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Le CRIF exige une loi interdisant l’antisionisme

Dominique Vidal

Dans la dernière livraison de sa “newsletter”, le  CRIF 1, par la plume de son président, Francis Kalifat, exige une loi interdisant l’antisionisme. Une nouvelle escalade contre la liberté d’expression… 2

Le texte ci-dessous est extrait d’une interview du président du CRIF, Francis Kalifat, publiée hier. Dans une nouvelle escalade liberticide, il exige une loi contre l’antisionisme, sur la base des déclarations d’Emmanuel Macron et d’Edouard Philippe.

Faut-il le rappeler ? L’antisionisme est une opinion et l’antisémitisme un délit. Criminaliser le premier constituerait une atteinte à la liberté d’expression. Cela relèverait, en outre, d’un analphabétisme historique: l’écrasante majorité des Juifs qui, dans l’entre-deux-guerres, rejetaient le sionisme étaient-ils antisémites ? Et la majorité des Juifs qui, aujourd’hui, choisissent de ne pas vivre en Israël, sont-ils antisémites ?

On croyait qu’il n’y aurait jamais pire président du CRIF que Richard Prasquier et Roger Cukierman. Erreur: Francis Kalifat les bat à plates coutures. Grâce à lui, l’acronyme CRIF prend son véritable sens : Conseil représentatif d’Israël en France.

D.V.                 


L’extrait de l’interview de Francis Kalifat:

« A.J.: Lors de ses vœux à la communauté juive, le 2 octobre, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé un nouveau plan contre l’antisémitisme à partir de 2018. Il a également dénoncé « la banalisation de l’antisémitisme et de sa forme réinventée […] qu’est l’antisionisme ». Au-delà du constat, nécessaire et attendu, que faut-il faire pour lutter contre ces phénomènes de haine ?

F.K. : Dire que l’antisionisme est une nouvelle forme de l’antisémitisme, c’est la reconnaissance d’une réalité qu’au CRIF, nous martelons depuis longtemps, notamment à travers notre combat contre le mouvement BDS. Il faudrait maintenant sortir du déclaratif. La réflexion doit désormais porter sur la manière dont on réprime ce nouvel antisé­mitisme. La législation française, très aboutie dans la lutte contre l’antisémitisme « classique », ne dispose pas encore d’un arsenal juridique pour combattre l’antisionisme. Pourtant, cet outil juridique existe à travers la définition de l’antisémitisme donnée par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance), reprise et votée par le Parlement européen en juin dernier. J’ai demandé au Premier ministre, au ministre de l’Intérieur et à la ministre de la Justice de faire en sorte que cette définition, qui prend en compte l’antisionisme comme forme nouvelle de l’anti­sémitisme, soit transposée dans l’arsenal législatif français. Pour notre part, nous travaillons à la mise en place d’un observatoire de la haine sur le Net qui donnera lieu à un rapport annuel, à l’image de celui qui existe pour les actes et violences antisémites. »


Publié initialement sur le blog de Dominique Vidal chez Médiapart.
Dominique Vidal publiera publie en janvier, chez l’éditeur Libertalia, un livre intitulé:
“Réponse à Emmanuel Macron. Antisionisme = antisémitisme ? »

Lire aussi, sur le blog Médiapart de Guillaume Weill-Raynal :
Pour la France, c’est officiel : critiquer Israël est une forme d’antisémitisme (juin 2016)

Voir aussi, précédemment publiés sur ce site : 
– Antisionisme = antisémitisme ? Une erreur historique, une faute politique (de Macron) – D. Vidal
– Lettre ouverte au Président de la République française – Shlomo Sand
– L’UE participe activement à la campagne de diffamation israélienne contre BDS 
– “En Marche” sanctionne un de ses candidats pour des tweets antisionistes

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Notes   [ + ]

1. Conseil Représentatif des Institutions Juives de France
2. Le Président du Comité de Concertation des Organisations Juives de Belgique (CCOJB) avait l’an dernier tenu des propos quasi-identiques mais visant spécifiquement BDS, ne craignant pas de qualifier le boycott de « bras armé de l’ antisémitisme présentable ». – NDLR