Dans l'actu

Le Beitar Jerusalem n’apprécie pas que Haaretz le taxe de racisme, et exerce des représailles

Le club de football du “Beitar Jerusalem” – pour les supporters fascisants duquel les autorités de Charleroi s’étaient montrées aux petits soins en juillet de l’an dernier – n’apprécie par que le quotidien Haaretz ait rappelé que jamais au cours de ses 80 ans d’existence il n’a aligné un seul joueur arabe, pratique qui ne peut être qualifiée autrement que de raciste. Du coup, le club annonce “des sanctions” contre le quotidien centriste.

Le symbole du mouvement “Kahane Chai”, hors-la-loi en Israël, arboré par les supporter du Beitar (Hagai Aharon / Jini)

Les gens du Beitar Jerusalem n’ont pas beaucoup aimé la série de reportages que Haaretz a publiée l’été dernier sous le titre “Jusqu’à ce qu’un footballeur arabe joue au Beitar Jerusalem”, dans laquelle étaient envisagées les raisons qui font qu’en en 80 ans d’histoire jamais le club n’a engagé un seul joueur arabe, et les implications de ce fait. Ils n’ont pas davantage apprécié que Haaretz rappelle à chaque occasion que le Beitar est “un club qui n’a jamais eu un Arabe dans ses rangs”, comme une sorte de note de bas de page permanente pour ne pas laisser le lecteur ignorer qu’il ne s’agit pas entièrement d’un club comme les autres.

Il y a trois semaines, une copie d’écran du journal a commencé à circuler sur les réseaux sociaux, sur laquelle on pouvait très clairement distinguer cette phrase, ce qui a considérablement énervé les gens du Beitar Jerusalem, qui ont annoncé des représailles contre Haaretz. Ils ont immédiatement mis fin à toute coopération entre le club et le journal, dont les journalistes sportifs ne reçoivent même plus les communiqués de presse. Et bien entendu les reporters de Haaretz ne sont plus admis dans le stade du Beitar.

Grand seigneur, le porte-parole du club a indiqué qu’il leur est toutefois permis d’acheter des tickets et de prendre place sur les gradins, parmi le public. Ou alors ils peuvent regarder les matches à la télévision comme tout le monde.

Haaretz estime que l’exclusion de ses journalistes dans le but de punir le journal est “inacceptable dans une société démocratique” où la liberté de la presse est supposée être garantie. Le quotidien rappelle que le Beitar est un club privé qui reçoit des subventions publiques et qui joue certaines de ses rencontres dans un stade qui appartient à la municipalité de Jérusalem. Un tribunal s’est prononcé en 1999 pour obliger un club de football a garantir un accès sur un pied d’égalité et sans discriminations aux médias, et a jugé qu’il ne dispose pas du droit de sélectionner qui est autorisé à rendre compte de ses activités et qui ne l’est pas, ou de dicter dans quels termes cela doit être fait.

Il semble que le Beitar se sente pousser des ailes, porté les les vents mauvais qui soufflent sur Israël au cours des derniers mois. La réduction au silence des organisations de défense des droits humains ainsi que l’étouffement de tout débat démocratique se propage comme un incendie. Apparemment, les succès professionnels enregistrés par le Beitar cette saison aveuglent ceux qui prennent les décisions le concernant”.

Quant aux supporters, même si aucun reporter du Haaretz n’était sur place pour les entendre conspuer les médias ou scander des appels en faveur du soldat poursuivi pour avoir tué de sang froid un Palestinien déjà mis hors d’état de nuire, à Hébron, ont été largement entendus. Cela fait partie des traditions racistes que le club, en tant que tel, partage avec son public.

Haaretz ajoute qu’il exercera tous les recours tant dans les instances sportives que devant les tribunaux pour imposer au Beitzar de respecter ses obligations, et qu’en tout état de cause il persistera à rappeler que le club applique avec constance une politique empreinte de racisme. Jusqu’à ce qu’au moins un footballeur arabe soit engagé au Beitar.


Source : Haaretz

 

Print Friendly, PDF & Email