L'actu

L’enseignement qu’Israël réserve à ses enfants de culture arabe est inférieur aux standards de beaucoup de pays du Tiers-Monde

Les élèves de l’enseignement primaire et secondaire d’Israël se classent parmi les moins bons des pays développés dans les examens de mathématiques, de sciences et de lecture normalisés. Et parmi eux les élèves arabophones reçoivent un enseignement qui n’atteint même pas le niveau de beaucoup de pays du Tiers-Monde. C’est ce qu’indique l’Institut Shoresh pour la recherche socio-économique dans son rapport scolaire publié avant la nouvelle année scolaire.

Alors que l’année scolaire en Israël compte sensiblement plus de jours que dans tout autre pays développé,  Israël se classe parmi les moins bons en ce qui concerne l’enseignement des matières de base en 2016, selon l’OCDE. L’année scolaire de six jours par semaine en Israël a compté en moyenne 219 jours alors que dans les autres pays inclus dans l’étude elle était en moyenne de moins de 200 jours.

Le «bulletin d’information», basé sur une recherche compilée par le Professeur Dan Ben-David, de l’Université de Tel-Aviv, et président et fondateur de Shoresh, relève que dans une compilation de données publiées par le Programme d’évaluation internationale des étudiants PISA et l’Autorité nationale israélienne pour la mesure et l’évaluation de l’éducation, le score de réussite moyen pour les étudiants du primaire israélien était parmi les 5% des moins performants parmi les pays de l’OCDE [1]. Le score moyen pour les étudiants israéliens était de 291, tandis que la moyenne du Japon, le pays ayant reçu la meilleure note, était de 369.

Les élèves israéliens les plus faibles se classent plus mal que les élèves les plus faibles d’aucun autre pays développé”, a explique le Prof. Ben-David. “La capacité future de ces enfants à acquérir les compétences nécessaires pour affronter avec succès une économie mondiale et compétitive est gravement handicapée par le faible niveau d’éducation qu’elles reçoivent aujourd’hui”.

Plus grave encore, selon le Prof. Ben-David, le fait que les élèves les plus performants d’Israël (les 5% ayant obtenu les meilleurs scores) se classent dans le tiers inférieur des étudiants du monde développé. L’institut Shoresh  a indiqué que la moyenne nationale dans les examens pour les élèves les mieux classés d’Israël était de 643, à comparer avec ceux de la Corée du Sud, dont les meilleurs élèves une note moyenne de 670.

Les statistiques utilisées en Israël pour établir ces données excluent volontairement les élèves appartenant à la communauté dite “ultra-Orthodoxe”, parce que l’enseignement qu’ils reçoivent n’inclut pas, dans une très large mesure, les matières qui figurent obligatoirement dans les programmes scolaires selon les directives du Ministère de l’Éducation. Selon des données remontant à 2015, cela implique que 23% des élèves ne sont pas inclus dans le périmètre de l’étude, alors que dans les autres pays la moyenne est de 5%.

L’ampleur de la distorsion dans les résultats des tests israéliens peut être induite par le degré de mépris que le pays a pour les normes internationales sur la couverture de l’examen”, estime le Prof. Ben David. En ce qui concerne les examens de mathématiques et de sciences (TIMSS), les pays sont autorisés à exclure jusqu’à 5% de leurs élèves (comme les élèves de l’enseignement spécial ou ceux vivant dans des régions rurales éloignées). Presque tous les pays participants respectent ces règles. Israël crée une énorme aberration excluant près d’un quart de ses enfants.

Il note aussi que selon les données de l’OCDE Israël se classe parmi les pays qui consacrent le moins de moyens financiers à l’enseignement primaire et secondaire publics, par rapport au nombre d’élèves (10,9% du PIB). En revanche, le pays est parmi ceux qui attribuent le plus de moyens financiers publics par élève à l’enseignement privé.

