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La CGT proteste contre les actes de piraterie israélienne

La CGT a publié ce lundi un communiqué  protestant contre les actes de piraterie pratiqués par les forces israéliennes, ainsi que les arrestations de syndicalistes à cette occasion (voir ci-dessous)

Pour rappel, deux bateaux de la Freedom Flotilla ont été attaqués par la marine de guerre israélienne dans les eaux internationales, l’Awda (le Retour) avec 22 personnes à son bord, puis le Freedom (Liberté) transportant 12 personnes.

Le Freedom a été entouré par « 12 vaisseaux militaires avec des centaines de soldats armés », ont indiqué ses passagers qui avaient entrepris de briser le blocus de Gaza, pour attirer l’attention sur la situation illégale et inhumaine imposée par Israël à ses 2 millions d’habitants.

Les commandos israéliens ont commis de graves violences sur les passagers, les ont frappés, taserisés, avant de les emprisonner pendant plusieurs jours à la prison de Givon, de leur voler leur argent, leurs cartes de crédit, leurs téléphones, et leurs ordinateurs.

Les deux bateaux ont également été confisqués « pour qu’ils ne tombent pas dans les mains du Hamas » (sic !)

Swee Ang

Parmi les membres de l’équipage, une chirurgienne orthopédiste britannique de 69 ans, Swee Ang, qui a été blessée, tandis que le capitaine du bateau Herman Reksten a déclaré à son retour en Norvège : « J’ai encore mal à la tête pour avoir été frappé en prison. »

Les commandos de la mort, qui avaient tué 9 militants humanitaires turcs sur le Marmara fin mai 2010, ont également jeté des passagers du pont supérieur au pont inférieur, et leur ont lié les mains de manière très serrée et douloureuse.

Mike Treen, un militant et un dirigeant syndical de Nouvelle Zélande a dit lors de son retour à Auckland que les membres des commandos israéliens portaient des cagoules.

« En prison, nous avons été privés de sommeil, des gardiens venant toutes les heures nous obliger à nous lever et nous menaçant. Je n’ai pas pu avoir accès à mes médicaments après avoir été frappée à la tête », raconte Divina Levrini, l’une des militantes suédoises déportées.

Divina Levrini

Le comble : la déportation de l’ensemble des militants à bord de ces deux bateaux s’est faite au motif d’une « entrée illégale en Israël » !

« Il y a une similarité notable avec la capture du Arctic Sunrise par les forces russes en 2013 », observe Phil Ball, un militant britannique et un grimpeur à bord du vaisseau Greenpeace en 2013 et par conséquent emprisonné en Russie pendant deux mois. « Mais dans notre cas, l’indignation internationale a conduit à certaines mesures de justice. Ici nous avons un autre bateau civil non armé, transportant cette fois de l’équipement médical, qui a été agressivement arraisonné dans des eaux internationales, et la communauté mondiale ne présente pas le même niveau de responsabilité. »

Mais tous les militants déclarent que leur détermination à soutenir les Palestiniens et à lutter pour la levée du blocus est encore plus forte désormais.

La CGT proteste contre les actes de piraterie pratiqués par les forces israéliennes, ainsi que les arrestations de syndicalistes à cette occasion

Lundi 6 août 2018

Suite à un nouvel arraisonnement d’un navire par les autorités israéliennes, la CGT exige que le gouvernement français s’engage — entre autres — à saisir les organisations internationales afin que le gouvernement israélien soit condamné lourdement et qu’il cesse ses actions intempestives et illégales.

Dans la nuit du vendredi au samedi 4 août, le Freedom, deuxième bateau de la « Flottille de la Liberté » a été arraisonné dans les eaux internationales. Les assaillants qui ont pratiqué un acte de piraterie étaient les forces spéciales israéliennes, sous commandement du gouvernement d’Israël. À l’occasion de cet arraisonnement, Pascal Maurieras, marin CGT qui participait à cette mission humanitaire pacifique, a été violemment interpellé, frappé et jeté dans une prison israélienne.

Lors de l’arraisonnement du premier bateau — Al Awda — c’est Mike Treen, syndicaliste néo-zélandais de Unite, adhérant à NZCTU — New Zealand Council of Trade Unions — et à la CSI —Confédération syndicale internationale — qui a été interpellé et très violemment frappé par les agresseurs, entraînant des blessures importantes. Ces agressions, violences à l’encontre de syndicalistes et enfermements doivent cesser immédiatement. Il semble que Pascal Maurieras sera expulsé aujourd’hui vers la France même si aucune confirmation ne nous a été donnée.

La CGT s’étonne du peu de réactivité du gouvernement français pour faire respecter les règles de droit international, du peu d’empressement que le ministère des Affaires étrangères a montré pour demander des nouvelles et la libération de notre compatriote. La CGT pense qu’une fois de plus, les gouvernements français et israélien font preuve d’une volonté de criminaliser l’action syndicale, et que cela relève des discriminations syndicales.

La CGT exige que le gouvernement s’engage :

  • à faire libérer sans délais Monsieur Maurieras, ainsi que toutes les autres victimes, qui étaient toutes et tous sur ce navire pour une mission humanitaire et pacifique ;
  • à faire cesser au plus vite ces actes de pirateries répétitifs en prenant toutes les mesures protectrices nécessaires pour assurer la sécurité des missions humanitaires et pacifiques. Pour rappel, Madame Sarah Katz, ressortissante française, a déjà été victime d’un acte de piraterie à bord du navire Al Awda, le 29 juillet, acte de piraterie revendiqué par le gouvernement Israélien et son armée ;
  • à saisir les organisations internationales afin que le gouvernement israélien soit condamné lourdement et qu’il cesse ses actions intempestives et illégales ;
  • à ce que la France et les organisations internationales exercent de vraies actions pour faire respecter les droits des Palestiniens, victimes depuis a minima 1948.

Montreuil, le 6 août 2018


Source : Europalestine et CGT
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