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L’apartheid routier en Palestine occupée

Un panneau routier israélien placé en Cisjordanie occupée (près de Bethléem) sur la route 375 reliant la jonction El-Khader à la route 60 (route du tunnel) vers la vallée d’Ela. Le panneau est placé juste avant de quitter la Cisjordanie pour Israël, en direction de la colonie illégale, strictement réservée aux Juifs, de Betar Illit et des villages palestiniens de Husan, Batir et Wadi Fuqeen (check-point de Betar, qui n’est pas situé sur la Ligne verte, mais quelque peu à l’intérieur de la Cisjordanie). Traduit de l’hébreu :

An Israeli street sign placed in the occupied West Bank (near Bethlehem) on Road 375 going from El-Khader Junction with road 60 (Tunnel Road) to Ela Valley.

An Israeli street sign placed in the occupied West Bank (near Bethlehem) on Road 375 going from El-Khader Junction with road 60 (Tunnel Road) to Ela Valley. The sign is placed just before crossing from the West Bank to Israel near the illegal, Jewish-only colony/settlement of Betar Illit and the Palestinian villages of Husan, Batir and Wadi Fuqeen (Betar Checkpoint, which is not on the Green Line, but rather inside the West Bank). It says in Hebrew:
« Welcome to Betar Checkpoint
This checkpoint is for the passage of Israelis only. It is forbidden to pass and/or drive a person through this checkpoint, who is not Israeli!!
« Israeli » – a resident of Israel, a person who lives in the area and is a citizen of Israel, or a person ENTITLED TO MAKE ALIYAH TO ISRAEL ACCORDING TO THE [JEWISH] LAW OF RETURN, 1950, AS VALID IN ISRAEL » (emphasis added)
(PHOTO CREDIT: Dudy Tzfati via Roy, TRANSLATION CREDIT: Dudy Tzfati)

« Bienvenue au check-point de Betar
« Ce check-point n’autorise que le passage des Israéliens. Il est interdit de passer par ce check-point si on n’est pas israélien et/ou de véhiculer une personne qui n’est pas israélienne !!!
« ‘Israélien’ – un résident d’Israël, une personne qui vit dans la zone et est citoyen d’Israël, ou une personne habilitée à immigrer en Israël selon la loi juive du retour, de 1950, telle qu’elle est en vigueur en Israël [1]»

(Photo et traduction de l’hébreu vers l’anglais : Dudy Tzfati. Traduction vers le français : JM Flémal.
Source : epalestine.com, 1/12/ 2012)

Un Palestinien, vivant sur sa terre, ne peut donc pas emprunter la route indiquée.

Mais un Israélien ou un Juif venant de n’importe quel coin du monde y a un accès libre !

Ci-dessous, vous voyez une carte visualisant cet apartheid.

apartheidroads

Les Palestiniens sont interdits de circulation sur les routes dessinées en jaune, ils ont un accès limité sur les routes dessinées en rouge et ne peuvent qu’emprunter les routes dessinées en blanc (en beaucoup plus mauvais état, évidemment). Source : visualizingpalestine.org.


A propos de la « Loi du retour » :

Nathan Weinstock  dans « Le Sionisme contre Israël » (Ed. Fr. Maspero, 1969) :

Israël, aboutissement de l’entreprise sioniste est un Etat juif [2], aboutissement, comme le stipule la Déclaration d’indépendance d’Israël et comme en témoignent la Loi du Retour * et la Loi de la Nationalité qui établissent une discrimination fondamentale entre les juifs et les non-juifs. Il se veut non seulement État juif, mais surtout État sioniste, c’est-à-dire État des juifs du monde entier.
La mystique sioniste du retour du Peuple élu dans la Terre promise implique une immigration soutenue qui exclut par elle-même la possibilité du retour des arabes palestiniens (p. 300) […]

Les deux lois fondamentales de l’État, la «Loi du retour» (1950) et la «Loi sur la Nationalité» (1952) confirment le caractère uniracial de l’État israélien. La première de ces dispositions légales reconnaît d’office la nationalité à tout juif qui vient dans le pays comme immigrant. Quant à la deuxième, elle établit une discrimination scandaleuse entre habitants juifs et arabes.
En ce qui concerne l’acquisition de la nationalité, celle-ci est reconnue de droit aux juifs palestiniens par application de la «Loi du Retour» (art. 1 et 2). Cette discrimination étant réellement trop flagrante, le texte de sert de périphrases. A l’art. 2 il est question d’immigrants «dans le sens de la loi du Retour». Le terme d’«arabe» ne figure pas davantage dans la loi. Il s’agit, selon la formulation délicate de l’art. 3, de « tout individu  qui, immédiatement avant la fondation de l’État était sujet palestinien, et qui ne devient pas Israélien en vertu de l’art. 2. »
[…]
Ainsi, les lois fondamentales d’Israël consacrent indubitablement une discrimination d’ordre ethnique, justifiant le refus du retour des réfugiés et instituant au bénéfice des Israéliens juifs une espèce de statut de la nation la plus favorisée. (p. 313 – 314)

C’est sur ce mythe du « Retour » à la terre des ancêtres que se fonde la prétention du gouvernement israélien à représenter tous les Juifs, où qu’ils vivent et quoiqu’ils pensent ou ne pensent pas du sionisme : puisqu’Israël est prétendûment « l’État de tous les Juifs » n’est-il pas naturel que les dirigeants de cet État puissent s’exprimer en leur nom à tous ?

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