Et cela se fait en toute opacité : “Dans les budgets d’Israël, il est difficile de discerner où exactement cet argent est dirigé ou comment il est dépensé”, a déclaré le Prof. Ben-David. “Selon le Bureau central des statistiques d’Israël, une école privée est considérée comme une école qui reçoit moins de la moitié de son revenu provenant de fonds publics. Une part importante des écoles israéliennes considérées comme privées selon cette définition sont les écoles Haredi” (enseignement religieux ultra-orthodoxe). 

La moitié des élèves d’Israël obtiennent une éducation digne du tiers monde”, a-t-il encore dit, notant que les étudiants de langue arabe ne reçoivent pas les moyens et les conditions nécessaires pour aller de l’avant.

Même sans tenir compte des haredis, le score moyen des enfants juifs est inférieur à la plupart des pays développés”, a-t-il ajouté. “L’éducation qu’Israël fournit à ses enfants arabophones est inférieure à celle de nombreux pays du tiers monde. En fait, les élèves arabes et israéliens ont obtenu un score inférieur à celui des notes moyennes dans la plupart des pays majoritairement musulmans participant à l’examen”.

Selon le niveau moyen d’éducation mesuré par l’étude PISA 2015 dans le monde développé – qui mesure séparément les performances des élèves israéliens parlant hébreu et celles des élèves arabophone – les résultats des élèves juifs, bien que toujours dans la moitié inférieure d’une liste de 25 pays, se situent à 103 points au-dessus de ceux des élèves arabophones.

Pour éviter une spirale descendante, le prof. Ben-David recommande de définir un programme de base uniforme et obligatoire pour tous les élèves, de changer la façon dont les enseignants sont choisis, formés et rémunérés, et de réorganiser le ministère de l’Education.  “C’est le deuxième plus grand budget après la défense; il est inconcevable qu’il soit exécuté de telle manière”, a-t-il conclu.

Faut-il rappeler que le Ministre de l’Éducation actuel n’est autre que le sinistre Naftali Bennett, criminel de guerre cynique et grand concurrent politique de Netanyahou, avec qui il rivalise d’extrémisme anti-arabe ? Bennett est le grand promoteur d’un système d’enseignement dont la devise “séparés et inégaux” est celle de l’apartheid, dans la plus pure tradition de l’Afrique du Sud de jadis.


Source principale : article de Sarah Levi (Jerusalem Post)

[1] L’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique) a admis Israël en son sein en 2010, en violation de ses propres statuts. Les règles d’admission au sein de ce “club des pays riches” imposent la “transparence” des comptes et statistiques économiques, qui doivent répondre à des normes établies. Israël a fourni, en vue de son admission, des données statistiques incluant l’activité économique générée dans les colonies juives établies dans les territoires occupés, donc en dehors du territoire israélien. Sans cette violation flagrante des règles, Israël n’aurait pas rempli les critères d’admission : « Israël a été pris au dépourvu car il a toujours refusé, même dans ses propres données internes, à faire une distinction entre Israël et les territoires occupés, » avait déclaré l’économiste M. Hever. «Tant Jérusalem-Est que le Golan ont été annexées par Israël en violation du droit international. L’OCDE traite Israël comme s’il avait sept millions de citoyens, alors qu’en réalité, il a 11 millions de sujets, dont quatre millions sont des Palestiniens vivant sous occupation, » a déclaré M. Hever. « Si ils étaient inclus dans les chiffres fournis à l’OCDE, Israël se verrait refuser l’adhésion en raison des disparités énormes de richesse.» 
Les services de l’OCDE avaient parfaitement identifié cette anomalie qui ne doit rien au hasard, mais une décision politique est intervenue pour ne pas tenir compte de cette entorse aux règles de l’OCDE. Moyennant quoi, évidemment, les dirigeants israéliens ne cessent de se plaindre d’être victimes de “doubles standards”, attribuables bien entendu à l’antisémitisme généralisé. – NDLR

Print Friendly, PDF & Email