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L’assassin Elor Azaria rentre à la maison en attendant son procès en appel

Elor Azaria, le soldat franco-israélien condamné à 18 mois de prison pour le meurtre de sang froid, en mars 2016, du Palestinien Abdel Fattah al-Sharif (21 ans), alors que celui-ci était blessé et gisait au sol,  a fait appel, estimant trop lourde la peine, pourtant inférieure à celle fréquemment infligée à des enfants palestiniens qui jettent des pierres. L’accusation a fait de même, estimant la peine trop légère. Le principal tort d’Azaria, chacun en est conscient, est d’avoir été filmé alors qu’il procédait à cette exécution extrajudiciaire, sans quoi il s’en serait vraisem­bla­blement tiré comme tant d’autres avant lui et depuis avec les félicitations de ses chefs.

D’ailleurs, sa défense argue du fait que le plupart des militaires israéliens dans une situation comparable à la sienne ne font par l’objet de poursuites : en effet, Human Rights Watch a démontré à plusieurs reprises le fait que le problème n’est pas la conduite d’un seul soldat, mais une atmosphère d’immunité pour les militaires coupables d’avoir tué illégalement des Palestiniens. Dès lors, demandent les avocats d’Elor Azaria, pourquoi ne bénéficie-t-il pas de cette impunité comme les autres ?  En 2016, selon Human Rights Watch, 109 Palestiniens au moins ont été abattus par l’armée israélienne ou par des colons juifs, mais Azaria est le seul membre de l’armée d’occupation qui ait été poursuivi.  

Selon le groupe de défense des droits humains Yesh Din, sur les 186 enquêtes pénales ouvertes par l’armée israélienne contre des infractions présumées contre des Palestiniens en 2015, seulement quatre accusations ont débouché sur une mise en accusation.

La responsabilité du respect des normes éthiques et juridiques ne repose pas uniquement sur les épaules d’un seul soldat de 20 ans, mais aussi sur les hauts fonctionnaires qui lui ont envoyé – ainsi qu’aux autres – le mauvais message concernant l’utilisation de la force meurtrière”, soulignent les avocats d’Azaria.

Al-Sharif avait été abattu et gravement blessé après avoir prétendument poignardé un autre soldat israélien, et il avait été laissé sans soins, baignant dans son sang sur le sol pendant une dizaine de minutes. Azaria, qui faisait partie du personnel paramédical de l’armée d’occupation, lui tiré une balle dans la tête, après avoir selon plusieurs témoins déclaré : “Ce chien est encore vivant”, et “ce terroriste mérite de mourir”. Manque de chance : un Palestinien a filmé la scène et la vidéo a été rapidement diffusée sur l’internet.

Une négociation a eu lieu entre la défense et l’accusation depuis le jugement en première instance, mais elle n’a pas permis de déboucher sur un “plea bargain” (condamnation à une peine négociée). Il y aura donc un procès en appel. Selon “The Times of Israel”, le service militaire d’Azaria se termine dans quelques jours, de sorte qu’on ne peut plus le garder enfermé dans une base militaire. L’accusation ne voulait pas non plus le faire transférer dans une prison civile… de sorte qu’en attendant son procès en appel il purgera sa peine… à domicile. C’est vraiment trop cruel !


Source : Agence palestinienne Ma’an

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