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Les sépultures juives à Gaza sont les mieux préservées… sauf évidemment des bombardements

Depuis l’élection de Donald Trump, qui fut accueillie avec un grand enthousiasme par le gouvernement israélien, “une vague d’actes racistes et antisémites soude les communautés juives et musulmanes aux États-Unis”, écrit Annabel Benhaiem, journaliste du Huffington Post.

On a relevé, en particulier, un certain nombre de profanations de centaines de sépultures juives dans les cimetières aux États-Unis, notamment à New-York, à Rochester, à Philaldelphie tandis que des alertes à la bombe visaient des organisations juives à travers tout le pays. L’ONG juive Anti-Defamation League (ADLqui s’illustra jadis notamment en espionnant Noam Chomsky) avait enregistré récemment 121 menaces contre des institutions juives dans 36 états et deux provinces canadiennes depuis le 1er janvier (Trump est entré en fonction le 20).

Des musulmans ont proposé d’organiser la garde de sites juifs après des attaques.

Des bénévoles nettoient après une attaque contre le cimetière Chessed Shel Emeth à Saint-Louis en février 2017. Les musulmans américains ont recueilli des milliers de dollars pour aider à payer les réparations (Michael Thomas)

Illustrant involontairement une fois de plus la convergence d’intérêts des activistes sionistes et des antisémites, le leader de l’opposition israélienne, Isaac Herzog, président de l’“Union Sioniste”, a lancé “un appel urgent au gouvernement [israélien] pour qu’il prépare et mette en œuvre un plan d’action pour l’éventualité de vagues d’immigration de nos frères Juifs vers Israël” en raison de la recrudescence de l’antisémitisme “aux États-Unis, en France et ailleurs dans le monde”.

Les fluctuations périodiques des mouvements migratoires au sein de la « communauté juive » mondiale, vers ou au départ d’Israël, ont depuis bien longtemps cessé d’être fonction de l’adhésion plus ou moins intense au projet historique du sionisme, à savoir de rassembler en Palestine sinon la totalité du moins une majorité de cette communauté.

Sur les ±5 millions de juifs vivant aux États-Unis, par exemple, guère plus de 4.000 par an décident de s’établir en Israël. Et pour pas mal d’entre eux ce n’est nullement un choix définitif. En fait, les allées et venues entre le continent américain et les rives de la Méditerranée sont fortement liées à la conjoncture économique. Qu’elle soit mauvaise aux États-Unis et on constate une augmentation du nombre des alyas, qu’elle reparte à la hausse et le flux s’inverse. Le phénomène dure depuis de très nombreuses années, et dans un sens comme dans l’autre les motivations de ces migrants de luxe sont aux antipodes des « idéaux » (!) des pères du sionisme.

Une recrudescence des actes racistes et/ou antisémites aux États-Unis constitue donc pour Isaac Herzog et ses comparses un adjuvant bien utile à la propagande israélienne pour ramener les yordim ces Juifs ayant quitté Israël dont Yitzhak Rabin parlait comme de “déchets et de “chiffes molles dans le droit chemin.

Et tandis que se multipliaient les dégradations de tombes juives aux États-Unis, il y a un endroit dans le monde où elles sont soigneusement entretenues et en parfaite sécurité… aussi longtemps que l’armée israélienne s’abstiendra de les bombarder : Gaza.

Cimetière juif du Mont Carmel à Philadelphie (Michael Bryant / Staff photographer, Philadelphia Inquirer)

Gaza War Cemetery – Photo Joe Catron

Le “Gaza War Cemetery”, entretenu et géré par la “Commonwealth War Graves Commission”, contient les sépultures de 2.643 victimes des deux guerres mondiales, et de l’occupation israélienne de la Palestine. On y dénombre les tombes de soldats et de civils du Royaume-Uni et des pays du Commonwealth, ainsi que d’Égypte, de Turquie et des puissances alliées de la deuxième guerre mondiale. Parmi elles de nombreuses tombes frappées de l’étoile de David, qui dix ans après l’arrivée au pouvoir du Hamas à Gaza sont toujours parfaitement préservées.

L.D.            

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