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Les femmes palestiniennes dans les prisons de la “seule démocratie en Moyen Orient

L’article de Reham Alhelsi, publié ce 19 août sur le site MyPalestine, témoigne avec précision des conditions de détention des femmes prisonnières palestiniennes. Des situations révoltantes qui appellent à un soutien concret à ses femmes et à un combat pour leur libération.

“Les femmes palestiniennes et le combat pour la liberté

Les femmes palestiniennes ont toujours lutté côte à côte avec leurs pères, frères, maris et camarades pour résister à l’occupation sioniste, pour combattre pour la liberté et leurs droits légitimes.

Elles sont les premières à descendre dans la rue pour protester contre la brutalité de l’occupation militaire israélienne, les premières à organiser des sit-in et des marches pour réclamer la libération de leurs proches des prisons israéliennes.

Elles sont les protectrices, les soutiens et, plus que tout, des camarades dans le combat pour une Palestine libre. Elles protègent leurs enfants, pères, frères et maris de l’envahisseur sioniste venu pour kidnapper, cogner ou tuer. Elles soutiennent leurs familles quand leurs proches sont emprisonnés ou abattus par les troupes terroristes israéliennes. Elles embrassent la terre et l’olivier.

Elles préparent la voie à la résistance et la façonnent en y mêlant leur sang. Elles sont l’olivier qui reste fermement debout face aux usurpateurs à Naplouse, Jénine, Bethléem et Al-Jalil.

Elles sont le coquelicot qui orne les sommets des collines palestiniennes à Jérusalem, Hébron et Safad. Elles sont les papillons posant leurs baisers sur les champs de Hébron, de Jénine et de Bisan. Elles sont la fraîche brise de Haïfa, Jaffa, Acre et Gaza. Elles sont la pierre puissante et forte qui ne quitte le sol que pour frapper l’usurpateur au visage.

Elles sont les filles de la Palestine, sans peur, déterminées et patientes. Elles sont la mère, la sœur, la fille et la camarade du martyr, du combattant de la liberté et du prisonnier.

Elles sont le martyr, le combattant de la liberté et le prisonnier. Elles sont les gardiennes de la révolution et le symbole de la détermination. Elles sont la Palestine qui embrasse ses enfants, les protège et les guide.

Depuis 1967, plus de 800.000 Palestiniens, y compris 15.000 femmes palestiniennes, ont été incarcérés par “l’entité sioniste”.

Lors de la Première Intifada, 3.000 femmes ont été incarcérées et, lors de l’Intifada Al-Aqsa, plus de 900 femmes ont été enfermées derrière les barreaux israéliens. Les raids et les arrestations sont quotidiens. Parfois, les prisonnières sont relâchées après quelques jours ou quelques semaines, ou elles restent en détention pour une période indéterminée. Rien qu’en juin 2010, quelque 334 Palestiniens ont été emprisonnés, dont 4 femmes.

Actuellement, il y a 36 femmes palestiniennes détenues dans les prisons israéliennes de Damon, Hasharon et Neve Tirza : 4 viennent de Jérusalem, 3 de la zone palestinienne occupée en 1948, 28 de Cisjordanie et 1 de la bande de Gaza. Six des détenues attendent leur jugement, 3 sont en détention administrative, 27 ont été condamnées, 5 à la perpétuité.

À l’instar de leurs frères en détention, les prisonnières palestiniennes souffrent de la brutalité des autorités carcérales israéliennes. Elles subissent des violences, des humiliations et plus de vingt formes de violations en tous genres.

Elles sont torturées, battues, harcelées, insultées, attachées des heures durant sous un soleil de plomb ou sous la pluie, privées de sommeil, confinées dans l’isolement, punies d’amendes élevées sans raison, soumises à des jets continuels de gaz lacrymogènes dans leurs cellules, privées en permanence des visites et appels de leurs proches et leur courrier ne leur est remis qu’une fois par trimestre.

Elles subissent également des intrusions nocturnes brutales et humiliantes et à des fouilles corporelles.

