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L’assassin de Yitzhak Rabin veut un nouveau procès

22 ans après son crime, l’assassin du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin veut obtenir un nouveau procès, et une équipe d’avocats a été mise sur pied pour cela.  Ygal Amir a abattu Rabin le 4 novembre 1995, à la fin d’une manifestation en faveur de la paix avec les Palestiniens à Tel Aviv, et il a été condamné à la prison à vie.

Lors de la manifestation après laquelle Rabin fut abattu, des portraits de lui en uniforme nazi avaient été distribués et avaient remporté un vif succès parmi les militants d’extrême-droite dans la foule.

C’est son épouse, Larissa Amir Trimbobler, qui a fait savoir via Facebook qu’une campagne pour la révision du procès commence.Elle affirme détenir “18 preuves que les balles tirées par Amir ne sont pas celles qui ont tué Rabin”.

Le post sur Facebook a été écrit par l’avocat Gabi Shachar, qui en 1995 avait été commis d’office par le tribunal qui jugeait Ygal Amir, et qui a par la suite continué à le représenter lorsqu’il tenta un recours devant la Cour suprême israélienne. Shachar n’a donné aucun autre détail, hormis qu’il fera partie de l’équipe de juristes qui assurera la défense de Amir.

Après cette annonce, le ministre israélien de l’Éducation, le fasciste Naftali Bennet (qui, de notoriété publique, se verrait bien succéder à Netanyahou), a écrit sur Twitter que «l’assassin du premier ministre doit finir à ses jours de prison. Sur ce sujet, il n’y a pas de droite ou de gauche. Chaque assassinat est terrible, mais l’assassinat d’un Premier ministre pourrait briser notre pays».

Vingt ans après cet assassinat, de nombreux Israéliens restent persuadés que Ygal Amir n’a pas agi seul, voire qu’il n’est pour rien dans la mort de Rabin.

Une partie des Israéliens pense que le militant d’extrême-droite a tiré des balles à blanc. Dans cette version, l’attentat était bidon et aurait été organisé par… Yitzhak Rabin lui-même pour susciter un mouvement en sa faveur dans l’opinion publique… C’est ensuite dans la voiture de Rabin que les choses auraient mal tourné et que le Premier ministre aurait été tué, probablement par des membres du Shin Beth, l’équivalent équivalent du FBI. On relève que cette voiture, au volant de laquelle se trouvait un chauffeur très expérimenté connaissant la ville comme sa poche, a mis beaucoup trop de temps pour arriver à l’hôpital. L’explication selon laquelle le chauffeur “s’est perdu” ne convainc pas vraiment. Selon une autre théorie, le meurtre aurait été commandité par Shimon Peres pour s’offrir la place de Premier ministre. Enfin, on sait aujourd’hui que Ygal Amir était très proche d’Avishai Raviv, chef d’un groupuscule d’extrême droite qui était en réalité une taupe du Shin Beth, qui l’aurait manipulé.

 La remise en cause de la “version officielle” est cependant surtout un moyen pour la droite et l’extrême-droite israélienne de se disculper de cet assassinat qui a choqué la très grande majorité des Israéliens et de rejeter la faute sur la “gauche” qui est si mal en point qu’elle n’est guère en état de se défendre devant l’opinion.

 

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