Dans l'actu

Le maire de Gennevilliers (France) refoulé par Israël car il soutient BDS

Patrice Leclerc, maire (PCF) de la commune française de Gennevilliers, a été refoulé au poste frontière israélien alors qu’il se rendait en Cisjordanie occupée en venant de Aman (Jordanie), en raison de son soutien à la campagne “Boycott, Désinvestissement, Sanctions” (BDS).

Refoulé à la frontière entre la Jordanie et la Cisjordanie occupée par les autorités israéliennes,  Patrice Leclerc a confirmé s’«être vu notifier par Israël son empêchement d’aller à Jérusalem» après «six heures de rétention et six d’interrogatoire». « Les raisons invoquées» pour justifier cette décision «sont la connaissance de Palestiniens, le soutien aux prisonniers politiques», a-t-il précisé. Patrice Leclerc a dénoncé «une humiliation» et l’«arbitraire intolérable» pratiqué par l’Etat hébreu envers «ceux qui agissent pour le droit des Palestiniens à disposer d’un Etat libre et indépendant». 

Le maire de Gennevilliers a ajouté que la représentation diplomatique française est intervenue – en vain – en sa faveur. Mais curieusement, le Quai d’Orsay a estimé, en réponse à des questions de journalistes, qu’il «appartient aux autorités israéliennes de décider de l’entrée et de la sortie de ressortissants étrangers sur leur territoire».

La France d’Emmanuel Macron semble donc – à moins qu’il s’agisse d’une bévue – considérer la Cisjordanie comme faisant partie du territoire israélien, dont il serait donc normal que les autorités israéliennes contrôlent les allers et venues aux frontières. 
 

En mars 2017, le Parlement israélien a voté une loi interdisant l’entrée en Israël des partisans du mouvement BDS. «Nous ne permettons pas à ceux qui agissent contre Israël d’entrer dans le pays pour s’y livrer à des provocations», a expliqué le ministre de l’intérieur, Arieh Deri, qui il y a quelques jours s’était ridiculisé en faisant savoir que le maire de Dublin serait refoulé à son arrivée pour les mêmes raisons, alors que le premier magistrat de la capitale irlandaise se trouvait déjà à Ramallah.

Le ministre des affaires stratégiques et de la sécurité intérieure, Gilad Erdan, a souligné que l’interdiction d’entrée en Israël était encore plus sévèrement appliquée pour les partisans du boycott qui «exercent des fonctions officielles».

 

Print Friendly, PDF & Email