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Khalida Jarrar remise en liberté très surveillée par Israël, après 20 mois de détention arbitraire

La dirigeante nationale palestinienne, parlementaire, féministe et militante de gauche, Khalida Jarrar, a été libérée de la prison israélienne ce jeudi 28 février 2019 au matin, après 20 mois d’emprison­nement arbitraire, sans inculpation ni jugement, sous le régime de la détention administrative.

Dans une interview donnée immédiatement après sa libération, Khalida Jarrar a déclaré que “les prisonniers font partie intégrante du mouvement du peuple palestinien et que leur message est toujours l’unité”.

Elle a mis en exergue les conditions de détention des prisonnières palestiniennes ainsi que leur rôle dans le mouvement des prisonniers, tout en attirant l’attention sur les conditions dans lesquelles elles se trouvaient dans la prison de Damon après leur transfert de la prison de HaSharon.

La famille de Khalida Jarrar avait été informée qu’elle serait libérée du point de contrôle de Jalameh vers midi, mais au lieu de cela, elle a été libérée tôt le matin au point de contrôle de Salem, à l’ouest de Jénine. Ce changement de dernière minute par les autorités israéliennes avait probablement pour but d’empêcher toute manifestation de joie et se soutien en faveur de la parlementaire palestinienne.

La fille de Khalida Jarrar, Yafa, a affirmé sur les médias sociaux que le déplacement de l’heure et du lieu de sa libération était une tentative de l’occupant israélien de minimiser les célébrations de sa libération. « Les forces d’occupation israéliennes viennent de libérer maman à 4 heures du matin (heure de Jérusalem) ce matin au poste de contrôle de Salem près de Jénine, ce qui est contraire à ce qu’ils nous ont dit. Maman a été informée qu’elle serait libérée à 12h30 au point de contrôle Al-Jalameh, près de Naplouse. Au lieu de cela, ils ont libéré maman très tôt à un endroit différent et l’ont laissée se promener librement au milieu de nulle part. Malgré les tentatives israéliennes pour perturber sa réception, maman est LIBRE ! » a-t-elle écrit.

Après sa libération, Khalida Jarrar s’est rendue à Naplouse sur la tombe de son père, décédé au cours de son emprisonnement. 

Khalida Jarrar était en prison depuis le 2 juillet 2017. Elle n’a jamais été inculpée de quoi que ce soit, ni jugée.  Son ordre de détention administrative a été renouvelé à quatre reprises, le plus récemment le 25 octobre. Plus de 275 organisations, partis politiques et mouvements sociaux du monde entier se sont unis pour lancer un appel collectif à sa libération.

Ce n’est pas la première fois que Khalida Jarrar était emprisonné par les Israéliens; son arrestation en 2017 était intervenue 13 mois seulement après sa libération de la prison israélienne après avoir purgé une peine de 15 mois de prison pour ses activités politiques publiques.

Après avoir été arrêtée en 2015, elle a été placée en détention administrative. En réponse à l’indignation du public, elle a été transférée devant les tribunaux militaires pour un procès bidon. Au cours des 20 derniers mois de sa détention, elle est restée en prison sans inculpation ni procès pendant tout ce temps.

Dans une interview accordée à Wattan TV, Jarrar a évoqué les attaques du ministre de l’occupation israélien chargé de la Sécurité intérieure et des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, contre les prisonniers palestiniens. Erdan dirige également les attaques de l’État israélien contre le mouvement BDS et contre les campagnes de solidarité palestiniennes à l’échelle internationale. « La situation des femmes détenues n’est pas facile, en particulier après la décision d’Erdan de les transférer de la prison de HaSharon à la prison de Damon, à la suite d’une manifestation de protestation après une manifestation de 63 jours contre l’installation de caméras de surveillance dans la cour de la prison. Cela fait partie d’une attaque globale contre les prisonniers », a déclaré Khalida Jarrar.

« L’occupation tente de transférer les prisonniers pour les faire commencer leur lutte à partir du point zéro, mais les prisonniers continuent de maintenir leur unité et leur cohésion et exigent un changement de situation. Les locaux des prisonniers sont remplis d’humidité et les installations électriques sont très dangereuses car elles sont humides et sujettes aux incendies. Il existe un réel danger et une plainte a été déposée auprès de l’administration pénitentiaire », a encore déclaré Jarrar. « En plus du fait que les cours des prisons sont pleines de caméras, il n’y a pas de bibliothèque pour les prisonniers et il n’y a pas de cuisine. Les prisonniers doivent cuisiner dans des pièces remplies d’humidité. »

 

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