Dans l'actu

Le cauchemar quotidien des checkpoints pour les travailleurs Palestiniens

Texte et légendes par Sam Gibert - photos par Daniel Tepper.

cauchemar_checkpoints_1

Les Palestiniens font la queue au checkpoint d’Eyal dans la ville de Qalqiliya, au nord de la Cisjordanie occupée. Des milliers d’hommes arrivent au checkpoint avant l’aube à cause des longues attentes, qui peuvent prendre des heures, alors qu’ils tentent de se rendre en Israël pour travailler.

Le checkpoint d’Eyal dans la ville de Qalqiliya est l’un des quarante checkpoints installés au long de la séparation entre la Cisjordanie occupée et Israël. Ces installations font partie d’un système complexe d’obstacles physiques et administratifs que les Palestiniens doivent subir pour aller travailler en Israël. Tous les dimanches, des milliers d’hommes arrivent au checkpoint avant le levé du soleil pour commencer leur semaine de travail; pour beaucoup d’entre eux c’est le début d’une journée de plus de douze heures de travail qui commence et se termine au même tourniquet métallique.

Le checkpoint d’Eyal a ouvert en 2004 après l’achèvement du « mur de séparation » israélien qui encercle complètement la ville de Qalqiliya. L’impact économique de ces mesures restrictives de la liberté de mouvement des Palestiniens s’est fait particulièrement sentir dans la région; de nombreux hommes et femmes sont maintenant obligés de faire ce voyage éprouvant pour aller travailler en Israël. Ces photos ont été prises de 3h45 à 7h du matin le 11 Mai 2013 et soulignent la nature déshumanisante de l’occupation et la détermination du peuple palestinien qui la subit quotidiennement.

Les Palestiniens doivent d'abord passer une série de tourniquets métalliques surveillés à distance, caractéristique de nombreux checkpoints installés en Cisjordanie. A Eyal, un agent de sécurité contrôle le flux de travailleurs depuis son poste; il ouvre le portail qui permet de passer en Israël à un Palestinien à la fois.

Les Palestiniens doivent d’abord passer une série de tourniquets métalliques surveillés à distance, caractéristique de nombreux checkpoints installés en Cisjordanie. A Eyal, un agent de sécurité contrôle le flux de travailleurs depuis son poste; il ouvre le portail qui permet de passer en Israël à un Palestinien à la fois.

Un Palestinien boit un café à l'un des nombreux stands de nourritures tout au long de la route qui mène au checkpoint. Ils servent des milliers de travailleurs qui passent par Eyal à l'aube.

Un Palestinien boit un café à l’un des nombreux stands de nourritures tout au long de la route qui mène au checkpoint. Ils servent des milliers de travailleurs qui passent par Eyal à l’aube.

 

Munis de nourriture, café et cigarettes, les Palestiniens s'en vont vers la queue qui mène au chemin en cage qu'est le checkpoint d'Eyal.

Munis de nourriture, café et cigarettes, les Palestiniens s’en vont vers la queue qui mène au chemin en cage qu’est le checkpoint d’Eyal.

 

cauchemar_checkpoints_5

Le checkpoint d’Eyal offre une nette représentation de la restriction de la liberté de mouvement qui domine la vie des Palestiniens en Cisjordanie occupée. L’un des hommes dans la queue la résume simplement ainsi: « La vie ici est une série de cages. »

 

Une partie du mur de séparation israélien est visible en arrière-plan; soi-disant construit pour des raisons de sécurité mais qui en réalité annexe les territoires de Cisjordanie occupée. Le mur, une fois terminé, s'étendera sur plus de 700 kilomètres, c'est-à-dire deux fois la frontière entre Israël et la Cisjordanie, et deviendra la frontière de facto avec 85% du mur en territoire palestinien. A Qalqiliya, le mur encercle la ville de toutes parts, coupant ses liens avec la terre et les communautés voisines.

Une partie du mur de séparation israélien est visible en arrière-plan; soi-disant construit pour des raisons de sécurité mais qui en réalité annexe les territoires de Cisjordanie occupée. Le mur, une fois terminé, s’étendera sur plus de 700 kilomètres, c’est-à-dire deux fois la frontière entre Israël et la Cisjordanie, et deviendra la frontière de facto avec 85% du mur en territoire palestinien. A Qalqiliya, le mur encercle la ville de toutes parts, coupant ses liens avec la terre et les communautés voisines.

Une voiture arrive au milieu de la queue alors que les Palestiniens attendent juste devant le passage clos qui mène à l'entrée du checkpoint. Voitures et taxis affluent constamment pour emmener les hommes des environs au checkpoint qui constitue l'entrée principale vers Israël pour les travailleurs Palestiniens de la région.

Une voiture arrive au milieu de la queue alors que les Palestiniens attendent juste devant le passage clos qui mène à l’entrée du checkpoint. Voitures et taxis affluent constamment pour emmener les hommes des environs au checkpoint qui constitue l’entrée principale vers Israël pour les travailleurs Palestiniens de la région.

Les musulmans prient au checkpoint d'Eyal avant de passer en Israël.

