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La Belgique a trouvé la bonne excuse pour stopper son aide aux écoles en Palestine occupée (MàJ)

La RTBF communique que

« La Belgique ne coopérera plus avec le ministère palestinien de l’Education aussi longtemps que des écoles palestiniennes porteront le nom de terroristes, a confirmé vendredi le ministre de la Coopération, Alexander De Croo. Les budgets alloués à la construction d’écoles seront suspendus mais la Belgique demeurera active dans les Territoires palestiniens et continuera à contribuer à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA selon son acronyme anglais).

L’an passé, une école dont la Belgique a financé la construction a changé de nom pour recevoir celui de Dalal Mughrabi, une militante palestinienne qui a participé en 1978 à une prise d’otages dans un bus qui a coûté la vie à 38 Israéliens. La Belgique a entamé des démarches auprès des autorités palestiniennes pour annuler ce changement de nom car elle ne peut accepter en aucune manière la mise à l’honneur de terroristes. La requête n’a pas eu d’effet et le nom de la militante a même été donné à deux autres établissements, non soutenus par les autorités belges.

La coopération est maintenue dans les autres domaines, notamment l’amélioration des droits de l’homme, le développement du secteur privé, l’entrepreneuriat digital, etc. »

Dalal al-Mughrabi était une combattante pour la liberté de son peuple. Elle était née en 1958 au camp de réfugiés de Sabra au Liban. A 20 ans, elle n’avait encore jamais vu sa patrie avant l’heure de sa mort. Elle dirigeait un groupe de 12 combattants le 11 mars 1978 dans l’une des attaques les plus commentées qui furent jamais menées contre les forces israéliennes, voici 40 ans.

Elle allait inspirer des milliers de jeunes femmes palestiniennes et libanaises qui allaient suivre ses traces par la suite. Dalal est toujours perçue par les Palestiniens et les Arabes comme une héroïne et une combattante exceptionnelle.

Dans un message envoyé peu de temps avant sa mort, Dalal avait demandé aux factions palestiniennes de pointer leurs armes sur leur ennemi – Israël, et de ne pas s’impliquer dans des querelles internes. Elle allait inspirer des milliers de jeunes femmes palestiniennes et libanaises qui allaient suivre ses traces par la suite.

Pour Israël et ses amis, Dalal al-Mughrabi est une terroriste. Pour le peuple palestinien et ceux qui le soutiennent, une combattante pour la liberté de son peuple.

La Belgique a donc trouvé la bonne excuse pour stopper son aide aux écoles en Palestine occupée. Rappelons que par contre, elle n’a jamais sanctionné Israël pour les infrastructures payées par les contribuables belges (ou l’UE) et détruites par Israël.

Ci-dessous la lettre d’un citoyen belge au Ministre de la Coopération Decroo :

Je viens d’apprendre que vous avez décidé de suspendre l’aide aux écoliers palestiniens : La Belgique ne coopérera plus avec le ministère palestinien de l’Education aussi longtemps que des écoles palestiniennes porteront le nom de terroristes. Les budgets alloués à la construction d’écoles seront suspendus.

Conviendrez-vous avec moi que “un terroriste est un individu qui fait usage de la violence en vue de créer un climat d’insécurité et frapper l’opinion publique” et que “un résistant est une personne qui s’oppose à l’occupation de son pays”?
Si c’est le cas, comment pouvez-vous considérer que les Palestiniens qui s’opposent à l’occupant ne sont pas des résistants, mais des terroristes?

Dois-je vous rappeler qu’au cours des dernières guerres subies par notre population, de nombreux “terroristes” (c’est ainsi que les SS les qualifiaient) ont usé de la violence contre les occupants allemands : exécutions sommaires de civils collabos, dynamitages de trains (270 soldats allemands tués dans l’attentat de Oud-Herverlee), sabotages d’usines, assassinats de militaires… Etc.

Au cas où vous vous conformeriez à la qualification prônée par vos collègues Netanyahu et Lieberman je vous propose de l’appliquer aussi aux “terroristes” belges et de déboulonner rapidement les statues de Gabrielle Petit et d’Edith Cavell, de faire enlever les plaques de rue portant les noms de Haulot, Jospa, Kerkhofs, Baucq, Renard, De Jong, Motquin, Ugeux… Quelques dizaines d’autres “terroristes” qui ont osé attaquer nos occupants.

Si ce n’est pas le cas, il vous faut bien alors admettre que la “terroriste” Dalal Mughrabi, cette Palestinienne qui a participé en 1978 à une prise d’otages dans un bus qui a coûté la vie à 38 Israéliens, est une “résistante”… Comme le pensait d’ailleurs Marek Edelman, un des héros de l’insurrection du ghetto de Varsovie, qui utilisait le mot de “partisans” quand il parlait de ceux qui luttaient contre le régime sioniste et son projet de nettoyage ethnique.

Monsieur le Vice-Premier Ministre, ne voyez aucune animosité dans ce courrier.
Je veux croire que vous êtes peu, ou mal, informé sur la douloureuse réalité que vit ce peuple depuis plus de septante ans et que vous êtes guidé par une éthique réclamant la justice pour chaque être humain.
En espérant que vous voudrez l’appliquer aussi pour le peuple palestinien.

Rudi Walgraeve-Barnet

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