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«Les gens ont toujours le pouvoir de changer les choses» (Mazin Qumsiyeh)

Mazin Qumsiyeh

Le bombardement de la Syrie par les USA, tout en étant illégal selon le droit international (pas décidé par le Conseil de Sécurité de l’ONU et condamné par la Russie et la Chine), nous rappelle quatre faits basiques de la géopolitique :

1) les présidents des Etats unis, même « non conventionnels », doivent toujours obéir aux règles qui ont été établies pour eux. Trump a été élu pour son opposition à l’intervention en Syrie mais il vient de se positionner directement du côté des « rebelles », obéissant à la stratégie néocon des années 90 de changements de régime en Asie de l’Ouest, pour le grand bonheur d’Israël.

Attaque américaine contre la base syrienne d’Al-Chaayrate

2) Comme a dit Henry Kissinger : « Toute politique étrangère est de la politique intérieure ». A cause du fort lobby sioniste et de l’absence de contre-lobby qui surveille les intérêts états-uniens (ne parlons pas du reste du monde), les USA sont poussés à faire des guerres supposées aider l’Etat d’apartheid israélien, que ce soit au Liban, en Irak, au Yémen ou en Syrie.

3) Les guerres modernes tuent bien plus de civils que de militaires (la proportion est maintenant de 10 pour 1). La guerre est immorale, illogique et criminelle. Elle n’a ni « bon côté » ni « mauvais côté ». L’unique point positif est que les pays utilisant la guerre comme leur outil principal (Israël et les USA en particulier) vont perdre parce que les guerres ne sont plus efficaces pour parvenir à des fins politiques. Il suffit de prendre pour exemple, au cours des 20 dernières années : les attaques états-uniennes contre l’Irak et les attaques israéliennes contre Gaza et le Liban. C’est pratiquement devenu une loi, comme celles de Newton en physique.

4) Les gens ont toujours le pouvoir de changer les choses. Les gouvernements mentent régulièrement à leur peuple (tous les gouvernements) mais leur nocivité consiste à créer la peur et créer l’apathie (l’impuissance). Ce qui compte pour les gouvernements, c’est de transformer les gens en bons consommateurs (de produits et de propagande), même si c’est à court terme et si cela ne sert qu’à enrichir les politiciens et leurs soutiens.

Ce qui compte pour les défenseurs des droits humains, c’est de pousser les gens à être de bons citoyens informés et engagés. Le conflit entre les gouvernements et les peuples est le seul véritable conflit. Un conflit entre l’avidité à court terme et les intérêts planétaires à long terme. C’est un conflit existentiel pour l’humanité.
(…)

Restez humain,

Mazin Qumsiyeh
Un bédouin dans le cyberespace, un villageois chez lui
Professeur et directeur (bénévole)
Musée palestinien d’Histoire naturelle
Institut palestinien de la biodiversité et du développement durable
Université de Bethléem, Palestine occupée
http://qumsiyeh.org
http://palestinenature.org
https://www.facebook.com/mazin.qumsiyeh.9


Publié le 7 avril 2017 sur http://qumsiyeh.org
Traduction : Chris pour ISM

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Mazin Qumsiyeh

Mazin Qumsiyeh, Palestinien, est l’auteur de « Sharing the Land of Canaan » et de «Une histoire populaire de la Résistance palestinienne ». Il enseigne au sein de l’université de Bethléem et de Bir Zeit et dirige le Musée Palestine d’Histoire Naturelle et l’Institut palestinien de biodiversité et durabilité

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Mazin Qumsiyeh sera l’invité de la Plate-forme Charleroi-Palestine le dimanche 21 mai.
Bloquez déjà la date.

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