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La liberté d’expression (encore) au menu du Conseil communal de Charleroi

CCCAprès les événements du mois de juillet, à la suite desquels un recours a été déposé au Conseil d’État, la Plate-forme Charleroi-Palestine a connu, fin décembre, de nouveaux problèmes liés à la liberté d’expression.

Pour résumer : l’autorité communale a posé comme condition à l’exa­men d’une demande d’autorisation de manifester que le contenu du tract lui soit préalablement communiqué. A la fois une tentative de censure préalable et une volonté d’attribuer à la police une compétence qui n’appartient qu’au pouvoir judiciaire, et qui au surplus ne peut s’exercer qu’à posteriori en répression d’éventuels abus.

La Plate-forme Charleroi-Palestine n’a pas cédé à cette exigence et a contesté la légalité de la mesure.

Elle a écrit à la police administrative et au bourgmestre et a été reçue par son chef de cabinet  le 14 janvier. Lors de cet entretien, une lettre de l’Échevine déléguée lui a été remise, reconnaissant que la Ville n’avait pas respecté le droit à la libre expression.

Le débat s’est aussi poursuivi au Conseil communal du 25 janvier. Tous les conseillers communaux avaient reçu un courrier de la Plate-forme attirant leur attention sur le problème.

Comme les fois précédentes, les conseillers de la majorité n’ont pas réagi, et ce sont Sofie Merckx, conseillère PTB et Xavier Desgain, conseiller ECOLO qui interviennent.

Sofie Merckx fait remarquer que c’est le deuxième incident problématique en peu de temps et que la Ligue des Droits de l’Homme estime que les exigences de la Ville sont abusives. Xavier Desgain fait le lien avec le fait que le marché dominical et les autres marchés publics ne sont plus accessibles aux groupements citoyens comme auparavant et se demande si dans le passé il y a eu d’autres abus de pouvoir de la part de l’administration.

Le bourgmestre Paul Magnette est clair dans sa réponse : la Ville de Charleroi reconnaît ses erreurs et a donné des instructions à ses services pour que de pareilles situations ne se reproduisent plus. La Plate-forme Charleroi-Palestine prend acte de ces déclarations de bonnes intentions et attend qu’elles se traduisent dans la réalité.

Entretemps, la procédure en cours devant le Conseil d’État à propos de l’Arrêté de police du 15 juillet 2015 se poursuit, bien évidemment.

Vous pouvez suivre le débat sur la vidéo à partir de 2.04.50.

M.D.L.

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