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Le parlement israélien sanctionne l’élue de la minorité palestinienne qui se trouvait à bord de la “flottille de la liberté

Haneen Zoabi

Haneen Zoabi

La commission de l’intérieur de la Knesset (parlement israélien) a décidé de retirer à la député Haneen Zoabi trois “privilèges” accordés aux parlementaires. A savoir : des privilèges liés à leurs déplacements à l’étranger, la détention d’un passeport diplomatique et la couverture d’éventuels frais de justice durant leur mandat au parlement.

Haneen Zoabi, élue des Arabes israéliens au parlement de “l’Etat juif (à coup sûr) et  (de moins en moins) démocratique”, se trouvait à bord d’un des navires de la flottille de la liberté et a dénoncé l’acte de piraterie sanglante commis par la marine israélienne.

Le député Dov Henin (du parti Hadash) a violemment fustigé la décision, affirmant que la commission pénalisait les parlementaires arabes. Et d’ajouter que, même lors d’un procès, les fonctions de juge et d’avocat sont séparées. “Ici, en revanche, Yariv Levin endosse les deux rôles à lui tout seul. Il s’identifie pleinement au rôle de procureur mais ne renonce pas à la présidence de la commission.

La séance s’est révélée particulièrement orageuse. Yariv Levin a exclu successivement Ilan Ghilon (Meretz) et Dov Henin qui “troublaient les débats”, c’est-à-dire qui s’opposaient à la dérive droitière supplémentaire que représente cette décision.

Les députés arabes, quant à eux, ont boycotté les discussions.

La droite israélienne ne s’arrêtera pas en si bon chemin : la Knesset devrait examiner très rapidement une proposition qui vise à permettre d’éjecter purement et simplement un(e) membre du parlement si 80 députés (sur 120) en décident ainsi, “si il ou elle agit en appui d’une nation ennemie ou d’un groupe de terroristes engagés dans la lutte armée contre Israël, participe à l’incitation au racisme et rejette l’existence d’Israël comme un État juif démocratique”.

Evidemment, ce sont Netanyahou et ses sbires qui décideront souverainement de savoir qui est coupable. On voit aussi que ce projet vise à obliger les élus de la minorité arabe à reconnaître le caractère juif de l’État.

La fiction, déjà bien lézardée, de la « seule démocratie du Moyen-Orient » est sur le point de s’écrouler sous nos yeux…

 

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