Le 24 juin 2010, très tôt le matin, à la prison de Damon, les Forces spéciales israéliennes dans le Golan ont fait irruption dans les cellules des prisonnières, les ont assaillies, ont fouillé les cellules et forcés les femmes à se déshabiller, à s’accroupir dans des positions humiliantes durant quatre heures sous le prétexte d’une inspection.

De même, les autorités carcérales israéliennes empêchent les prisonnières palestiniennes à se procurer plus d’un livre, ne leur permettent pas de transmettre ou de recevoir des travaux de broderie ni des magazines et décident du nombre de pièces vestimentaires dont chaque détenue peut disposer.

Les cellules sont exiguës, surpeuplées, humides, manquent d’hygiène, le soleil n’y entre jamais, elles ne sont jamais ventilées et sont par contre infestées d’insectes et de souris. Elles sont glaciales en hiver et surchauffées en été.

Du fait que les prisonnières palestiniennes n’ont pas le droit de recevoir quoi que ce soit de leur famille, elles sont forcées d’acheter ce qu’il leur faut à la cantine de la prison. L’eau est très sale, imbuvable et la nourriture est immangeable, ce qui force également les détenues à acheter leur nourriture et leur eau à la cantine de la prison et ce, à des prix très élevés. Non seulement les prix sont très élevés, mais la cantine ne dispose pas d’un grand nombre de produits dont les détenus palestiniens ont besoin.

Certaines prisonnières politiques sont également enfermées avec des criminels israéliens qui les violentent régulièrement sous les regards des gardiens de prison israéliens. Une méthode de punition très appréciée du personnel carcéral israélien consiste à réduire les visites des proches de 45 minutes à 15 minutes seulement, ou à annuler toutes les visites malgré les difficultés que doivent affronter les familles pour attendre les prisons. Du’a’ Al-Jayyousi, de Tulkarem, a été incarcérée en 2002. Son unique frère unique n’est pas autorisé à lui rendre visite et, quand il s’est marié, les autorités de la prison ont refusé qu’elle lui téléphone.

Le principal problème auquel les détenues sont confrontées est l’isolement et la négligence médicale.

Elles sont punies d’isolement à la moindre peccadille et certaines détenues ont été soumises au confinement solidaire plus d’une fois, comme Latifa Abu Thra’, Abeer Amro, Abeer Odeh, Amnah Muna et Mariam Tarabeen.

Le 11 mars 2003, les autorités de la prison israélienne ont puni six détenues d’isolement parce qu’elles avaient demandé à la direction de la prison de l’eau chaude pour prendre un bain durant la saison froide.

Latifa Abu Thra’ a été punie d’isolement plus d’une fois après que la direction carcérale israélienne lui eut « annoncé » en 2007 qu’elle était « dangereuse pour la sécurité de l’État d’Israël ».

Elle souffre de l’utérus et était censée subir des tests médicaux à l’hôpital de Tel Hashomer mais, en du fait qu’elle a les mains et les pieds enchaînés, l’infirmière a été incapable de procéder aux tests. Après que la policière eut refusé de lui ôter ses fers, Abu Thra’ s’en est libérée elle-même, après quoi elle a été agressée par les gardiens de la prison et « déclarée dangereuse ».

Elle a été en outre punie d’isolement pour deux mois et dix jours à la prison de Ramleh, après quoi elle a été renvoyée à la prison de Hasharon pour y être mise en isolement aussi. Elle n’a reçu aucun traitement médical.

En une autre occasion, Abu Thra’ a vu les forces spéciales israéliennes chargées de la « suppression des prisonniers » battre la prisonnière Sanabil Breek, de Naplouse. Quand Abu Thra’ leur a dit de cesser de tabasser Breek, les forces spéciales s’en sont prises à elle. Elle s’est défendue et a rembarré un des hommes. Elle a été punie d’isolement pendant quatre mois à la prison de Ramleh et de deux mois supplémentaires à la prison de Hasharon, dans une minuscule cellule avec des caméras braquées sur elle 24 heures sur 24.

