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L’A.P. financièrement asphyxiée ?

Le « miracle économique » dont se prévaut le gouvernement de Salam Fayyad, le premier ministre dont le FMI a fait généreusement don à l’Autorité Palestinienne de Ramallah, paraît connaître quelques ratés, ce qui n’est guère étonnant puisque l’A.P. est toujours dans une situation de double dépendance : vis-à-vis de l’aide internationale, en premier lieu, et vis-à-vis de l’occupant israélien ensuite, qui collecte les taxes et – selon son bon plaisir – les lui rétrocède au compte-goutte.

Le compte-gouttes est probablement une fois de plus bouché, en cette période où le gouvernement israélien s’inquiète et s’irrite à la fois des efforts diplomatiques palestiniens pour obtenir la reconnaissance de la Palestine « dans les frontières 1967, avec Jérusalem-est pour capitale« , et surtout de leur succès apparent.

Toujours est-il que l’A.P. a des fins de mois difficiles.

Lundi, des entrepreneurs et les représentants de leur union professionnelle ont manifesté leur mécontentement et leur inquiétude devant les bureau du Ministres des Finances de l’Autorité Palestinienne à Ramallah, rapport l’agence de presse Maan. Ils se plaignent des retards de paiement de l’A.P., qui leur doit – selon leur union professionnelle ) environ 200 millions de shekels (environ 50 millions d’Euros) pour des travaux effectués à la demande du gouvernement, ce qui les met dans une situation intenable. Eux-mêmes sont menacés de faire faillite.

Un conseiller du Premier ministre Salam Fayyad s’est entretenu avec eux, et leur a proposé de rencontrer le chef du gouvernement mardi « afin de discuter du problème« , mais les entrepreneurs ont refusé cette proposition, proclamant qu’ils veulent de l’argent et non « discuter« .

Le porte-parole de l’A.P. a déclaré que « le gouvernement commencera à payer la semaine prochaine« , sans préciser à quel rythme.

Un dirigeant de l’union des entrepreneurs, Adel Auda, a indiqué que les entrepreneurs refusent de participer aux appels d’offre émis par l’A.P. depuis deux mois, et qu’ils continueront ce boycott aussi longtemps que les dettes du gouvernement n’auront pas été apurées.

Il a menacé de se plaindre aux donateurs internationaux, tels que l’Union européenne et la Banque Mondiale, et a suggéré que les entrepreneurs pourraient demander à être payés directement par les donateurs, sans plus que l’argent transite par l’A.P. (la corruption qui règne dans l’administration de Ramallah est de notoriété publique).

 

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