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Les autobus de San Francisco se mettent à l’heure de BDS

Depuis le 9 août, et pour quatre semaines, les bus de San Francisco arborent une grande pub sur leur flanc, où on peut lire :

BOYCOTT ISRAËL
aussi longtemps que les Palestiniens ne jouiront pas de l’égalité des droits

et plus bas : “Arrêtez les législations anti-boycott”.

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Le panneau reproduit aussi une liste de boycotts qui ont eu lieu dans l’histoire et dont ont n’a pas contesté la légitimité comme tentent de le faire les inconditionnels d’Israël dans le cas de BDS : le boycott du thé britannique par les pionniers des États-Unis en 1773, le boycott des autobus à Montgomery en 1956, le boycott de l’Afrique du sud entre 1959 et 1994, le boycott du raisin en Californie à partir de 1965 et pendant 5 ans, le boycott olympique de l’URSS à l’initiative du gouvernement des États-Unis en 1980, le boycott de la Caroline du Nord (pour discrimination entre les LGBT) en 2016,…

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Les tentatives de criminaliser BDS, aux États-Unis comme en France et ailleurs, constituent des atteintes gravissimes à la liberté d’expression et reviennent à exiger un “traitement spécial” en faveur d’Israël, qui pourtant exige d’être un “État comme les autres”… mais avec des droits en plus, rien qu’à lui (ce qui se résume dans l’expression “État juif et démocratique”).

A ce jour, des résolutions ou projets de lois tendant à mettre BDS hors la loi ont été déposés ou votés dans au moins 21 assemblées des États-Unis, ainsi qu’au Congrès (fédéral), et le gouverneur de l’État de New York, Mario Cuomo, a récemment émis une ordonnance pour créer une liste noire des institutions et des entreprises qui “s’engagent ou font la promotion en faveur de BDS”. La “American Cilvil Liberties Union” (ACLU), le “Center for Constitutional Rights” et d’autres organisations de défense des libertés civiles contestent la légalité de ces projets de loi, résolutions et ordonnances.

Et, quoi que puissent dire ou faire les différents lobbies et les politiciens qui quémandent la bénédiction de l’AIPAC et les dons des milliardaires acquis à la défense inconditionnelle d’Israël pour financer leurs campagnes électorales – en en tout premier lieu celle dont l’enjeu est la Maison Blanche – BDS se renforce sans cesse aux États-Unis comme ailleurs, et le gouvernement Netanyahou s’est engagé dans un combat qu’il ne peut pas gagner. La manière désordonnée dont il l’aborde est d’ailleurs significative de cette impuissance et de cet affolement grandissants.

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