La prisonnière palestinienne Nili As-Safadi a été enfermée dans une cellule d’isolement pendant plus de 45 jours dans le centre de détention israélien de Bet Hatikva. La cellule était sombre, la détenue n’a pas reçu une seule fois de la nourriture convenable et n’a pu se changer non plus durant toute la durée de sa mise en isolement.

Au cours des interrogatoires, elle a été soumise à toutes sortes de tortures physiques et psychologiques destinées à la faire avouer. Du fait qu’elle n’a rien avoué, toute sa famille et la famille de son mari ont été emprisonnées. Plus tard, on l’a transférée à la prison de Hasharon à l’issue d’un trajet qui a duré 12 heures et pendant lequel elle avait les bras et les jambes entravés et n’a eu ni à manger ni à boire.

Comme tous les prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes, les prisonnières palestiniennes nécessitant des soins et des traitements médicaux se les voient refuser, même lorsqu’elles en ont un urgent besoin.

Il y a un retard constant dans l’application des traitements. Les prisonnières ne peuvent voir qu’un médecin généraliste – jamais un spécialiste – et, dans bien des cas, uniquement lorsque leur état de santé se détériore.

Quand des organisations des droits de l’homme envoient un médecin examiner un détenu malade, les autorités carcérales retardent à l’extrême l’autorisation nécessaire en inventant toutes sortes d’obstacles. La personne détenue doit introduire une demande d’autorisation afin que le médecin puisse entrer dans la prison et la chose peut prendre plus de six mois et, pendant ce temps, la santé de la personne détenue peut se détériorer. Si l’autorisation est accordée, l’organisation des droits de l’homme doit elle-même introduire une nouvelle demande pour que le médecin puisse voir la personne détenue. Au cas où le médecin est autorisé à voir la personne détenue, il ne lui est toutefois pas autorisé de rédiger une prescription médicale.

Les prisonnières palestiniennes subissent également un chantage de la part des autorités carcérales israéliennes.

Par exemple, celles-ci ont exigé d’Amnah Muna, qui a besoin d’être opérée, qu’elle signe un document dans lequel elle refuse tout traitement médical en échange de la certitude de ne plus être confinée en isolement.

Amal Jum’a, qui provient du camp de réfugiés d’Askar, souffrait d’hémorragies internes depuis six mois, après quoi on découvrit qu’elle avait un cancer de l’utérus. La direction israélienne de la prison « refusa de lui donner le traitement médical nécessaire et prétendit qu’il n’y avait plus de civière disponible. Cela signifiait que d’autres détenues devaient la porter sur leurs épaules afin de la déplacer d’un endroit à un autre, du fait que son état de santé s’était tellement détérioré qu’elle n’était même plus capable de se déplacer toute seule [1] ». Finalement, lorsqu’elle subit une intervention chirurgicale à l’hôpital de la prison afin de lui enlever l’utérus, une association palestinienne d’aide aux détenus lui envoya un médecin privé du fait que la direction de la prison n’accordait que très peu d’attention à son état.

Les détenues palestiniennes sont également forcées d’accoucher dans des conditions particulièrement inhumaines.

Dans la seule période de l’Intifada Al-Aqsa, pas moins de quatre détenues palestiniennes ont été forcées d’accoucher à l’hôpital de leur prison israélienne, alors que leurs bras et jambes étaient enchaînés. Leurs noms : Mirvat Taha, Manal Ghanim, Samar Sbeih et Fatima Az-Ziq. Elles n’avaient pas reçu de soins médicaux appropriés auparavant et elles n’eurent même pas l’autorisation d’avoir des membres de leur famille à leurs côtés pendant le peu de temps qu’elles passèrent à l’hôpital de la prison.

