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Le sort des enfants palestiniens prisonniers d’Israël inquiète l’U.E.

Dans une lettre en réponse à une interpellation d’un membre britannique du Parlement européen, Catherine ASHTON, vice-présidente de la Commission européenne et « haute représentante » de l’Union Européenne pour les Affaires étrangères, indique que l’Union est fortement préoccupée par l’augmentation considérable du nombre d’enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

Catherine Ashton écrit notamment que dans un certain nombre de cas les enfants palestiniens sont détenus avec des adultes.

En outre, selon les chiffres fournis par Israël datant de août 2010, 58% des enfants palestiniens emprisonnés se trouvent dans des prisons situées en territoire israélien, ce qui constitue une violation de la quatrième Convention de Genève [1]. Dans un grand nombre de cas cela rend les visites des familles aux détenus très difficiles, voire carrément impossibles puisque les Palestiniens ne peuvent pas librement circuler en territoire israélien.

Catherine Ashton assure le député Keith Taylor, à qui sa lettre est adressée, que l’Union Européenne évoque ces questions avec les autorités israéliennes « régulièrement » lors des contacts bilatéraux.

L’Union Européenne, assure-t-elle, a insisté auprès d’Israël pour que les mesures nécessaires afin de mettre fin aux violations des droits humains concernant les enfants soient prises.

On imagine l’efficacité de ce genre de démarche, sachant à quel point Israël méprise superbement le droit international, les décisions de l’ONU et des juriidictions internationales…

Il est évident que les démarches de l’U.E. ont pour principale vertu et probablement pour seul objectif d’assurer la bonne conscience de Mme Ashton et des dirigeants européens, qui peuvent tranquillement écrire que ces questions « les préoccupent au plus haut point » et qu’ils ont fait à la partie israélienne les représentations nécessaires. En sachant fort bien que c’est totalement inutile dès l’instant qu’il est évident pour tout le monde que, quoi qu’il puisse arriver, Israël n’a aucune mesure de rétorsion à craindre.

UNE PARODIE DE JUSTICE APRÈS UN TRAITEMENT INHUMAIN ET DÉGRADANT

Année après année, environ 700 enfants palestiniens – dont certains n’ont pas plus de 12 ans – sont jugés par des tribunaux militaires israéliens, devant lesquels les droits de la défense sont bien évidemment totalement illusoires. Et ce nombre a tendance a augmenter sans cesse. Avant de subir cette parodie de justice, ils sont interrogés par des militaires, après avoir été menottés et les yeux bandés pendant des heures et souvent maintenus dans des positions provoquant une douleur physique considérable.

Dans de nombreux cas, ils ont été arrêtés au domicile de leurs parents, en pleine nuit, après que des soldats aient défoncé la porte de la maison et les aient brutalement réveillés en leur braquant de puissantes torches dans les yeux, le tout accompagné des hurlements de circonstance…

Lors des interrogatoires, ils n’ont droit à l’assistance d’aucun avocat, ni d’ailleurs d’aucun adulte. Leurs parents ne sont pas présents, et en général ils ignorent d’ailleurs où leur enfant a été emmené par l’armée d’occupation.

Les interrogatoires ne font l’objet d’aucun enregistrement vidéo, et il n’y a aucun témoin indépendant. Selon de nombreux témoignages recueillis par l’organisation « Defence for Children International », il apparaît qu’en général le mineur reste menotté, mais qu’on lui enlève le bandeau des yeux. Les interrogateurs militaires le soumet alors à un mélange de menaces (concernant notamment les parents ou les frères et soeurs) et de promesses dans le but d’obtenir des aveux à tous prix. Ensuite, le mineur est contraint de signer un document rédigé en hébreu, qu’il ne comprend donc pas.

Le premier contact avec un avocat se produit huit jours après l’arrestation – le kidnapping serait un terme plus juste – et celui-ci conseille en général au mineur de « plaider coupable » car c’est le moyen de sortir le plus rapidement possible de prison, quelle que soit la réalité des faits.

Depuis 1967, environ 700.000 Palestiniens ont été détenus à un moment quelconque dans les prisons de l’occupant israélien.

Pour faire bonne mesure, l’Union Européenne finance – comme Catherine Ashton ne manque pas de le rappeler au députe européen Taylor – le programme « European Instrument for Democracy and Human Rights« , destiné à rencontrer les besoins et les droits des enfants affectés par le conflit armé, en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Comme toujours l’U.E. pense que l’argent peut remplacer un peu de courage politique.

Aussi Catherine Ashton peine-t-elle quelque peu à convaincre quand elle écrit que « la détention d’enfants par les autorités israéliennes est un sujet d’inquiétude qui restera hautement prioritaire parmi les questions relatives aux droits humains que l’Union Européenne soulève dans le cadre de ses relations avec Israël« , et continuera à observer très attentivement l’évolution de la situation.


[1] Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, 12 août 1949.
Le texte est disponible ICI.

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