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Les Palestiniens de Syrie au Liban : les plus misérables de tous

Les temps sont particulièrement durs pour les quelque 87.000 Syriens qui se sont réfugiés au Liban. Mais ils sont encore plus durs pour les quelque 7.500 Palestiniens qui avaient trouvé asile en Syrie et qui sont donc devenus des réfugiés pour la seconde fois en franchissant la frontière libanaise.

Dès le moment où ils arrivent à la frontière du Liban, les Palestiniens sont traités encore plus mal que les Syriens. Ils doivent se procurer un visa de transit à 17 USD et valable pour quinze jours seulement. S’ils veulent rester en toute légalité, ils doivent faire une demande de visa non renouvelable pour un mois et qui leur coûtera 33 USD supplémentaires.

Généralement, on leur refuse le droit de travailler au Liban. Les conditions dans les camps où on les parque sont déplorables. Par contre, les Syriens non palestiniens reçoivent gratuitement des permis de résidence de six mois et qu’il leur est possible de prolonger. Et il leur est également permis de travailler.

Dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban…

Dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban…

En pratique, jusqu’à présent, les Palestiniens n’ont pas été poursuivis pour avoir enfreint les règles. Roger Davies, directeur exécutif de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (mieux connu sous le sigle UNRWA), déclare que le gouvernement libanais « ferme les yeux sur ce qui est légal ou pas ». Une amnistie d’un mois permet aux Palestiniens dont le visa a expiré de quitter le Liban dans devoir payer d’amende ; non officiellement, il a été suggéré de prolonger cette période. Jusqu’à présent, les Palestiniens n’ont pas été pénalisés pour une prolongation illégale de séjour. Mais un grand nombre d’entre eux qui débarquent au Liban en arrivant de Syrie sont heurtés de constater qu’une vingtaine de professions au moins leur sont interdites. En Syrie, ils avaient les moins droits civiques que les Syriens, y compris le plein accès aux services sociaux et à l’emploi.

Le haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) s’occupe des réfugiés non palestiniens au Liban. Jusqu’à présent, il a récolté à peu près un tiers des fonds nécessaires pour s’occuper des réfugiés syriens sur place, alors que l’UNRWA, censée s’occuper des réfugiés d’origine palestinienne, a touché moins de 8 % des 8,3 millions de USD dont elle a besoin. Ceci est dû en partie au fait que peu de Palestiniens s’étaient réfugiés au Liban, jusqu’au milieu de l’été, alors que leur nombre a considérablement augmenté ces deux derniers mois, du fait que le régime syrien a décidé d’évacuer le camp palestinien de Yarmouk, à proximité de Damas, après que bon nombre de ses habitants avaient partagé le sort des rebelles syriens.

En début de mois, 1.600 réfugiés palestiniens en provenance de Syrie sont arrivés au Liban en une seule semaine. Mais 1.700 autres, estimant les conditions trop misérables, ont préféré faire demi-tour.


 

Publié le 16 octobre 2012 sur The Economist.
Traduction pour ce site : JM Flémal.

 

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