Actuellement, au moins 14 prisonnières palestiniennes ont un urgent besoin d’un traitement médical [2] :

  1. Abeer Amro, de Hébron, souffre de douleurs dorsales, d’allergies de la peau et d’une grave insuffisance pondérale.
  2. Wurud Qasim, d’At-Tira, souffre d’une inflammation des amygdales.
  3. Sumoud Karajeh, de Ramallah, souffre de graves problèmes et douleurs dentaires.
  4. Su’ad Nazzal, de Qalqilia, souffre de fractures de la mâchoire et de gingivite grave.
  5. Iman Ghazzawi, de Tulkarem, souffre de rhumatisme, d’arthrite et d’allergies.
  6. Latifa Abu Thra’, de Nablus, souffre de l’utérus.
  7. ‘Aisha ‘Ibayyat, de Bethléem, a besoin d’être opérée à la mâchoire, souffre d’inflammations du nerf auditif qui menacent ses facultés auditives et souffre également de douleurs à la colonne vertébrale.
  8. Wafa’ Al-Bis, de Gaza, souffre de brûlures sur 50 % de la surface de sa peau.
  9. Raja’ Al-Ghoul, du camp de réfugiés de Jénine, souffre de gênes dans les artères cardiaques (ce qui provoque des problèmes de tension cardiaque et artérielle) et de difficultés respiratoires.
  10. Amna Muna, de Jérusalem, souffre de problèmes dorsaux qui nécessitent une opération.
  11. Abeer Odeh, de Tulkarem, souffre de douleurs dans la poitrine.
  12. Alia Al-Muhtasib, de Hébron, souffre des mauvaises conditions de santé.
  13. Amal Jum’a, du camp de réfugiés d’Askar, souffre d’un cancer de l’utérus.
  14. Kifah Jibril, de Ramallah, souffre d’une maladie rare qui provoque chez elle un rétrécissement des artères et empêche le sang de circuler jusqu’aux membres, ce qui entraîne d’énormes difficultés respiratoires. Elle a besoin de soins médicaux permanents.

L’entité sioniste emprisonne des mères, des sœurs et des filles palestiniennes, les torture pour forcer leurs proches à se rendre à l’armée israélienne d’occupation ou pour forcer leurs parents emprisonnés à confesser ce qu’ils n’ont pas fait.

Fathiya Swees, une mère de 57 ans, a été incarcérée le 19 juillet 2010. Sa sœur Ikhlas, la femme d’un prisonnier, a aussi été convoquée pour un interrogatoire. À propos de sa remise en liberté, le 1er août 2010 Fathiya Swees dit qu’elle a été torturée, empêchée de dormir et obligée de se tenir debout durant de longues heures en dépit de sa mauvaise santé. On l’a menacée en disant qu’on allait emprisonner toutes ses sœurs si elle ne fournissait pas d’informations.

Au cours des deux Intifadas, l’armée israélienne faisait fréquemment des razzias dans les maisons et battait des mères, voire des grands-mères avant de les traîner vers des centres de détention.

En guise de punition, les mères palestiniennes dans les prisons israéliennes sont privées de voir les membres de leur famille. Actuellement, au moins sept mères palestiniennes sont prisonnières de l’entité sioniste :

  1. Iman Ghazzawi, de Tulkarim, détenue depuis le 8 mars 2001, mère de 2 enfants (condamnée à 13 ans de prison).
  2. Ibtisam Issawi, de Jabal Al-Mukabbir (West-Sawahreh), détenue depuis le 24 octobre 2001, mère de 6 enfants (condamnée à 15 ans de prison).
  3. Ireena Sarahna, du camp de réfugiés de Dheisheh, détenue depuis le 23 mai 2002, mère de 2 enfants (condamnée à perpétuité).
  4. Qahira As-Sa’di, de Jénine, détenue depuis le 20 mai 2002, mère de 4 enfants (condamnée à 3 fois la perpétuité plus 30 ans).
  5. Latifa Abu Thra’, de Naplouse, détenue depuis le 12 septembre 2003, mère de 7 enfants (condamnée à 25 ans de prison, en isolement).
  6. Muntaha At-Tawil, de Ramallah, détenue depuis le 8 février 2010, mère de 4 enfants (détention administrative).
  7. Kifah Jibril, de Ramallah, détenue depuis le 1er août 2010, mère de 2 enfants (détention administrative).

