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La Grande-Bretagne refuse de garantir l’immunité au criminel israélien Shaul Mofaz

Voici revenu le temps où les officiels israéliens qui voyagent en Europe se demandent à chaque instant s’ils ne vont pas se retrouver emprisonnés et contraints de rendre des comptes pour leurs crimes. Avant de poser un orteil dans un pays européens, ils cherchent en tous cas à obtenir des garanties d’immunité… . Mais les temps sont durs…

Ainsi le gouvernelent britannique vient-il, selon le journal Haaretz, de refuser d’accorder une quelconque immunité à l’ancien ministre israélien de la « Défense » Shaul Mofaz, qui se rendait à Londres samedi dernier pour participer à une conférence. Avant d’entreprendre ce voyage, Mofaz avait demandé au ministère des Affaires étrangères de son pays d’obtenir la garantie des autorités britanniques qu’il ne serait, à cette occasion, ni poursuivi ni mis en détention. Tout indique que les dirigeants israéliens sont conscients que la déjà bien trop longue ère où ils ont bénéficié d’une impunité absolue dans les pays occidentaux « amis » touche à sa fin.

L’ambassade israélienne à Londres, quoique n’ayant connaissance d’aucun mandat d’arrêt visant Mofaz, s’est montrée contrariée et inquiète de ce refus du gouvernement britannique, et a jugé que le déplacement de l’ancien ministre devenait, de ce fait, « plus risqué« , dit le quotidien israélien. Ils n’ont évidemment pas oublié les mésaventues connues dans le passé par Tzipi Livni, Amir Peretz, Danny Rothschild, Dan Meridor, Doron Almog, et quelques autres.

Shaul Mofaz, inquiet à l'idée de connaître les prisons européennes de l'intérieur.

Shaul Mofaz, inquiet à l’idée de connaître les prisons européennes de l’intérieur.

A son arrivée dans la capitale britannique, Mofaz n’a cependant connu aucun problème particulier. Officiellement, le refus britannique de garantir l’immunité de Mofaz est justifiée par le fait qu’il voyageait en tant que personne privée, et que son voyage n’était en aucune manière une « mission diplomatique« .

Il y a quelques années, la Grande-Bretagne a modifié sa législation, rappelle Haaretz, afin de rendre plus difficile des poursuites contre de hautes personnalités étrangères suspectées d’avoir commis des crimes à l’extérieur du territoire britannique. La loi actuelle prévoit en particulier que tout mandat d’arrêt émis dans un pareil cas de figure doit ête approuvé par le Ministre de la Justice.

Mofaz était chef d’état-major de l’armée israélienne durant la seconde Intifada et il commandait l’armée durant l’opération « Bouclier défensif » en Cisjordanie. Il s’agit de la plus vaste opération militaire israélienne en Cisjordanie depuis 1967, en mars 2002, consistant notamment à assiéger Yasser Arafat dans les bâtiments qu’il occupait à Ramallah, à multiplier les incursions meurtrières dans toutes les localités palestiniennes de quelque importance, et à réoccuper plusieurs d’entre elles. Cette opération a notamment été marquée par le massacre de Jénine.

Bilan de l’opération « Bouclier défensif » : env. 500 Palestiniens tués et 1500 blessés.

Peu après, Mofaz avait quitté l’armée et était devenu Ministre de la défense du gouvernement dirigé par Ariel Sharon.

Probablement un très bon « client » pour la Cour Pénale Internationale…

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