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Le blocus israélien sur Gaza s’étend désormais à la Grèce…

Soumise au chantage de ses créanciers, de l’Union Européenne, du FMI et des banques, la Grèce est en train de bazarder des pans entiers de son patrimoine national et de sacrifier les droits de ses citoyens.

Mais jusqu’à ce jour elle pouvait encore proclamer, telle François Ier en 1524 après une cuisante défaite , « tout est perdu, fors l’honneur« .

Cet honneur, tout ce qui lui restait, c’est le gouvernement d’Israël – qui s’en étonnera ? – qui se sera chargé de le lui arracher, par le chantage.

Le gouvernement grec, dans la position où il s’est mis, n’est plus guère capable de faire autre chose que céder aux pressions étrangères, toutes les pressions étrangères. Les seules pressions auxquelles il se croit encore en mesure de résister viennent de son propre peuple, mais c’est une autre histoire.

En revanche, le gouvernement grec vient d’annoncer qu’ « aucun bateau ne partira d’un port grec vers Gaza ».

La Grèce a donc cédé aux pressions israéliennes. Benjamin Netanyahou a remercié le premier ministre grec Georges Papandréou ainsi que « tous les responsables politiques du monde d’avoir récemment pris position en paroles et en actes contre cette flottille qui était une provocation ».

La Grèce n’a pas pris cette décision seule, l’Union européenne est aussi responsable et tout aussi complice. Le blocus de la bande de Gaza s’étend maintenant jusqu’à ses portes. Il est inconcevable que l’Union européenne cautionne de façon aussi ouverte la politique illégale d’Israël dans la bande de Gaza et envers la Palestine de manière plus générale.

Il est inconcevable qu’elle puisse nier de façon aussi insultante une mobilisation populaire d’une ampleur inédite dans des dizaines de pays en faveur du droit et de la justice.

La liberté de circulation et de navigation – dont le Président Obama se faisait il y a peu le chantre ! – est bafouée et encore une fois la voix citoyenne est bâillonnée.

MANIFESTATION SAMEDI DEVANT L’AMBASSADE DE GRECE

L’appel à une manifestation devant l’ambassade de Grèce à Bruxelles avait été lancé vendredi en début de soirée seulement (un 1er juillet, veille des premiers grands départs en vacances !), mais plus de cent personnes se sont retrouvées samedi à partir de midi devant l’ambassade de Grèce à Bruxelles (dont le trottoir est un peu petit pour caser tout le monde) afin de protester contre l’attitude du gouvernement Papandréou.

Des slogans exigeant la liberté de navigation pour les bateaux de la flottille ont été scandés sous les fenêtres de l’ambassade pendant plus d’une heure, après quoi la manifestation s’est dispersée sans incident.

« Belgium to Gaza » a lancé un appel pour que les messages de protestation soient envoyés à l’ambassadeur grec Alexis Hadjimihalis ( ambagre@skynet.be ). On trouvera un modèle de lettre sur le site de Belgium to Gaza.

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La police de Bruxelles a rapidement envoyé sur place une douzaine de membres de ses troupes d’élite et de choc… appa­rem­ment surtout pour protéger le ministère des Affaires étrangères qui se trouve en face de l’ambassade.

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Comme de coutume il y avait bien entendu parmi eux un excité fier à bras et cervelle de moineau qui paraissait espérer des inci­dents, mais qui n’est pas arrivé à ses fins.

Quelques employés de l’ambassade, qui étaient sortis par la porte d’un parking situé dans la rue adjacente ont discuté quelques instants avec des participants, pour exprimer leur écœurement face à l’attitude de leur gouvernement et souligner que la grande majorité du peuple grec soutient la lutte des Palestiniens. Parmi eux une personne qui est sur le point de perdre son emploi en raison des restrictions budgétaires prises par le gouvernement d’Athènes. On comprend évidemment son amertume, accentuée sans doute par le fait que l’austérité budgétaire ne s’impose pas à tous les Grecs de la même manière, si on en juge par la Porsche Carrera décapotable à plaque diplomatique garée devant l’ambassade…manif_amba_grece_juil2011_D

PLUS DÉCIDÉS QUE JAMAIS…

Au cours d’une conversation téléphonique, ce vendredi soir (19 h.), Yannick Vanonckelen (membre de la Plate-forme Charleroi-Palestine qui se trouve à bord du « Tahrir ») nous a confirmé que la détermination des participants à la Flottille de la Liberté II – Stay Human est plus forte que jamais. Une manifestation était en cours sur le port où se trouvent les bateaux que les autorités grecques tentent de bloquer.

Voici une photo prise à bord du "Tahrir", où on voit Yannick et Guido Gorissen, médecin, qui réceptionnent une partie de cette terrifiante cargaison qui menace tellement la sécurité d'Israël, qui y voit une provocation terroriste... des médicaments.

Voici une photo prise à bord du « Tahrir », où on voit Yannick et Guido Gorissen, médecin, qui réceptionnent une partie de cette terrifiante cargaison qui menace tellement la sécurité d’Israël, qui y voit une provocation terroriste… des médicaments.

A bord du « Tahrir« , les prépa­ratifs se sont poursuivis sans relâ­che, en dépit des tracasseries incessantes des autorités portuaires, qui – nous dit Yannick – « réclament sans cesse des documents supplémentaires, voire plusieurs fois les mêmes documents, mais n’ont toujours pas dit clairement que le bateau ne pourra pas partir« .

La lutte pour forcer le blocus illégal de Gaza ne s’arrêtera pas, quoiqu’il arrive, mais d’ores et déjà on voit bien quelles sont les premières armes israéliennes, dans l’ordre : le mensonge, la désinformation, le sabotage, le chantage… et la lâcheté habituelle des gouvernements européens.

L.D.

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