L'actu

Les familles des Palestiniens tués pressent Israël de restituer les corps

Les familles des Palestiniens tués par les troupes israéliennes ont demandé à Tel-Aviv de restituer les corps de leurs êtres chers, dénonçant la politique de retenue des corps pratiquée par le régime comme un « crime de torture à l’encontre des morts et des vivants ».

Les familles se sont rassemblées à l’extérieur de l’Institut Abu Kabir de médecine légale, dans la cité portuaire de Jaffa, brandissant des portraits de leurs enfants ornés de leurs noms et des dates auxquelles ils avaient été tués.

22 juin 2016. Des familles de Palestiniens tués brandissent des affiches et des portraits de leurs chers disparus lors d’une manifestation de protestation à l’extérieur de la morgue de Jaffa.

Les protestataires portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Non aux punitions collectives » et « Nous voulons nos enfants », tandis que d’autres brandissaient une feuille blanche sur laquelle étaient inscrits les noms de tous les corps palestiniens actuellement retenus par Israël.

Un certain nombre de membres arabes du Parlement israélien, la Knesset, étaient parmi les manifestants.

« Cette politique consistant à retenir les corps des Palestiniens tués vise à se venger sur le martyr et sur sa famille et à briser la volonté des familles », a déclaré à la foule Muhammad Baraka, membre de la Commission de suivi des Citoyens arabes en Israël.

« Aujourd’hui, nous nous tenons à proximité de nos enfants martyrisés et nous participons à ce sit-in, confirmant ainsi que nous sommes une nation et que nous n’avons pas été divisés par Israël », a expliqué le père de Bahaa Elayyan, un Palestinien abattu en octobre dernier.

Et d’ajouter que des mois s’étaient écoulés depuis que les enfants des familles avaient été tués, mais que les autorités israéliennes refusaient de fournir la moindre information sur la nature des décès.

Le père endeuillé a également pressé les organisations internationales des droits de l’homme d’intervenir et de faire la lumière sur les circonstances entourant la mort de leurs enfants et sur la situation de leurs dépouilles mortelles.

« C’est un crime de torture à l’encontre des morts et des vivants », a-t-il ajouté.

Le 9 juin, le ministre israélien des Affaires militaires avait ordonné que les corps des Palestiniens tués par les troupes israéliennes lors d’agressions présumées au couteau ou à la voiture bélier ne soient pas restitués pour être enterrés.

Des Palestiniens endeuillés portent le corps d’Aref Jaradat, un Palestinien de 22 ans, lors de ses funérailles au village de Sair, à l’est d’al-Khalil (Hébron), le 20 juin 2016. (Photo : © AFP)

Le ministre israélien de la Sécurité publique, Gilad Erdan, a suggéré que soit mis définitivement un terme à la restitution des Palestiniens tués.

Il a également demandé la restauration d’un cimetière où Israël enterrait les Palestiniens lors de la Seconde Intifada, qui avait ôté la vie à quelque 3 000 Palestiniens entre septembre 2000 et février 2005.

Près de 220 Palestiniens ont perdu la vie des mains des forces israéliennes au cours de ce qui est considéré comme la troisième Intifada palestinienne, qui s’est déclenchée au début octobre.


Publié le 23 juin sur Press TV
Traduction : Jean-Marie Flémal