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La première aire de jeux à Sur Baher : avec des fonds belges et sans permis de bâtir

Nir Hasson

L’initiative vient des résidents locaux, les fonds du gouvernement belge, l’aide de la municipalité de Jérusalem et il n’y a pas eu de permis de bâtir : voilà comment a été aménagée la première aire de jeux du quartier de Sur Baher, à Jérusalem-Est.

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L’aire de jeux à Sur Baher, le 9 février 2016. Photo : Emil Salman

Lundi, l’aire de jeux et le parc communautaire ont été inaugurés. Sur Baher compte 40 000 résidents, en comptant ceux du village proche d’Umm Tuba.
La petit parc récréatif, avec deux toboggans, un carrousel et deux balançoires, est un peu le reflet de la situation des quartiers palestiniens de Jérusalem-Est.

La nouvelle aire de jeux a été aménagée rapidement, en un mois et a coûté 200 000 shekels, apportés par le gouvernement belge via le programme ONU-Habitat. La donation est parvenue au groupe de planification Binkom et à l’organisation de la Communauté.

« La condition était d’installer l’aire de jeux moins de six mois après en avoir fait l’annonce », a expliqué Dafna Saporta, une planificatrice de l’équipe de Binkom pour Jérusalem-Est. « Nous sommes venus à Sur Baher suite à l’initiative de la communauté locale. »

Les résidents du quartier se sont présentés et se sont mis à nettoyer le terrain, ils ont pavé un sentier de promenade et ont aménagé le site de l’aire de jeux. Plus tard, la Ville s’y est mise. Ze’ev Goldberg, le responsable du département Embellissement urbain, a été d’accord pour contribuer à l’aménagement de l’infrastructure du site récréatif, bien qu’il n’ait jamais reçu de permis de bâtir.

Le Tribunal de district de Jérusalem a récemment ordonné à la municipalité d’entreprendre une action urgente et d’aménager des terrains de jeux dans deux quartiers arabes de la partie nord de la ville, à Beit Hanina et à Shoafat. Les résidents de ces quartiers avaient adressé une pétition au tribunal, en citant les quartiers juifs proches qui disposaient de trente fois plus d’aires de jeux par habitant. En général, la plupart des quartiers, dont certains comptent des dizaines de milliers d’habitants, n’ont pas d’aires de jeux. Les rares terrains de jeux existants sont négligés. La Ville a expliqué qu’il était très difficile de trouver des terrains disponibles pour cet usage dans les quartiers palestiniens.

Une aire de jeux a été aménagée récemment à Beit Hanina. Dans ce cas aussi, il a été nécessaire de recourir à l’implication et aux pressions des habitants, qui avaient cédé le terrain à la municipalité.


 

 Publié le 11 février sur Haaretz
Traduction : Jean-Marie Flémal

 

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