothéistes » est pour le moins curieuse. Dans plusieurs rapports, depuis 2005, les chefs de missions diplomatiques de TOUS les pays de l’Union Européenne à Jérusalem ont souligné les restrictions à la liberté de culte visant les Palestiniens et aussi les « excavations unilatérales » pratiquées par Israël dans la vieille ville de Jérusalem, « conduites sur une grande échelle, sur des lieux qui incluent Haram al-Sharif et le Mont du Temple« . Les diplomates soulignaient aussi (en 2008) que « dans les quelques années passées, les autorités israéliennes sur les Monuments ont accéléré la privatisation des fouilles et des droits qui en découlent, au bénéfice d’organisations non-gouvernementales qui sont associées aux colons extrémistes. (…) Ces projets en cours n’ont aucun égard pour les lieux saints chrétiens ou musulmans. Bien qu’ils ne les endommagent pas directement, ils constituent une menace quant à leur viabilité, leur intégrité, et affectent le domaine public dans leur environnement immédiat. (…) Dans la perspective actuelle, l’archéologie est en train de devenir un instrument idéologique au service des luttes natiionales et religieuses entretenues de telle sorte qu’elles modifient le caractère de la ville et menacent sa stabilité. (…) ».
La multiplication de ces fouilles à visées très politiques a aussi favorisé l’éclosion d’un juteux trafic d’antiquités. On a ainsi vu apparaître successivement un ossuaire ayant prétendûment contenu le squelette de Jésus, des objets en ivoire supposés confirmer l’existence du « premier temple » (et donc fonder les prétentions juives sur Jérusalem), etc… Après avoir parfois été fièrement exposées dans les musées israéliens, ces objets ont l’un après l’autre été identifiés comme des faux. Ce petit jeu continue.
Dans leurs rapports, les diplomates européens en poste à Jérusalem notaient encore : « Les Églises chrétiennes sont confrontées à des tracasseries dans l’obtention des visas de longue durée pour leurs prêtres. (…) Ces mesures restrictives ont profondément affecté le fonctionnement des institutions ecclésiastiques (…). En 1947, la Résolution 181 de l’Assemblée Générale des Nations-Unies (appelée plan de partition) spécifiait qu’aucune taxe ne serait imposée sur les Lieux saints, ni sur des édifices. En 2002, Israël a passé une loi imposant des taxes sur des propriétés religieuses qui, jusque là, en avaient été exemptes (…) ». (Voir à propos de ces rapports tenus secrets par l’U.E. :  » JERUSALEM – Le rapport occulté » – Editions Salvator – ISBN : 978-2-7067-0684-4)
On reconnaît là la traditionnelle bonne foi dont Israël fait preuve dans l’exécution de ses obligations…

 

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