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Les firmes françaises Systra et Europcar se retirent

Des associations de défense des droits humains affirment avoir reçu l’engagement de la firme française Systra de se retirer du projet d’extension du “tramway léger” de Jérusalem, une infrastructure construite par Israël qui viole le statut de la ville sainte et qui vise à faciliter la colonisation juive de la partie est de la ville. L’information a été confirmée par un cadre supérieur de l’actionnaire principal de Systra, qui n’est autre que la SNCF.

Dans un rapport confidentiel, les diplomates européens en poste à Jérusalem ont souligné que les infrastructures de transport, « servent surtout à renforcer le contrôle israélien sur Jérusalem-Est ». « Le tramway illustre la politique israélienne qui consiste à relier les colonies israéliennes de Jérusalem-Est avec le centre-ville à Jérusalem-Ouest, écrivaient-ils. À l’exception de quelques stations, à Shu’afat et Beit Hanina, le tram ne dessert pas les quartiers palestiniens. La municipalité de Jérusalem prévoit de doubler pratiquement la longueur de la ligne de tram existante jusqu’à la colonie de Neve Yaakov, pour relier d’autres colonies (Neve Yaakov, Gilo, Ramot) à Jérusalem-Ouest ».

C’est, comme l’affirme la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), «un outil de la politique de colonisation d’Israël et de son annexion de Jérusalem, en totale violation du droit international».

Aussi la FIDH a-t-elle qualifié la décision de Systra de “première victoire sur une juste voie”.

Systra est une filiale de la SNCF et de l’opérateur de transport public parisien RATP. En tant que tel, le gouvernement français est donc directement impliqué via cette entreprise dans des violations flagrantes de sa politique officielle selon laquelle les colonies israéliennes sont illégales en vertu du droit international. Egis Rail, qui participe également à la construction de cette infrastructure de transports publics, est une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, une institution financière publique française. 

La FIDH dit espérer que les groupes Egis et Alstom suivront rapidement l’exemple de Systra et mettront fin à toute participation au projet israélien.

A ce stade, la question de savoir si le retrait de Systra sera total ou partiel reste un peu vague, fait remarquer toutefois Electronic Intifada, dont certaines interrogations n’ont pas reçu de réponse claire.

Europcar désinvestit

La compagnie israélienne Albar a récemment mis un terme à ses activités en Cisjordanie occupée, peu après qu’elle soit devenue, en septembre 2017, une société “franchisée” d’Europcar, important groupe français de location de véhicules. Avant de se lier à Europcar, Albar était dans l’orbite d’une filiale du groupe étatsunien Hertz.

Albar était implantée dans deux colonies juives de Cisjordanie occupée, Beitar Illit et Modiin Illit, selon le “American Friends Service Committee’s Investigate project” (AFSC) et l’ONG Who Profits. Ces deux succursales ont fermé leurs portes en décembre dernier. AFSC estime que la fermeture de ces succursales “représente un désinvestissement d’Europcar des colonies israéliennes illégales, et plus globalement de l’occupation”. Pour l’ONG, “Europcar rejoint ainsi une liste grandissante de sociétés multinationales qui se sont retirées de l’industrie de la colonisation au cours des dernières années – une norme émergente des droits de l’homme pour les entreprises”.


Source : Electronic Intifada

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