Les musulmans prient au checkpoint d’Eyal avant de passer en Israël.

 

Le soleil commence à se lever, soulignant la présence des infrastructures militaires alentoures. Depuis le checkpoint et au-delà, la région de Qalqiliya est dominée par des murs, tours et barrières.

Le soleil commence à se lever, soulignant la présence des infrastructures militaires alentours. Depuis le checkpoint et au-delà, la région de Qalqiliya est dominée par des murs, tours et barrières.

 

Une imposante tour militaire israélienne surveille les travailleurs qui passent le checkpoint. Eyal est l'un des quarante checkpoints israéliens permanents qui contrôlent les déplacements des Palestiniens.

Une imposante tour militaire israélienne surveille les travailleurs qui passent le checkpoint. Eyal est l’un des quarante checkpoints israéliens permanents qui contrôlent les déplacements des Palestiniens.

 

Un jeune Palestinien gère un stand de café pendant que son père est assis près du feu avant de se mettre dans la queue pour entrer en Israël.

Un jeune Palestinien gère un stand de café pendant que son père est assis près du feu avant de se mettre dans la queue pour entrer en Israël.

 

Un Palestinien allume une cigarette en attendant de passer le checkpoint.

Un Palestinien allume une cigarette en attendant de passer le checkpoint.

Des Palestiniens fument avant de se mettre dans la queue pour le checkpoint d'Eyal qui leur permettra d'accéder à leur travail en Israël. La majorité de ceux qui se rendent en Israël pour travailler sont des hommes d'âge moyen qui travaillent à Tel-Aviv. Israël ne donnent de permis qu'aux hommes de plus de 35 ans. Les jeunes, plus particulièrement les hommes, sont considérés comme des menaces à la sécurité.

Des Palestiniens fument avant de se mettre dans la queue pour le checkpoint d’Eyal qui leur permettra d’accéder à leur travail en Israël. La majorité de ceux qui se rendent en Israël pour travailler sont des hommes d’âge moyen qui travaillent à Tel-Aviv. Israël ne donnent de permis qu’aux hommes de plus de 35 ans. Les jeunes, plus particulièrement les hommes, sont considérés comme des menaces à la sécurité.

 

Un jeune Palestinien qui travaille à un stand de café au checkpoint d'Eyal prend une pause. On vend nourriture et boissons à ce checkpoint aux milliers d'hommes qui traversent la frontière tous les jours pour aller exercer leur métier en Israël.

Un jeune Palestinien qui travaille à un stand de café au checkpoint d’Eyal prend une pause. On vend nourriture et boissons à ce checkpoint aux milliers d’hommes qui traversent la frontière tous les jours pour aller exercer leur métier en Israël.

 

Un Palestinien souffre alors qu'il pousse vers l'unique portail qui sert d'entrée au checkpoint d'Eyal. On verrouille le portail fréquemment sans prévenir, ce qui oblige les Palestiniens à patienter dans une enceinte close et bondée.

Un Palestinien souffre alors qu’il pousse vers l’unique portail qui sert d’entrée au checkpoint d’Eyal. On verrouille le portail fréquemment sans prévenir, ce qui oblige les Palestiniens à patienter dans une enceinte close et bondée.

 

Un homme s'élève pour tenter de gérer le passage de la foule agitée. Un agent de sécurité hurle des instructions en hébreu dans son haut-parleur et menace les Palestiniens d'encore plus de retards.

Un homme s’élève pour tenter de gérer le passage de la foule agitée. Un agent de sécurité hurle des instructions en hébreu dans son haut-parleur et menace les Palestiniens d’encore plus de retards.

 

Deux Palestiniens attendent de passer le checkpoint d'Eyal. De nombreux hommes patientent sur les côtés en attendant que la situation se calme, ce qui en général n'arrive pas avant la fin de matinée. Le système de permis mis en place permet à certains de passer à un moment donné, et tous ceux qui passent par le checkpoint d'Eyal doivent retourner par celui-ci même.

Deux Palestiniens attendent de passer le checkpoint d’Eyal. De nombreux hommes patientent sur les côtés en attendant que la situation se calme, ce qui en général n’arrive pas avant la fin de matinée. Le système de permis mis en place permet à certains de passer à un moment donné, et tous ceux qui passent par le checkpoint d’Eyal doivent retourner par celui-ci même.

 

Le soleil se lève sur la foule de Palestiniens qui attendent toujours dans la queue pour la seule entrée au checkpoint d'Eyal. Ce dernier restera encombré jusque tard dans la matinée.

Le soleil se lève sur la foule de Palestiniens qui attendent toujours dans la queue pour la seule entrée au checkpoint d’Eyal. Ce dernier restera encombré jusque tard dans la matinée.


Publié le 9 Juillet 2013 sur The Electronic Intifadah.
Traduction : Christelle Chidiac.

Daniel Tepper est un photographe à Ramallah spécialisé dans les pratiques et l’impact de l’occupation israélienne de la Palestine.
S’abonner à son compte instagram: @daniel_tepper.
Toutes les photos sont ci-dessus sont de lui. 

Print Friendly, PDF & Email