Dans l'actu

La famille Abed Rabbo, victime de la terreur israélienne

Le 7 janvier 2009, lors de l’agression israélienne contre Gaza, les enfants de  la famille Abed Rabbo, sont abattus par des soldats israéliens. Samar sera soignée en Belgique. Ses deux sœurs, Amal (2 ans) et Souad (7ans) mourront sous les balles israéliennes.

Khalid, le père de Samar, et son fils, sont arrivés en Belgique le 7  janvier, exactement un an après l’incident. La famille, enfin réunie, habite Bruxelles. « Un an de grandes souffrances que cette séparation mais cela ne pèse
plus rien par rapport au résultat » nous dit-il, regardant Samar. En effet, Samar, est une petite fille très vivante, gaie et souriante. Si elle n’était clouée dans sa chaise roulante, personne ne pourrait douter qu’il y a un an, elle avait été considérée comme morte et reprise dans la liste des martyrs sous le n° 75.

Après avoir tiré sur les enfants et leur grand-mère, les soldats israéliens ont empêché pendant 2 heures qu’on leur vienne en aide. Ils disaient que cela ne valait pas la peine, qu’elle était morte. A ce moment, elle a bougé. Son oncle l’a alors portée jusqu’à l’hôpital à pied, à deux kilomètres de là. 1

Les médecins étaient très pessimistes quant à ses chances de survie. Un chirurgien norvégien s’en est occupé et il ne l’a pas quitté durant 24h. Puis Samar a eu la chance d’être parmi les enfants pris en charge pour être soignés
en Belgique « Si elle était restée là-bas, elle serait morte » estime Khalid.

Elle a été touchée 4 fois par des balles de type dum-dum, qui explosent au contact de la « cible ». La colonne vertébrale a été touchée. Khalid nous montre une photo de Samar avec un grand trou dans le dos. Nous sommes sidérés.

Balles bactériologiques?

La grand-mère, blessée lors de l’incident, a grossi énormément depuis lors. Elle a aussi des problèmes de peau. Il a fallu 40 jours pour nettoyer le sang de Samar. Khalid soupçonne les Israéliens d’utiliser des “balles bacté­rio­logiques”. « C’est en effet un miracle » estime sa mère Kawtar « Samar n’a jamais pleuré. Sa bonne humeur malgré sa situation tragique a ému médecins, psychologues et journalistes ».

L'armée israélienne prend les ambulances palestiniennes pour cible privilégiée, ainsi que les enfants

L’armée israélienne prend les ambulances palestiniennes pour cible privilégiée, ainsi que les enfants

« Je ne m’explique pas sa force, dit Khalid, elle s’accroche de plus en plus à la vie, devient de plus en plus souriante ». Ses sœurs Amal et Souad ont eu moins de chance. « Amal aurait pu être sauvée, si les Israéliens avaient autorisé l’aide immédiatement » estime Khalid. Un voisin est arrivé très vite avec une ambulance. Les soldats israéliens l’ont obligé à se déshabiller puis à se rhabiller et à partir. Son ambulance a été écrasée probablement par un char.

« Les soldats israéliens visent en particulier les enfants », s’insurge Khalid. « Sur injonction des soldats qui encerclaient le quartier, nous sommes tous sortis, avec le drapeau blanc. Ils n’ont tiré que sur les enfants, pas sur nous ».

L’ONG américaine  Human Rights Watch a publié un rapport à ce sujet [en, ]intitulé « La tuerie des
drapeaux blancs ».

« Nous avons eu de la chance, poursuit Khalid, Samar est vivante. Beaucoup de familles ont été assassinées sans qu’on en parle. Les Israéliens faisaient s’effondrer des buildings habités. Beaucoup de familles entières ont été enterrées vivantes. »

Que demande la famille après une telle tragédie ? « Nous voulons que le monde sache » s’exclame Khalid. En Israël, 5 enquêtes ont été engagées par des tribunaux : une sur l’école de l’ONU bombardée, une sur le bombar­dement d’une boulangerie, 2 pour des ambulances ciblées et une sur l’affaire de la famille  Abed Rabbo. Khalid a été entendu 3 fois par un juge. Mais il n’a pas l’impression que les juges étaient vraiment intéressés à instruire l’affaire et ne croît pas que celle-ci aboutira à des condamnations. « Le monde doit savoir à quel point dire qu’Israël combat le terrorisme est un mensonge » déclare Khalid. « Le Hamas est toujours là. Ils n’ont fait que
détruire nos maisons, nos terres, nos enfants. Ils veulent diviser les Palestiniens. Ils n’en ont tiré aucun autre bénéfice. »

Condamnée à rester en Belgique, Samar a besoin de soins toutes les deux heures. « C’est une question de vie ou de mort » soupire Khalid. Toute la vie de la famille tourne autour d’elle. A l’école, ils ont prévu une toilette spéciale pour elle. Ils doivent passer à l’école pour lui procurer des soins. « C’était dur de quitter Gaza, dit Khalid, qui découvre la neige, mais nous n’avons pas le choix ». La famille remercie le gouvernement belge de l’avoir accueillie et les nombreuses personnes qui leur sont venues en aide.


Extrait d’un article publié dans l’hebdomadaire Solidaire, le 12 janvier 2010.

Print Friendly, PDF & Email

Notes   [ + ]

1. Le rapport Goldstone, rédigé par une mission d’enquête sur l’agression israélienne contre Gaza, à la demande du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, décrit les faits p.218-221, n°s 768-777 sous le chapitre « actes délibérés contre la population civile »