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La ville de Barcelone proclame la légitimité de BDS et va modifier sa politique d’achats en conséquence

Le conseil municipal de la Ville de Barcelone, la capitale de la Catalogne (dont l’agglomération compte plus de 5 millions d’habitants, ce qui en fait la onzième ville la plus peuplée de l’Union Européenne), a adopté une motion de condamnation de l’occupation de la Palestine par Israël, qui en outre préconise la mise en place par les autorités de la ville d’une politique de marché publics qui garantisse que Barcelone ne s’en rende en aucune manière complice en excluant des marchés publics toute entreprise qui profite de l’occupation et du pillage de la Palestine.

Le conseil municipal de Barcelone affirme la légitimité de la campagne mondiale Boycott, Désinvestissements, Sanctions (BDS). Le comité National Palestinien de BDS (BNC) a salué cette prise de position dans un communiqué.

Barcelone, dit le BNC, reconnaît par cette prise de position historique que des mesures similaires ont contribué à mettre fin au régime d’apartheid en Afrique du Sud. Le conseil municipal de Barcelone a “condamné l’occupation par Israël et les politiques de colonisation des territoires palestiniens, ainsi que le pillage, l’exploitation et la destruction des ressources naturelles palestiniennes, et de ses richesses, y compris la terre et l’eau”.

Le conseil de Barcelone s’est aussi prononcé pour que les politiques publiques d’approvisionnement incluent désormais des clauses qui donnent toutes les garanties voulues de respect des droits humains, afin “d’éviter que le conseil municipal de Barcelone soit d’une quelconque manière complice de l’occupation, de la violation des droits humains et du pillage des ressources”.

Cette motion encourage donc les autorités locales et les municipalités à introduire des clauses de sauvegarde des droits humains dans tous les contrats d’approvisionnement qu’elles concluent, afin d’exclure des marchés publics les entreprises qui profitent de la colonisation illégale par Israël et des violations des droits humains des Palestiniens.

Cela revient à dire, si les mots ont un sens, que toutes les entreprises israéliennes doivent être écartées des marchés publics, car c’est toute l’économie israélienne qui finance la colonisation illégale, et qui à la fois en tire profit, comme par exemple les multinationales et l’industrie pharmaceutique, quand bien même ses usines ne seraient pas dans les territoires palestiniens occupés.

Reconnaissant sans ambiguïté aucune le droit de défendre les droits des Palestiniens par le biais de BDS, le conseil de la Ville de Barcelone reconnaît la légitimité des “campagnes non-violentes dont les Palestiniens et la société civile font la promotion à l’échelle internationale afin de défendre les droits humains en Palestine”.

Par cette décision remarquable, le Conseil de Barcelone rejoint plus de 70 autorités locales réparties sur tout le territoire de l’Espagne qui ont adopté diverses mesures pour mettre fin à toute complicité avec le régime israélien d’occupation, d’apartheid et de colonialisme de peuplement. Des dizaines de ces autorités locales ont adopté des motions de soutien avec le mouvement BDS, et se sont proclamées “zones sans apartheid”.