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La FGTB propose l’exclusion de la Histadrout de la Confédération Syndicale Internationale

Le Congrès de la FGTB a voté une “motion d’actualité” à propos de la Palestine. Elle se dit “profondément choquée et indignée” l’attaque par l’armée israélienne du convoi maritime apportant 10.000 tonnes d’aide humanitaire à Gaza, et réclame des responsables politiques belges et de l’Union Européenne une condamnation claire. Et aussi qu’ils “agissent en conséquence”.

Cela signifie notamment que la FGTB réclame “l’arrêt de tout commerce d’armes avec Israël”, “l’arrêt de l’importation de biens produits dans les colonies en territoire occupé” (ce qui revient à s’associer à la campagne BDS, même si le terme n’est pas cité), et l’arrêt des “campagne de soutien de la coopération économique avec Israël”.

La FGTB rappelle que “la population et les travailleurs en particulier sont victimes, de la part l’État d’Israël, de discriminations, d’exploitation au travail, d’entraves à la libre circulation et de violations de la législation du travail”.

ESCROCS

Il faut noter que non seulement la Histadrout soutient la politique de son gouvernement vis-à-vis des Palestiniens, mais qu’elle s’est livrée à une escroquerie caractérisée envers les travailleurs palestiniens pendant des dizaines d’années. En effet, des cotisations ont été ponctionnées “à la source” sur les salaires des milliers d’ouvriers palestiniens qui travaillaient dans des entreprises israéliennes et versées à la Histadrout, alors que celle-ci n’a jamais assuré la défense de ces travailleurs. Cela représente des dizaines de millions de dollars indûment empochés par la Histadrout.

Un des volets des “accords d’Oslo” prévoyait la restitution de ces sommes énormes, au bénéfice des syndicats palestiniens de la PGFTU.  Seule une très faible partie en a été effectivement reversée, après quoi les syndicats israéliens – à l’instar de ce qu’a fait leur gouvernement – ont refusé d’honorer leurs engagements.

L.D.

Aux yeux de la FGTB, “l’État israélien impose au peuple palestinien une politique d’apartheid sembla à celle appliquée en Afrique du Sud” dans le passé. Pour mémoire, l’apartheid est – juridiquement parlant – un crime contre l’humanité, et comme tel il est imprescriptible.

Elle condamne aussi spécifiquement le sort fait à la population de la Bande de Gaza, et en particulier les entraves mises par Israël à la réparation des dégâts causés par son agression qui, il y a quinze mois, a fait 1.450 morts, en dont une énorme proportion de femmes et d’enfants.

Pour la FGTB, “dans de telles circonstances, un développement économique, politique et social n’est pas réalisable. Développer un mouvement syndical est impossible dans une économie de survie.”

L’organisation syndicale se prononce donc pour “la relance des négociations entre israéliens et palestiniens avec pour objectifs la création – aux côtés de l’État israélien – d’un État palestinien viable, continu et indépendant dans les «frontières» de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale, dans le respect du droit international et des résolutions des Nations-Unies”.

Elle réclame donc, logiquement, le démantèlement des colonies juives de Cisjordanie, la fin du blocus de Gaza, le démantèlement du “Mur de l’apartheid”, et le respect du “droit au retour” des réfugiés palestiniens, conformément à la résolution 194  de l’Assemblée Générale des Nations-Unies.

Enfin, le congrès de la FGTB constate que la centrale syndicale israélienne Histadrout – qui fait pratiquement partie de l’appareil d’État – soutient sans réserve la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens. Il demande donc que la FGTBexige” de la Histadrout qu’elle se distancie “clairement de la politique menée par le gouvernement israélien, faute de quoi cela devrait entraîner sa mise à l’écart de la CSI (Confédération Syndicale Internationale), pour non respect de la déontologie syndicale”.

Le congrès de la FGTB s’est prononcé pour la poursuite “de la politique de solidarité avec le PGFTU”, à laquelle la FGTB et certaines centrales syndicales affectent plusieurs dizaines de milliers d’Euros par an.

Pour l’organisation syndicale, la Belgique doit s’engager à mettre à profit la période la présidence belge de l’Union Européenne pour engager l’Union Européenne dans la voie qu’elle a ainsi tracé.

 

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1 Trackbacks & Pingbacks

  1. La Histadrout, ce bien étrange syndicat, toujours pas exclu de la Confédération Syndicale Internationale – Pour la Palestine

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