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Le mouvement “Black Lives Matter” approuve BDS et qualifie Israël d’état d’apartheid génocidaire

Le mouvement étatsunien pour la préservation de la vie des noirs “Black Lives Matter” publie sa toute première plate-forme politique, qui appelle à “la fin de la guerre menée contre le peuple noir”, et prend durement position contre Israël, qui y est décrit comme “un état d’apartheid” coupable de conduire “un génocide” contre le peuple palestinien.  “Black Lives Matter” a par conséquent décidé d’adhérer à la campagne mondiale BDS pour le boycott, les désinvestissements et les sanctions contre Israël.Black_Lives_Matter_Black_Friday_(15927328135)_640x360

C’est une large coalition d’une cinquantaine d’organisations qui se construit aux États-Unis à partir du mouvement “Black Lives Matter”, né des violences incessantes commises par la police qui ont coûté la vie à un très grand nombre d’afro-étatsuniens et du traitement discriminatoire que la Justice réserve souvent aux citoyens noirs (tandis que les policiers qui tuent des afro-étatsuniens peuvent pratiquement toujours compter sur la clémence du système judiciaire).

Et la plate-forme politique que vient d’adopter ce mouvement en pleine expansion inclut une critique très vive de la politique menée par Israël, en particulier l’apartheid et les très graves violences commises chaque jour par l’armée d’occupation et les différentes forces de police contre les Palestiniens, que “Black Lives Matter” analyse comme un véritable génocide [1]. La conséquence logique en est que le mouvement de défense des droits des afro-étatsuniens approuve et soutient BDS.

Le mouvement constate qu’Israël “pratique des politiques systématiquement discriminatoires et maintient l’occupation militaire de la Palestine depuis des décennies” et par conséquent il s’oppose au maintien de l’aide militaire (3,5 milliards de dollars par an, sur le point d’être encore sensiblement augmentée) que les États-Unis lui apportent. Cette aide rend les USA complice du génocide dont sont victimes les Palestiniens, estime “Black Lives Matter”.

Le mouvement constate que plus de 50 lois israéliennes institutionnalisent les discriminations contre les Palestiniens, dont les propriétés sont écrasées par des bulldozers israéliens pour pouvoir créer des colonies juives en Cisjordanie, tandis que les soldats de l’armée d’occupation procèdent chaque jour à des arrestations arbitraires de Palestiniens, visant notamment des enfants – qui ont parfois à peine plus de 4 ans –, qui n’ont ensuite pas droit à un traitement judiciaire équitable.

Chaque jour, des Palestiniens sont forcés de passer par des checkpoints militaires répartis le long du mur de l’apartheid, financé par les État-Unis”, souligne encore “Black Lives Matter”

La plate-forme politique de “Black Lives Matter” élève également de vives objections contre la “guerre à la drogue” et la “guerre au terrorisme” que les autorités étatsuniennes prétendent mener (et qui aboutit en règle générale à intensifier ce qu’il s’agit en théorie de combattre), mais les critiques du mouvement contenues dans le document ne visent nommément aucun autre pays qu’Israël.


[1] à propos de la notion de génocide, voir par exemple cette analyse de la militante israélienne Shulamit Aloni : “On n’a pas besoin de chambres à gaz pour un génocide !” (2003)- NDLR

 

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  1. Même à l’Université du Michigan, BDS gagne du terrain malgré les efforts forcenés des lobbies pro-Israël – Pour la Palestine

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