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L’A.P. n’a plus de gouvernement, mais Fayyad succèdera à Fayyad…

Le premier ministre de l’Autorité Palestinienne de Ramallah, Salam Fayyad, a présenté la démission de son gouvernement lundi matin, et  avant la fin de la matinée Mahmoud Abbas l’avait chargé de former un nouveau cabinet.

Cette péripétie intervient alors que le principal négociateur palestinien, Saeb Erekat, avait annoncé sa démission après que l’enquête qu’il avait lui-même exigée ait démontré que c’est dans son bureau que se situe la source des fuites de documents confidentiels révélés par AL-Jazeera concernant à la fois l’ampleur des concessions faites aux Israéliens lors des négociations de 2008 et la nature pour le moins équivoque des relations entretenues par les diginataires de l’A.P. avec l’occupant,  sans oublier la complicité active de l’A.P. dans la liquidation physique par les services israéliens d’un certain nombre de militants palestiniens.

Mais elle survient aussi alors que l’A.P. a annoncé samedi qu’elle entend organiser des élections législatives et présidentielles au mois de septembre.

On se souvient qu’en 2006 des élections – supervisées par des instances internationales qui avaient attesté qu’elles s’étaient déroulées de manière parfaitement régulière – avaient fait subir une lourde défaite au Fatah, les Palestiniens ayant massivement désavoué une Autorité Palestinienne gangrenée par la corruption (ce qui n’est pas sans rappeler les événements récents en Tunisie et en Égypte, à ceci près que dans ces deux pays les résultats des élections étaient, justement, grossièrement falsifiés), et lui préférant le Hamas, qui avait obtenu 74 sièges au Conseil législatif palestinien, contre 45 au Fatah.

Les puissances occidentales s’étaient alors empressées de refuser de reconnaître les résultats, pourtant indiscu­tables, d’élections dont elle avaient exigé avec insistance l’organisation et supervisé les conditions… Les élections c’est bien, mais uniquement quand les vainqueurs sont ceux qu’espéraient l’Oncle Sam et ses puissances vassales.

C’est la volonté conjointe des pays occidentaux, d’Israël et du Fatah d’empêcher à tout prix le Hamas d’exercer le mandat que lui avaient donné les électeurs palestiniens qui a abouti à la sécession de fait de la Bande de Gaza, après une tentative de coup de force armé du Fatah patronnée par les États-Unis.

Aussi le Hamas réagit-il très négativement à l’annonce de nouvelles élections par l’A.P. de Ramallah :  « Cette décision est inacceptable, car Abou Mazen [Mahmoud Abbas] et Fayyad n’ont ni la légitimité ni la compétence de tenir ces élections », a déclaré à l’AFP le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum.

« Nous ne reconnaissons pas ces élections et nous n’y participerons pas … parce qu’elles consolideront la division et ne seront pas dans l’intérêt des Palestiniens », a-t-il dit.

Les élections pour la présidence, l’assemblée législative ou les conseils municipaux « doivent être le résultat d’une réconciliation », a ajouté Barhoum.

« L’OLP dans son état actuel ne représente pas les Palestiniens … l’organisation, dont la structure est faible, est exploitée pour servir de relais à ce genre d’initiatives politiques, et est piratée et contrôlée par le Fatah », a-t-il encore dit.

Un autre porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, a pour sa part, dépeint la décision de l’OLP comme une « farce politique » destinée à couvrir les scandales récemment divulgués via Al-Jazeera.

« Il est impossible d’organiser des élections sans l’approbation du Hamas, et nous ne sommes donc pas face à une annonce sérieuse, mais devant une farce politique visant à couvrir certains crimes et en même temps à redorer le blason d’Abbas. Ils le savent mieux que quiconque », a-t-il ajouté.

 

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