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La Plate-forme Charleroi-Palestine présente à «Muslim Expo»

MISE A JOUR :
On trouvera ICI et les échos de ce week-end.

C’est une première: Muslim Expo aura lieu les 6 et 7 février dans les allées de Charleroi Expo. Après deux éditions à Anvers, cette « foire musulmane » arrive donc en Wallonie dans le but d’accueillir près de 10.000 visiteurs sur les deux jours. Objectif aussi: permettre aux non-musulmans de découvrir les musulmans de Belgique au travers d’expositions, d’ateliers, de conférences, de stands et de débats. Contrairement à la Foire musulmane de Tour et Taxis, Muslim Expo n’a pas ou peu de vocation commerciale, l’accent étant davantage mis sur l’échange et la présentation des talents belges de confession musulmane.

Depuis deux ans, Muslim Expo est un événement incontournable en Flandre avec deux éditions à Anvers ayant accueilli jusqu’à 7.000 personnes.

La Plate-forme Charleroi-Palestine, organisation non-confessionnelle qui accueille indistinctement en son sein des personnes et organisations de toutes tendances ou affiliation religieuses ou philosophiques, sera présente à Muslim Expo à Charleroi afin de présenter son action et de sensibiliser le public attiré par cette manifestation à la situation en Palestine et à la campagne BDS, à laquelle elle prend une part active.

Stand de la Plate-forme

Le stand de la Plate-forme Charleroi-Palestine (palais 2) n’attend que votre visite samedi et dimanche

Selon certaines informations, la Ville de Charleroi interdit la venue d’un orateur présenté comme un “prédicateur radical” : Abouzaïd El Mokrie El Idrissi, au motif qu’elle “craint des troubles à l’ordre public du fait que l’homme politique marocain est controversé”. En l’état actuel des informations dont nous disposons nous ne nous prononcerons pas sur la réalité des dites “craintes”, mais on peut quand même relever que quand, comme en juillet 2015, des centaines de supporters violents et racistes d’un club de football israélien débarquent à Charleroi, les autorités de la Ville, loin de les déclarer persona non grata déroule pratiquement le tapis rouge sous leurs pas et éloigne de leur vue tout ce qui pourrait les indisposer.

Nous en avons fait les frais, et cela nous a conduit à lancer une procédure contre la Ville de Charleroi au Conseil d’État.

Il y a peu, les autorités de la Ville ont été obligés d’admettre qu’elles avaient posé des conditions contraires à la loi en réponse à une demande d’autorisation de manifester.

Sans se prononcer de façon catégorique – faute de disposer de tous les éléments nécessaires pour le faire – sur cette nouvelle affaire, on ne peut s’empêcher de craindre que la paranoïa sécuritaire ambiante s’exerce une nouvelle fois aux dépens des droits humains, dont la liberté d’expression est un des plus essentiels aussi longtemps qu’on prétend être dans un régime démocratique.

A cet égard, il faut sans se lasser répéter que la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a maintes fois réaffirmé que la liberté d’expression « vaut non seulement pour les “informations” ouidées” accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent ».

Qui plus est, elle a jugé (dans une affaire concernant des distributions
de tracts) [1] que «dans une société démocratique, même des petits groupes militants non officiels […] doivent pouvoir mener leurs activités de manière effective et il existe un net intérêt général à autoriser de tels groupes et les particuliers en dehors du courant dominant à contribuer au débat public par la diffusion d’informations et d’opinions sur des sujets d’intérêt général» (Arrêt Steel et Morris vs Royaume-Uni, ref 68416/01 – § 89).

On peut aussi rappeler que d’autres communes belges ont déjà connu, dans des cas relativement similaires, des déconvenues salutaires.

L.D.

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