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Le chantage à l’antisémitisme coûte cher à un groupe de presse britannique

Le groupe de presse britannique “Associated Newspapers”, propriétaire du Daily Mail et de MailOnline, a été contraints de verser 120 000 £  (± 135.000 Euros) à un organisme de bienfaisance pro-palestinien après l’avoir accusé à tort de soutenir l’antisémitisme et avoir laissé entendre qu’il était impliqué dans des activités terroristes, indique le site “EvolvePolitics”.

En août 2018, MailOnline a publié des articles accusant Interpal – une organisation caritative apolitique qui fournit des secours et une aide au développement aux Palestiniens dans le besoin – de soutenir un “festival de la haine” à Gaza au cours  duquel des enfants ont simulé sur scène le meurtre de Juifs. Cependant, si Interpal – parmi beaucoup d’autres – avait fait un don au festival, l’organisation ne finançait ni ne soutenait la pièce de quelque manière que ce soit et n’en avaient aucune connaissance préalable. En effet, dès qu’Interpal a pris conscience de la nature du spectacle, son équipe de direction a l’a condamné sans équivoque ainsi les activités effroyables qui étaient décrites.

De plus, les articles du Mail mentionnaient également qu’Interpal avait été classé aux États-Unis comme une “organisation terroriste mondiale”, tout en passant sous silence le fait que cette classification avait été faite il y a 16 ans, en 2003, et avait toujours été fermement contestée par ses administrateurs, ainsi que le fait que les États-Unis n’avaient jamais présenté de preuve à l’appui de cette classification. 

En outre, bien que les États-Unis aient classé l’organisation caritative de cette manière, Interpal avait continué à opérer «en toute légalité, sous la supervision et sous l’égide de la Charity Commission», et de nombreuses enquêtes menées par la Charity Commission n’avaient pas révélé la moindre preuve d’acte répréhensible. 

Dans leurs excuses et leurs corrections publiées en ligne et dans l’édition “papier” en avril, le Daily Mail avait affirmé qu’il n’était «pas dans ses intention de suggérer que les administrateurs [d’Interpal] faisaient la promotion ou approuvaient l’antisémitisme ou les attaques contre les Juifs» et il a maintenant admis que “ni Interpal, ni ses administrateurs, n’ont jamais été impliqués dans ou soutenus des activités terroristes de quelque nature que ce soit”.

Après avoir conclu un accord avec le groupe de presse pour mettre fin aux poursuites pour diffamation, Ibrahim Hewitt, Président du conseil d’administration de Interpal a déclaré :

«Interpal et ses administrateurs se félicitent de la décision prise par Associated Newspapers de présenter des excuses officielles et de verser une indemnité appropriée, en reconnaissance de la gravité des mensonges publiés.

Le moment et le montant de la transaction sont particulièrement remarquables dans le contexte du programme plus vaste en cours visant à politiser l’aide humanitaire aux Palestiniens.

Nous espérons que ce succès significatif encouragera les commentateurs et les autres à prendre au sérieux leur responsabilité de communiquer des informations impartiales et exactes au grand public et aux fournisseurs de services en ligne.»

Le site EvolvePolitics fait toutefois observer que en dépit du fait que MailOnline ait été contraint de payer des dommages et intérêts pour les fausses accusations publiées en 2018, un autre article de 2016 rapportant des allégations extrêmement similaires contre Interpal et mettant aussi violemment en cause le leader travailliste Jeremy Corbyn, est toujours disponible en ligne.

Alors, incorrigibles ?

 

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