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Le salaire de Netanyahou : les mots pour le dire

Une copie de la fiche de paie du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a été mise en ligne via Facebook, avec semble-t-il l’assentiment de l’intéressé. Cette publication fait donc partie de la gigantesque offensive de propagande engagée par le gouvernement israélien pour tenter d’enrayer le discrédit grandissant d’Israël et de ses dirigeants dans le monde entier.

C’est que ce bulletin de paie est relativement misérabiliste : 15.027,43 Shekels net, ça fait à peu près 2.732 €. C’est peu, par comparaison. En Belgique, le salaire du premier ministre est de 11.040 € (au 1/1/2009). Celui du Président de la Chambre ou du Sénat est de 19.900 €.

Netanyahou, lui, perçoit à peu près ce qui est le salaire moyen en Belgique (auquel il faut quand même ajouter quelques petits avantages : logement de fonction, etc…).

Le message que les propagandistes israéliens cherchent à faire passer est clair : le N°1 de la classe politique israélienne – notoirement très touchée par la corruption * – est un gagne-petit. Autrement dit, il ne fait « ça » pour du fric. Il est d’une autre trempe, et même d’une autre nature, tout comme Israël est d’une autre nature.

Mais ce qui est le plus remarquable, ce sont les termes utilisés pour annoncer cette information par le « Jerusalem Post ». Le très droitier quotidien israélien n’annonce pas « le salaire du chef du gouvernement d’Israël ». Non, il décrit ainsi Netanyahou :

« … celui qui porte le destin du peuple juif sur les épaules… »

Il est donc parfaitement explicite non seulement que le premier ministre israélien n’exerce pas son office pour les 20% d’Israéliens arabes, mais que son autorité ne s’exerce pas non plus uniquement sur les juifs israéliens. Ses « sujets », ce sont les  juifs du monde entier (à qui comme d’habitude Israël ne demande pas leur avis).

Premier ministre d’Israël, c’est donc une fonction qui semble d’essence quasiment divine, très au-dessus des contingences terrestres dans lesquelles sont englués les autres chefs d’État ou de gouvernement vulgaires.


* Israël se classe au second rang des pays développés les plus touchés par la corruption, juste derrière l’Italie. Ehud Olmert et Ezer Weizman sont les représentants les plus fameux de la classe politique israélienne corrompue, mais c’est uniquement parce qu’ils se sont fait pincer avec les doigts dans le pot de confiture. Il semble qu’au moins deux autres premiers ministres et deux président mériteraient tout autant de figurer dans ce douteux palmarès.

 

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