D’autres prisonnières palestiniennes ont leur mari ou leur(s) frère(s) en prison aussi, mais n’ont pas le droit de les voir :

  • Ireena Sarahna (condamnée à perpétuité) et son mari Ibrahim Sarahna (condamné à 6 fois la perpétuité). Ils ont 2 enfants.
  • Ahlam At-Tamimi (condamnés à 16 fois la perpétuité plus 20 ans) et son mari Nizar At-Tamimi (condamné à perpétuité).
  • Iman Ghazzawi (condamnée à 13 ans de prison) et son mari Shahir ‘Asha (condamné à 20 ans de prison). Ils ont 2 enfants.
  • Nili As-Safadi et son mari ‘Ubada Bilal (condamné à 10 ans et 6 mois de prison).
  • Fatin As-Saadi et son frère Shafi’ As-Saadi (condamné à 4 ans et demi de prison).
  • Abeer Odeh a 3 frères prisonniers des Israéliens : Siddiq, l’hôpital de la prison de Ramleh, Jasir et Saa’di.
  • ‘Aisheh Ghneimat a 2 frères prisonniers des Israéliens : Mohammad (condamné à 7 mois de prison) et Anas (détention administrative).
  • Shireen Al-‘Isawi a 4 frères prisonniers des Israéliens.

Les récits des souffrances de ces prisonnières, les méthodes brutales utilisées au cours de leur détention, les tortures physiques et psychologiques qu’on leur inflige durant les interrogatoires, les traitements inhumains qu’elles subissent des mains de leurs geôliers ou de vulgaires prisonniers Israéliens de droit commun font rarement les gros titres des journaux pas plus qu’on n’en parle en dehors de la Palestine occupée.

Généralement, ce sont les sites Internet d’organisations s’intéressant au sort des prisonniers palestiniens qui rapportent ce genre de violences et de détentions illégales et qui tentent d’en assurer le suivi.

Un exemple : l’avocate palestinienne Shireen Al-’Isawi, qui provient de Jérusalem occupée et qui a été appréhendée le 21 avril 2010.

Les comités de défense des détenus palestiniens affirment que l’arrestation de Shireen Al-‘Isawi était un vulgaire acte de vengeance et de punition en raison des activités de l’avocate, qui défend des prisonniers arabes et palestiniens des prisons israéliennes.

Elle travaille pour la DCI (Defence for Children International / Palestine Section), une organisation des droits de l’enfance et elle est spécialisée dans le suivi des cas de détention d’enfants. Elle s’intéresse également de près aux affaires de certains leaders palestiniens prisonniers et aux dossiers des détenus jordaniens dans les prisons israéliennes.

Mais, malgré le manque de preuves et l’incapacité des services de renseignement à l’obliger à confesser ce qu’elle n’a pas fait, les autorités carcérales israéliennes refusent toujours aujourd’hui de relâcher Shireen Al-‘Isawi. En juillet 2010, on a rapporté qu’elle avait été agressée dans sa cellule par des prisonniers israéliens de droits communs pendant que le personnel de la prison observait la scène. Pour l’instant, elle est en isolement.

Iman Badir Ikhlayyil,
33 ans, de Beit Ummar, a été enlevée à un checkpoint de l’armée israélienne le 20 juin 2010, torturée par les soldats israéliens durant son interrogatoire et elle a dû être transférée à l’hôpital à deux reprises. En raison de la dégradation de sa santé, les forces israéliennes d’occupation ont été forcées de la remettre en liberté provisoire.

