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Les Etats-Unis financent les infrastructures de la colonisation qu’ils prétendent vouloir arrêter…

USAID walega road signEn empruntant les routes de Cisjordanie permettant aux colons juifs de contourner les villages palestiniens, on peut ici ou là voir des panneaux indiquant qu’elles ont été financées « par le peuple américain« , via l’USAID. Ces routes sont une des initiatives de l’Agence des États-Unis pour le développement inter­national et la construction d’infra­struc­tures dans les pays sous-développés.

Israël a depuis longtemps a quitté le club des pays en développement et n’est donc pas parmi les clients “normaux” de l’USAID. Pourtant, la famille Smith de l’Illinois fait en sorte – probablement sans le savoir – que l’occupation de la Palestine soit un peu moins coûteuse pour la famille Cohen, de Petah Tikva.

Selon un rapport de juin 2010 figurant sur le site web de l’USAID, l’an dernier les contribuables américains ont financé la construction de 63 kilomètres de routes bitumées en Cisjordanie. Il y est aussi fait mention de l’achèvement d’une route dans la partie sud de la Cisjordanie, qui a permis d’augmenter considérablement le montant des échanges commerciaux entre Dahriya et Beer Sheva. Cette année, 120 kilomètres de routes sont au programme.

La Cisjordanie et Gaza figurent au troisième rang (après l’Afghanistan et le Pakistan est avant l’Égypte) des bénéficiaires des aides de USAID, avec 798.497.531 $ pour l’exercice budgétaire 2009 et 76.407.855 $ pour l’exercice 2010. Mais ces aides, officiellement attribuées aux Palestiniens, servent en fait largement, pour ce qui est de la Cisjordanie, à consolider l’occupation israélienne, l’extension des colonies juives et l’instauration d’un apartheid chaque jour renforcé.

Car ce que le site de l’USAID ne dit pas, c’est qu’une partie importante des routes financées par ses soins se situent dans la « zone C » – ces 60 % de la Cisjordanie sous le contrôle exclusif, civil et militaire, d’Israël, en vertu de l’accord intérimaire de 1995 (le deuxième accord d’Oslo). L’accord stipule que l’occupant exerce « les compétence territoriales comprenant les terres (et) le sous-sol »

Ce ne sont pas les seules routes destinées à perpétuer l’occupation israélienne qui sont financées par les contri­buables américains. Dror Etkes, ancien directeur de l’Observatoire de la Colonisation du mouvement « La Paix Maintenant« , a remarqué il y a peu qu’USAID a fait également asphalter deux petites routes au nord de la Cisjordanie (dans la région que les Israéliens appellent « Samarie »), qui traversent la «zone C». Les automobilistes israéliens n’ont plus emprunté ces routes depuis des années, parce que le contribuable (israélien, cette fois) a déjà financé des routes séparées interdites aux Palestiniens. Des routes larges, et modernes, tracées sur des terres confisquées aux Palestiniens.

Etkes, cité par Haaretz, se demande comment il est possible que l’administration Obama, qui est soi-disant farouchement opposée au statu quo en Cisjordanie, continue de subventionner des routes pour Israël dans ce territoire occupé. «Si l’État d’Israël veut continuer à tenir le coup et annexer la Cisjordanie, c’est à lui également de prévoir les budgets nécessaires pour s’occuper des infrastructures. J’ai donc demandé à un fonctionnaire américain pourquoi l’administration américaine n’exige pas d’Israël qu’il remplisse ses obligations et paye le prix de l’occupation de sa propre poche. “Qui vous dit que nous ne le leur demandons pas, m’a-t-il répondu. Nous leur demandons aussi de geler l’extension des implantations, et vous savez comme tout le monde ce qui se passe sur le terrain”. ».

Il est à noter que le lorsque les Palestiniens ont demandé l’autorisation d’ouvrir une courte route dans la zone C pour permettre l’accès à la ville de Rawabi, Israël a aussitôt brandi les accord d’Oslo et les ont envoyés au diable. Quand cela sert ses intérêts, Benjamin Netanyahu est très à cheval sur le respect des accords d’Oslo. Il y a quelques jours il a annoncé qu’une proclamation unilatérale d’un Etat palestinien serait considérée comme une violation de ces accords. Pourtant, il y a exactement huit ans que le Ministre des Affaires étrangères d’ISraël a déclaré à la radio israélienne que « tous les accords d’Oslo sont nuls et non avenus ». Ce ministre s’appelait Benjamin Netanyahu.

La position officielle d’USAID, est que les projets d’infrastructure financés par ses soint  « répondent aux besoins du peuple palestinien et sont mises en œuvre en réponse aux demandes de l’Autorité palestinienne. Bon nombre des projets financés par USAID passent d’une région à l’autre [entendez : de zones contrôlées entièrement par l’occupant israéliens à ses zones contrôlées plus ou mois par l’Autorité Palestinienne] selon les besoins du peuple palestinien ».

Autrement dit, selon USAID les infrastructures routières qui n’ont d’autre objectif que de permettre la perpétuation de l’occupation israélienne sont aussi supposées faire le bonheur des Palestiniens…

 

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