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Les forces israéliennes répriment la grève de la faim des prisonniers palestiniens, mais celle-ci continue de se développer

Des prisonniers détenus à la prison d’Ofer ont refusé de manger dimanche soir. C’est la dernière d’une série de protestations, ces derniers mois, contre les conditions de détention.

Sur les 5 500 prisonniers politiques palestiniens détenus dans les geôles israéliennes, 1 200 le sont à la prison d’Ofer. (Photo : Reuters)

Ce lundi 5 août, les forces israéliennes ont fait irruption dans une prison de Cisjordanie occupée, lançant des gaz lacrymogènes et envoyant plusieurs prisonniers palestiniens en enfermement solitaire et ce, dans l’intention de réprimer les protestations des détenus, a déclaré le Club des prisonniers palestiniens (CPP) à l’adresse de Middle East Eye.

Les prisonniers détenus dans deux sections de la prison d’Ofer, à Ramallah, ont refusé de prendre leur repas dimanche soir, « afin de protester contre le ciblage des dirigeants des prisonniers à Ofer et du comité qui gère leurs affaires quotidiennes », a déclaré un porte-parole du CPP.

Lundi, un contingent de l’unité Metzada, habituellement chargée des opérations spéciales pour le compte du Service pénitentiaire israélien, a fait irruption dans les deux sections afin de mettre un terme à leurs protestations. Les militaires ont abondamment eu recours à des gaz lacrymogènes. 

Cinq détenus ont été transférés d’Ofer vers une autre prison israélienne, dont l’identité est toujours inconnue au moment de publier le présent article. Quinze autres prisonniers ont été placés en isolement à Ofer, a déclaré le porte-parole du CPP.

Le nombre de prisonniers blessés durant le raid reste inconnu, a-t-il ajouté.

Selon l’Agence d’information de l’Autorité palestinienne (WAFA), les mêmes forces ont fait irruption dans une section de la prison où une centaine d’enfants étaient détenus et ils en ont entravé plusieurs.

MEE a contacté les Services pénitentiaires israéliens en demandant des explications, mais n’a toujours pas reçu de réponse au moment de publier le présent article.

Sur les 5 500 prisonniers politiques palestiniens détenus dans les geôles israéliennes, 1 200 le sont à la prison d’Ofer.

Ces douze derniers mois, les Palestiniens détenus à Ofer ont insisté pour avoir de meilleures conditions en organisant plusieurs grèves de la faim à la suite l’une de l’autre. L’une des revendications majeures consiste en l’installation par les autorités d’un téléphone, de façon que les détenus puissent contacter leurs familles.

Alors qu’on leur permet d’envoyer des lettres, le processus implique de longs délais, en raison de la censure imposée par les prisons en Israël. Parfois, les lettres n’arrivent jamais chez les amis ou dans la famille.

Selon les lois internationales, les détenus ont droit à des visites de leurs proches et il doit leur être permis de communiquer avec eux.


Publié le 5/5/2019  sur Middle East Eye
Traduction : Jean-Marie Flémal

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