Abeer Odeh, de Tulkarem, a été enlevée le 22 avril 2006 et emprisonnée durant 28 mois, avant de subir une détention administrative de 9 mois. Elle a été relâchée au début juillet 2009 et, le 9 juillet 2009, alors qu’elle se rendait à Tulkarem, elle a dû s’arrêter au check-point de l’armée israélienne à I’nab, on l’a sortie de la voiture, fouillée alors qu’une douzaine de fusils israéliens étaient pointés sur elle, puis emmenée sous la menace des fusils. Elle se trouve actuellement en détention isolée derrière des barreaux israéliens.

Sanabil Breek, de Naplouse, a été emmenée pour comparaître devant un tribunal militaire et, en attendant, a été larguée dans une cour surchauffée, pieds et poings menottés, de 8 heures du matin à 4 heures de l’après-midi, sans eau et sans nourriture.

Rawan Hasan Thawabteh, d’Abu Dees, a été enlevée chez elle, à minuit, le 8 août 2010, et, depuis lors, sa famille ignore où elle se trouve ou dans quel centre de détention elle a été emmenée et, malgré les demandes de son avocat, les autorités carcérales israéliennes refusent de dire où elle est.

Voici la liste des femmes palestiniennes actuellement détenues dans des prisons israéliennes :

  1. Amna Jawad Ali Muna, de Jerusalem, détenue depuis le 20 janvier 2001 (prison à vie).
  2. Abeer Isa Atef Amro, de Hébron, détenue depuis le 20 janvier 2001 (16 ans).
  3. Iman Mohammad Hasan Ghazzawi, de Tulkarem, détenue depuis le 8 mars 2001, mère de 2 enfants (13 ans).
  4. Ahlam Aref Shihadeh At-Tamimi, de Ramallah, détenue depuis le 14 septembre 2001 (16 fois la perpétuité plus 6 ans).
  5. Ibtisam Abdel-Hafith Faiz Issawi, de Jabal Al-Mukabbir (West-Sawahreh), détenue depuis le 24 octobre 2001, mère de 6 enfants (15 ans).
  6. Lina Ahmad Saleh Jarbuni, de Hébron, détenue depuis le 18 avril 2002 (17 ans).
  7. Sana’ Mohammad Hussein Shehadeh, de Qalandia, détenue depuis le 25 mai 2002 (3 fois la perpétuité plus 31 ans).
  8. Ireena Pauli Shuk Sarahna, du camp de réfugiés de Dheisheh, détenue depuis le 23 mai 2002, mère de 2 enfants (perpétuité).
  9. Qahira Said Ali As-Sa’di, de Jénine, détenue depuis le 30 mai 2002, mère de 4 enfants (3 fois la perpétuité plus 30 ans).
  10. Du’a’ Ziad Jamil Al-Jayyousi, de Tulkarem, détenue depuis le 9 juin 2002 (3 fois la perpétuité plus 30 ans, en isolement).
  11. Latifa Mohammad Mahmoud Abu Thra’, de Naplouse, détenue depuis le 12 septembre 2003, mère de 7 enfants (25 ans, en isolement).
  12. Rima Riyad Hasan Daraghmeh, de Jénine, détenue depuis le 28 juillet 2004 (25 ans).
  13. Amal Fayez Mahmoud Jum’a, du camp de réfugiés d’Askar, détenue depuis le 5 septembre 2004 (11 ans).
  14. Mariam Salem Suleiman Tarabeen, de Jéricho, détenue depuis le 24 janvier 2005 (8 ans et 6 mois).
  15. Wafa’ Samir Al-Bis, de Gaza, détenue depuis le 20 mai 2005 (11 ans, en isolement).
  16. Wurud Maher Qasim, d’At-Tira, détenue depuis le 10 avril 2006 (6 ans).
  17. Futna Mustafa Khalil Abu Al-Aish, de Naplouse, détenue depuis le 21 juillet 2006 (15 ans).
  18. Nada Ata Saleh Derbas, de Jérusalem, détenue depuis le 1er mai 2007 (4 ans).
  19. Fatin Bassam Shafi’ Al-Saadi, de Jénine, détenue depuis le 8 mai 2008 (4 ans).
  20. Sanabil Nabigh Sleiman Breek, de Naplouse, détenue depuis le 22 septembre 2008.
  21. Randa Mohammad Yousif Shahateet, de Hébron, détenue depuis le 3 janvier 2009 (4 ans et 2 mois).
  22. Khadija Kayed Taha Abu Ayyash, de Nazareth, détenue depuis le 22 janvier 2009.
  23. Hana’ Yahya Saber Ash-Shalabi, de Jénine, détenue depuis le 14 mars 2009 (détention administrative).
  24. Raja’Nathmi Qasem Al-Ghoul, du camp de réfugiés de Jénine, détenue depuis le 31 mars 2009 (détention administrative).
  25. Abeer Mahmoud Hassan Odeh, de Tulkarem, détenue depuis le 9 juillet 2009 (en isolement).
  26. ‘Aisha Mohammad I’bayyat, de Bethléem, détenue depuis le 13 août 2009.
  27. Nisreen Atef Hassan Abu Zeinah, de Tulkarem, détenue depuis le 18 août 2009.
  28. Suad Ahmad Abdel-Ra’ouf Nazzal, de Qalqilya, détenue depuis le 22 août 2009.
  29. Aisha Ghneimat, de Surif, détenue depuis le 2 septembre 2009.
  30. Sumoud Yaser Hasan Karajeh, de Ramallah, détenue depuis le 25 octobre 2009.
  31. Nili Zahi As’ad As-Safadi, de Naplouse, détenue depuis le 11 novembre 2009.
  32. Muntaha Khlaid Rashid Al-Tawil, de Ramallah, détenue depuis le 8 février 2010, mère de 4 enfants (détention administrative).
  33. Shireen Tariq Al-‘Isawi, de Jérusalem, détenue depuis le 21 avril 2010 (en isolement).
  34. Rawan Hasan Abdallah Thawabteh, d’Abu Dees, détenue depuis le 8 août 2010.
  35. Alia Abdel Majid Al-Muhtasib, de Hébron, détenue depuis le 12 mars 2010, soufres des mauvaises conditions de santé.
  36. Kifah ‘Awni Jibril, de Ramallah, détenue depuis le 1er août 2010, mère de 2 enfants (détention administrative).

