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Les Juifs de France de moins en moins attirés par l’idée d’émigrer en Israël

Selon les dernières données officielles disponibles, Israël devrait bénéficier en 2017 de l’arrivée de 28.400 émigrants juifs 1, parmi lesquels plusieurs centaines de Juifs brésiliens poussés au départ par la situation économique et sécuritaire du pays. En revanche, le nombre d’arrivants en provenance de la France a fortement diminué, et parmi ceux qui étaient arrivés au cours des années précédentes on discerne une tendance au “retour”… vers l’Europe, rapporte Haaretz.

Si le chiffre de 28.400 Juifs effectuant leur “aliyah” se confirme, comme le laissent prévoir les chiffres compilés par le “ministère pour l’absorption des immigrants” israélien, cela représentera globalement une augmentation de 5% par rapport à 2016. Toutefois, il faut se souvenir qu’en 2016 le nombre d’immigrants juifs avait chuté de 13%, en raison principalement d’une forte réduction des “aliyah” en France 2.

Le gouvernement israélien et le mouvement sioniste, qui ne ménagent pas leurs efforts pour encourager les Juifs de France à émigrer vers Israël, notamment en montant en épingle le moindre incident pouvant servir à accréditer l’idée d’un antisémitisme virulent au pays de Voltaire, n’en avaient pas moins continué à tabler sur un important courant migratoire. La situation économique en France 3 était pourtant de nature à favoriser l’émigration, juive ou non.

Tout au contraire, en ce qui concerne la communauté juive, “un nombre considérable de Juifs français qui avaient immigré en Israël au cours de ces dernières années sont repartis en raison de difficultés de réinstallation”, affirme Haaretz. Mais le ministère israélien compétent ne donne jamais aucun chiffre concernant ces “aliyah” à rebours, qui évidemment ne vont guère dans le sens de la hasbara intensive qui a cours.

Les estimations montrent qu’à la fin de cette année, les immigrants venant de France arrivés en Israël seront au nombre de 3.400, c’est à dire ±28% de moins qu’en 2016 et très loin du nombre record d’“aliyah” de France enregistré en 2015, à savoir 7.500.

En revanche, le nombre d’immigrants juifs venant d’Ukraine devrait atteindre 6.700 (+14% par rapport à 2016). Le nombre d’immigrants de Russie devrait rester stable, autour de 7.000 (ce qui classerait la Russie en tête des pays d’origine pour la deuxième année consécutive).

L’augmentation continue de l’immigration en provenance du Brésil a également été remarquable cette année. Au cours des deux dernières années, de nombreux Juifs ont fui le plus grand pays d’Amérique latine pour des raisons écono­miques et pour des raisons de sécurité personnelle face à la criminalité croissante. Environ 670 Juifs brésiliens arriveront en Israël d’ici la fin de l’année, contre 630 l’année dernière et 460 l’année précédente.

L’immigration en provenance des États-Unis devrait rester stable, avec environ 2.900 Juifs étatsuniens. Les spéculations selon lesquelles la victoire présidentielle de Donald Trump pourrait amener les Juifs américains – dont la majorité vote pour le parti “Démocrate” – à déménager en Israël s’est donc révélée jusqu’ici sans fondement. 

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Notes   [ + ]

1. sur une population juive globale estimé entre 13,9 et 18,2 millions selon la manière dont on définit la qualité de Juif. L’émigration vers Israël en un an représente donc entre 0,16% et 0,20% de cette population mondiale.
2. Le quotidien israélien ne donne aucun chiffre concernant la Belgique. En 2015, le chiffre était de ±250 t il avait chuté d’environ  40% au début de 2016. Nous ne disposons pas actuellement de données plus récentes.
3. La France a connu en 2017 une croissance du PIB rapportée au nombre d’habitants égale à celle de la Grèce (1,6%), et à peine supérieure à celles de la Grande-Bretagne et l’Italie (1,5%), ce qui la met en queue de classement, juste derrière la Belgique