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Le ministre israélien de la «Sécurité publique» est manifestement un adepte de Donald Trump

Selon le quotidien Haaretz, le gouvernement israélien est sur le point d’annuler la réglementation qui avait été adoptée en 2013 dans le but de faire face à un nombre alarmant de violences commises, au sein de leurs propres familles, par des gardes “de sécurité” en se servant de leur arme de service. Il ne leur serait à l’avenir plus interdit de garder leur arme à la fin de leur service, et ils pourraient donc la ramener à leur domicile. Une modification qui inquiète les organisations féminines israéliennes, écrit Haaretz.

Le ministre israélien de la “Sécurité publique” entend supprimer les réformes qui avaient été introduites il y a deux ans, qui imposaient aux gardes privés “de sécurité” de laisser leur arme sur leur lieu de travail.

Ces règles avaient été adoptées à la suite d’une série de meurtres commis sur la personne de plusieurs femmes par leur mari ou compagnon travaillant en qualité de garde “de sécurité”, au moyen d’une arme à usage théoriquement uniquement professionnel.

La réglementation antérieure prévoyait que les armes des gardes “de sécurité” devaient rester sur le lieu de travail, et imposait aussi aux firmes qui emploient ces gardes “de sécurité” d’installer des coffre-forts adaptés dans lesquels les armes en question sont conservées. L’idée était de limiter le nombre d’armes se trouvant sans nécessité en circulation dans la population. Le ministère estime que les gardes “de sécurité” en Israël utilisent 38.000 armes à feu.

Cette réglementation n’a cependant pas été appliquée de manière très rigoureuse, et une coalition de groupes de défense des droits des femmes et des droits humains en général, qui s’est baptisée “Tables de cuisine sans révolver” a réuni des données concernant un certain nombre de femmes qui ont été abattues par leur partenaire exerçant le métier de  garde “de sécurité”, ce qui avait suscité une certaine émotion dans l’opinion israélienne. D’où un renforcement de la réglementation en septembre 2013.

Pourtant, en novembre 2014, à la lumière de «la détérioration de la situation sécuritaire en Israël», des instructions avaient été données pour que les gardes “de sécurité” puissent à nouveau se promener avec leur arme quand ils ne sont pas de service. Des instructions «temporaires» qui ont depuis lors été renouvelées répétitivement, et qui viennent à expiration en principe à la fin de ce mois.

Un nouveau ministre de la “Sécurité publique” étant entré en fonction en mai, il a décidé de reprendre la question à zéro, et d’autoriser les gardes “de sécurité” à ramener leur arme à domicile. Il insiste même pour qu’ils le fassent “afin de protéger le public”. Le ministre Gilad Erdan, manifestement un disciple de Donald Trump, considère en effet que plus il y aura d’armes dans les rues, plus le public se sentira en sécurité.

Le patron de l’organisation des entreprises de sécurité reconnaît que la “situation sécuritaire” a changé, mais il s’est déclaré hostile à une modification des lois sur le port d’armes, affirmant son opposition à «des milices civiles dans une démocratie. Des professionnels entraînés peuvent apporter une solution, pas des citoyens.»

Quant aux femmes du groupe “Tables de cuisine sans révolver” elles se déclarent inquiètes de “l’atmosphère destructrice” qui s’est – disent-elle – développée depuis quelques mois en ce qui concerne l’usage d’armes à feu dans les espaces publics, et elles s’opposent aux projets du ministre Gilad Erdan. C’est que les épouses israéliennes juives seront, pour l’occasion, dans le camp des victimes potentielles, avec tout ce qui ressemble à un Arabe. Une fois n’est pas coutume.

L.D.

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