Linan Yousif Abu Ghalmeh et sa sœur Taghreed, de Beit Fourik, ont été arrêtées le 15 juillet 2010. On ne sait pas très bien si elles sont encore en détention ou si elles ont été relâchées. Aujourd’hui même, ce 17 août 2010, les forces israéliennes d’occupation ont arrêté Ayat Nasir Abu Markhiyyeh, de Hébron.

Outre les femmes palestiniennes détenues dans des prisons israéliennes, l’entité sioniste refuse de rendre les corps de 7 femmes palestiniennes martyrs :

  1. Dalal Said Mohammad Al-Mughrabi, tuée le 11 mars 1978.
  2. Darin Abu Eisheh, de Jénine, tuée le 17 février 2002.
  3. Zeinab Isa Abu Aalim, du camp de réfugiés d’Askar, à Naplouse, tuée le 22 avril 2004.
  4. Hanadi Tayseer Abdel Malik, de Jénine, tuée le 4 octobre 2003.
  5. Wafa’ Ali Khalil Idris, du camp de réfugiés d’Al-‘Am’ari, à Ramallah, tuée le 21 janvier 2002.
  6. Ayat Mohammad Lutif Al-Akhras, du camp de réfugiés de Dheisheh, à Bethléem, tuée le 29 mars 2002.
  7. Hiba Azim Daraghmeh, de Toubas, tuée le 19 mai 2003.

Notes :
[1] http://www.waed.ps/en/#
[2] Entre autres sources : http://www.alasra.ps/news.php?maa=View&id=11826

Sources :
www.ppsmo.ps
www.alasra.ps
www.sabiroon.org
www.wofpp.org
www.waed.ps
© http://avoicefrompalestine.wordpress.com
http://www.countercurrents.org/alhelsi190

Traduction de l’article par Jean-Marie Flémal

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