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La Russie affirme son soutien à un Etat palestinien «dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-est pour capitale»

Le Président russe Dimitri Medvedev s’est rendu mardi à Jéricho, où il a rencontré Mahmoud Abbas. Dimitriv Medvedev a profité de cette visite en Palestine pour réaffirmer que la Russie (à l’époque l’URSS) reconnaît depuis 1988 l’État palestinien, dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-est pour capitale.

Ceci provoque, on le devine la fureur du gouvernement israélien, mais un incident diplomatique a été évité grâce à une très opportune… grève du personnel du ministère israélien des Affaires étrangères qui a empêché la visite du président russe en Israël. Avigdor Lieberman a donc évité de devoir expliquer dans quel état sont, après ce camouflet  particulièrement appuyé, les « liens particuliers » avec la Russie dont il se vante volontiers.

Ce n’est d’ailleurs pas le premier, puisqu’il y a quelques mois Medvedev avait trouvé le temps, alors qu’il était en visite à Damas, de rencontrer le leader du Hamas Khaled Meshal, très peu de temps après une visite de Lieberman à Moscou.

Comme le note Haaretz, à l’époque où l’URSS avait reconnu l’État palestinien – c’est-à-dire juste après la proclamation de son indépendance à Alger par le Conseil National Palestinien – elle était un des rares états, parmi ceux qui l’avaient pareillement reconnu, qui ne soit pas à majorité musulmane, la plupart étant au demeurant des pays ayant relativement peu de poids dans le « concert (dissonant) des nations ».

Et à cette époque, la formule « dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-est pour capitale » paraissait assez déconnectée de la réalité, et pour tout dire une formule rituelle, à valeur essentiellement incantatoire.

Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui : la grande majorité des pays du monde sont acquis à cette conception, qu’ils considèrent – à tort ou à raison – comme la seule voie possible vers une paix (qu’ils espèrent durable à défaut d’être juste). Quant à la Russie, elle fait partie du “Quartet” (avec les États-Unis, l’Union Européenne et l’ONU), au sein duquel les orientations se prennent par consensus. Or le consensus qui se répand rapidement dans le monde – comme en témoigne le ralliement récent de la quasi-totalité de l’Amérique latine à la position du Brésil – est bien celui-là : un État palestinien indépendant « dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-est pour capitale« , moyennant des échanges de territoires acceptés de part et d’autre.

D’ici peu, la délégation du Liban à l’ONU devrait déposer au Conseil de sécurité un projet de résolution condamnant la colonisation israélienne.  Le fait que les pays arabes aient choisi un allié traditionnel des États-Unis pour prendre cette initiative  n’est pas innocent : en tant que membres permanents du Conseil,  les USA pourraient opposer leur veto à cette démarche, mais le fait qu’ils contreraient ainsi l’initiative du gouvernement de Sa’ad Hariri ne leur rend pas la chose facile.

Sur le terrain diplomatique, le blocage des négociations ne profite en tous cas pas, pour le moment, à Israël. Peut-être peut-on en voir un signe supplémentaire dans le fait que le drapeau de la Palestine a été, pour la première fois, hissé publiquement mardi à la délégation de Palestine à Washington, avec l’assentiment des autorités américaines. Cela peut semble anecdotique, mais dans les sphères diplomatiques on y accorde une certaine importance.

L’ambassadeur palestinien Maen Areikat, a conduit cette cérémonie. M. Areikat « espère que cette manifestation conduira les États-Unis à faire que leur soutien débouche sur des actes concrets allant dans le sens de la reconnaissance d’un État palestinien par le gouvernement des États-Unis« , a-t-il indiqué dans un communiqué.

Philip Crowley, le porte-parole du département d’État, a souligné de son côté que l’autorisation de lever le drapeau national palestinien sur la façade de la délégation n’impliquait pas un changement du statut de celle-ci. La mission palestinienne auprès des États-Unis est un fruit des accords d’Oslo conclus en 1993 par les Palestiniens et Israël.

Quant à l’Europe… Et bien comme d’habitude elle est aux abonnés absents. Mais cela pourrait ne pas durer.

A l’occasion d’une réunion de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, il a affirmé que d’autres pays, y compris des pays européens, pourraient aussi reconnaître un État palestinien, comme par les pays d’Amérique du Sud.

Selon le Jerusalem Post, le patron du Shin Bet (agence israélienne de la sécurité intérieure) Yuval Diskin a déclaré devant la Commission des Affaires étrangères et de la défense du parlement israélien, croire que la reconnaissance internationale d’un État palestinien va s’étendre, notamment à  certains pays européens.

« L’assemblée Générale des Nations Unies pourrait déclarer un État palestinien sur les frontières de 1967 dès le mois de septembre« , a prévenu Diskin, selon la Radio de l’Armée israélienne, citée par le Jerusalem Post.

Alors qui, en Europe, va se décider en premier lieu ? L’Espagne ? la Grande-Bretagne ? la France ?

 

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