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La conférence sur les études féminines et de genre en Thaïlande coupe les liens avec l’«université» israélienne d’Ariel

La  Campagne de Solidarité avec la Palestine (PSC) en Thaïlande et la campagne BDS saluent la décision de principe de l’Université Kasetsart de Bangkok et du Centre International de Recherche et de Développement (ICRD) de mettre fin à tous leurs liens avec l’«université» israélienne d’Ariel en vue de la prochaine Conférence internationale sur le genre et les études féminines (29-30 juin 2018).

La campagne BDS-Thaïlande et PSC-Thailand ont été informés il y a quelques semaines par des universitaires que l’Université d’Ariel était partenaire de la conférence prévue du 29 juin au 30 juin 2018 à l’Université Kasetsart.

En plus de ce partenariat officiel, le professeur Mally Shechory-Bitton, vice-recteur, chef du département de criminologie de l’université d’Ariel, a été annoncé comme «président académique de la conférence» et également comme «conférencier principal» et membre du “Comité scientifique international” de la conférence.

Avec le soutien des universitaires et de la Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI), la campagne BDS-Thailand et PSC-Thailand ont contacté les autorités de l’Université Kasetsart et le Centre International de Recherche et de Développement (ICRD) pour leur demander de renoncer à ce partenariat avec l’Université d’Ariel et de révoquer l’invitation au Professeur Mally Shechory-Bitton.

Le mouvement BDS cible les institutions pour leur complicité dans l’oppression israélienne des Palestiniens, et non des individus. Dans le cas du professeur Mally Shechory-Bitton, l’appel à retirer son invitation était justifié en raison de son rôle en tant que représentant d’une institution engagée dans la colonisation et dans de graves violations du droit international.

BDS-Thaïlande et PSC-Thailand ont soulevé en particulier le fait que l’Université d’Ariel est une “université” israélienne située dans une colonie israélienne illégale dans le territoire palestinien occupé, en plein cœur de la Cisjordanie, et donc construite sur des terres palestiniennes volées. Selon le droit international, le transfert de population de l’État occupant dans le territoire occupé et la création de colonies constituent un crime de guerre.

Les colonies de peuplement israéliennes ont été déclarées à plusieurs reprises illégales en droit international par des institutions des Nations Unies telles que le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et la Cour internationale de Justice. Fournir un lieu à un événement organisé, même en partie, par une université colonisatrice impliquée dans des crimes de guerre aurait impliqué une forme de complicité de l’Université Kasetsart et de l’ICRD et aurait profondément nui à leur réputation.

Après un échange de courriels et de lettres, l’Université Kasetsart et l’ICRD ont décidé d’annuler le partenariat avec l’Université d’Ariel et l’invitation adressée au professeur Mally Shechory-Bitton. Cette sage décision a été prise rapidement et est conforme au droit international et à la position de l’État thaïlandais qui a constamment voté pour les résolutions de l’ONU déclarant illégales les colonies israéliennes et a reconnu la Palestine en tant qu’État souverain.

Pour mémoire, la transformation du “collège d’Ariel”, installé dans une colonie juive comptant près de 20.000 habitants, dans un premier temps en “centre universitaire” dépendant de l’université Bar Ilan, puis en université de plein exercice sans qu’elle en ait les caractéristiques essentielles, fut un acte motivé par des considérations essentiellement politiques et a suscité la controverse dans la communauté académique en Israël même.

Le Conseil des présidents des universités israéliennes avait pris position contre cette décision (qui impliquait un financement public accru), qui n’était pas motivée par des considérations scientifiques ou pédagogiques, mais par la volonté de consolider politiquement la colonie d’Ariel et par voie de conséquence toute l’entreprises de conquête coloniale de la Cisjordanie.

La controverse a pris des proportions telles que le processus de changement de statut a pris cinq ans, et que la reconnaissance des diplômes délivrés à Ariel a été différée. C’est finalement Ehud Barak qui, en  2012, a tranché en faveur du statut d’université à part entière, en sa qualité de… Ministre de la Défense. Cela indique assez la nature de cette singulière “université” coloniale.

 

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