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La journée de la Terre en Palestine. « 40 ans après, c’est ici notre terre ! »

Ziad medoukh

Journée de la Terre 3

C’est ici notre terre, nous ne partirons pas, nous resterons attachés à cette terre sacrée de Palestine, nous y poursuivrons notre résistance quelles que soient les mesures de l’occupation ! Nous y poursuivrons notre existence jusqu’à la liberté et l’indépendance, jusqu’à la fin de l’occupation israélienne, jusqu’à l’instauration d’une paix juste et durable dans notre région …

C’est le message  de tout un peuple palestinien  existant et résistant, message adressé au monde entier, et en particulier aux forces de l’occupation israélienne,  chaque année, le 30 mars,  Journée de la Terre et de la résistance en Palestine.

Notre peuple  commémore  cette journée partout où il y existe. C’est  la journée de l’attachement à ses racines et à son histoire, cette histoire profondément marquée par la résistance et l’affrontement à l’occupant qui continue de lui voler ses champs et ses arbres, ses ressources, ses maisons et sa terre.

Les Palestiniens qui vivent dans les territoires de 1948, ceux des territoires de 1967, sans oublier ceux de l’exil, montrent par cette commémoration les liens qui les unissent tous.

Le 30 mars 1976, des Palestiniens, civils et paysans, ont été tués par les forces de l’occupation alors qu’ils manifestaient pacifiquement contre la confiscation de leur terre par l’administration israélienne. Et depuis, pour rendre hommage à ces victimes, pour montrer l’attachement des Palestiniens à cette terre, ceux-ci commémorent chaque année cette répression sanglante. 

40 ans après, et dans une conjoncture difficile et instable dans notre  région en général et dans les territoires palestiniens en particulier, marquée par le déclenchement d’un soulèvement populaire contre les forces de l’occupation depuis plus de six mois, par  la poursuite de la souffrance des Palestiniens en Cisjordanie , dans la bande de Gaza, et partout en Palestine, avec le Mur, la colonisation, et les check-points  en Cisjordanie, les attaques et les agressions israéliennes permanentes, le blocus et la fermeture des frontières dans la bande de Gaza, et les lois racistes et discriminatoires  contre les Palestiniens de 1948, mais surtout, devant l’absence de perspectives pour l’avenir, les Palestiniens sont plus que jamais déterminés à faire aboutir leurs revendications nationales.

Ils vont poursuivre leur résistance, sous toutes ses formes, afin de vivre libres sur leur terre. 

Par cette résistance et par cet attachement à leur terre, ils visent  la création d’un Etat libre et indépendant où l’on puisse vivre une paix  juste et durable.

A cette occasion, nous confirmons notre attachement à nos racines, et à notre terre. Elle est ici. Elle est ici notre patrie. Nous ne partirons pas, en dépit des mesures atroces de l’occupation, en dépit de toutes les difficultés, de toutes  les souffrances, et en dépit de ce silence d’une communauté internationale officielle complice.  Nous allons continuer à donner  notre sang  pour notre terre de  Palestine.

Ici, notre terre,

Ici, nos racines,

Ici, notre histoire,

Ici, notre vie, notre avenir,

Et ici, notre Palestine !


 

Ziad Medoukh

Ziad Medoukh est directeur du département de français à l’Université Al Aqsa de Gaza et coordinateur du Centre de la Paix de Gaza. Il vit à Gaza. Il a terminé ses études de didactique du français à l’université de Paris VIII où il obtint en 2009 un doctorat en Sciences du Langage. Il est l’auteur de nombreuses publications concernant l’enseignement du français en Palestine et aussi la non-violence. Il est l’auteur de Gaza, Terre Des Oubliés, Terre Des Vivants, 70 poèmes de la paix palestinienne.

D’autres articles de Ziad Medoukh ou parlant de lui, publiés sur ce site

La Journée de la Terre, Youm al-Ard, le 30 mars, est un jour de commémoration pour le peuple palestinien marquant le souvenir des événements de ce jour en 1976.

Le 19 février 1976, le gouvernement israélien annonça sa décision de confisquer 25 000 dunums de terre en Galilée. À la suite de cette décision, les Palestiniens d’Israël répliquèrent par la grève générale, suivant le mot d’ordre lancé par la Conférence Nationale pour la Défense des Terres Arabes (front constitué en septembre 1975, réunissant des villageois, maires et conseillers municipaux des principaux villages arabes, en Galilée et dans la région du Triangle, la seconde région de peuplement arabe en importance à l’intérieur d’Israël) avec les chefs traditionnels de la communauté druze et chefs tribaux des bédouins du Néguev. En dépit des pressions, des menaces et d’une campagne hostile menée par la presse israélienne, la grève eut lieu le 30 mars. La présence de l’armée israélienne transforma la grève en manifestation, puis en révolte. En même temps, les Palestiniens de Cisjordanie et Gaza se mirent en grève, en solidarité avec leurs frères, citoyens d’Israël. Bilan de la journée : 6 morts, une centaine de blessés et des centaines d’arrestations. Cette logique de confiscation des terres a conduit progressivement les Palestiniens d’Israël à se découvrir, comme les autres palestiniens, victimes du même processus de dépossession qui ne se poursuit pas seulement dans les Territoires occupés mais en Israël même, en Galilée et au Neguev.

 

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