Dans l'actu

La Turquie refuse d’aider Israël à bloquer la prochaine «Flottille pour Gaza»

Selon Haaretz, le gouvernement d’Ankara a opposé une fin de non-recevoir à une demande officielle du gouvernement israélien qui souhaite que la Turquie bloque la prochaine « flottille de la liberté pour Gaza« . En substance, le gouvernement de la Turquie a répondu que la flottille n’est « pas son problème », dit le quotidien israélien.

Benjamin Netanyahou avait adressé un message dans le même sens aux ambassadeurs européens réunis à Jérusalem : « cette flottille doit absolument être arrêtée« , leur avait-il dit. Apparemment sans plus de succès que son ambassadeur n’en a rencontré à Ankara. Israël a aussi entrepris les mêmes démarches en direction des Nations-Unies.

Les relations entre la Turquie et Israël se sont sérieusement dégradées depuis que les commandos de marine israéliens ont arraisonné, dans les eaux internationales de la Méditerranée, le Mavi Maramara, et tué neuf citoyens turcs qui se trouvaient à son bord. C’était le 31 mai de l’année dernière, et depuis lors la Turquie attend toujours les excuses qu’elle a exigées, ainsi que les dommages financiers réclamés à Israël.

L’ambassadeur israélien à Ankara a officiellement demandé cette semaine, au nom de son gouvernement, que la Turquie empêche les organisateurs  de mener à bien son projet de lancer une nouvelle flottille d’une quinzaine de navires, à bord desquels prendront place des citoyens venant d’un peu partout, y compris les pays européens (dont la Belgique) et des États-Unis. L’ambassadeur israélien à Ankara a fait valoir qu’au yeux du gouvernement israélien l’envoi d’aide humanitaire vers Gaza en dehors des « canaux légaux » constitue « une provocation ».

Un porte-parole turc a déclaré à l’Agence Reuters : « Nous avons écouté le message délivré par le côté israélien, et leur avons répondu qu’il s’agit d’une initiative de la société civile« . Il s’est refusé à tout autre commentaire.

Le « Mavi Marmara » fera très probablement partie de la prochaine flottille.

L’interception par la marine israélienne, le 31 mai 2010, d’un nombre de navires d’une flottille naviguant à destination de la Bande de Gaza a donné lieu à une vive controverse concernant notamment le respect des règles du « droit international humanitaire ». Deux commissions d’expert se sont penchées sur l’incident au cours duquel les militaire israéliens ont tué neuf ressortissants turcs.

L’une était mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies (Mission internationale d’établissement des faits, présidée par le juge K.T. Hudson-Phillips), et l’autre – mise sur pied par le gouvernement israélien, qui avait catégoriquement rejeté toute idée d’enquête internationale indépendante – connue sous le nom de « commission Turkel », du nom du juge israélien J. Turkel qui la présidait.

Les deux commissions ont – comme c’est étonnant ! – abouti à des conclusions opposées concernant le respect par Israël des règles du « droit international humanitaire » et des droits de l’homme. Devinez laquelle a estimé que les soldats israéliens onbt commis si peu de fautes, mineures, que ce n’est pas vraiment la peine d’en parler ?

Print Friendly, PDF & Email