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Le Liban refuse l’aide militaire US si elle est assortie de conditions en faveur d’Israël

Le ministre libanais de la Défense Elias Murr a déclaré mercredi qu’il rejetterait toute aide militaire américaine à l’armée du Liban si elle est assortie de conditions interdisant que les armes soient utilisées contre Israël.

Il commentait ainsi sur une décision des parlementaires étatsuniens de suspendre l’octroi d’une aide militaire de 100 millions de dollars, sous le prétexte que les armes ainsi acquises par le Liban pourraient être utilisées contre l’armée israélienne, et que le Hezbollah peut avoir une influence sur l’armée libanaise.

Murr a déclaré que “ceux qui veulent aider l’armée libanaise, mais posent des conditions sur la façon dont leurs fonds ou des armes sont utilisées, doivent conserver l’argent”.

Le 3 août, un accrochage meurtrier, déclenché par des soldats israéliens qui tentaient de déraciner un arbre situé du côté libanais de la barrière de séparation érigée par Israël à la frontière des deux pays (à cet endroit, Israël a exceptionnellement dérogé à ses habitudes qui consistent à dresser ce genre de barrière en empiétant sur le territoire de ses voisins), a tué trois Libanais et un Israélien, ce qui en fait l’incident le plus sanglant depuis la dernière agression israélienne de grande envergure contre le Liban, en 2006 (succédant aux invasions de 1978 et de 1982 et aux incessantes interventions des services secrets israéliens visant à provoquer l’éclatement du Liban et l’instauration d’un état chrétien indépendant, supposé devoir être plus favorable à Israël).

Le porte-parole du Département d’État, Philip Crowley, a indiqué que les États-Unis n’envisageaient pas de “réévaluer leur coopération militaire avec le Liban à la lumière de cet incident”, ajoutant que le programme de coopération militaire américain avec Beyrouth restait dans l’intérêt de Washington. “Nous n’avons pas été informés qu’un quelconque équipement américain ait été utilisé pendant l’incident”, avait-t-il déclaré à des journalistes.

L’annonce du blocage de l’aide militaire au Liban avait été triomphalement annoncé quelques heures plus tôt par Howard Berman (dém.), président de la commission des Affaires étrangère de la chambre des représentants.

Mercredi, le ministre libanais de la Défense a déclaré que le soldat libanais qui avait ouvert le feu sur les soldats israéliens opérant du côté libanais de la barrière de séparation a “agi conformément aux ordres reçus”.

Le président syrien Bachar al-Assad et le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki ont souligné mercredi « leur appui au Liban » face à Israël, lors d’un entretien dans la ville côtière de Lattaquié (ouest de la Syrie). Les deux hommes ont évoqué la situation au Liban “après l’agression israélienne contre la souveraineté libanaise” et affirmé “leur appui au Liban face à ces agressions”, a indiqué l’agence officielle syrienne Sana.

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