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Israël veut barrer la route à la «Flottille de la liberté» pour Gaza

Izzet Shahin, un bénévole d’une ONG pour les droits de l’homme, les libertés et les secours humanitaires (IHH), a été arrêté en Cisjordanie par les “forces de sécurité” israéliennes il y a deux semaines et avait été transféré aux services secrets Shin Bet pour enquête. Cette organisation a été interdite en Israël il y a quelques années.

IHH a organisé l’envoi d’une flottille de bateaux – trois grands cargos et huit autres navires – chargés d’aide d’urgence pour Gaza, dont l’arrivée est prévue pour le 24 mai prochain.

Il s’agit de la Flottille de la liberté,  chargée de vivres, de médicaments et d’autres biens de première nécessité pour la population de Gaza. En liaison avec ces préparatifs, le gouvernement de Gaza a décidé d’agrandir le port de Gaza pour accueillir les navires, s’ils parviennent à atteindre le territoire assiégé sans restrictions ou interdictions israéliennes. Ce seraient les premiers grands navires à jeter ancre dans ce port depuis sa reconstruction.

Le ministère des Travaux publics, en collaboration avec celui les Transports et l’antenne locale de l’organisation d’aide turque IHH, s’est chargé de remettre en état le port de Gaza après l’agression israélienne qui l’avait détruit, dont l’espace réservé aux pêcheurs, le seul du territoire qui ne représente évidemment aucune menace pour Israël…

Une vingtaine de pays participent à la Flottille de la liberté, dont la Turquie, l’Irlande, l’Italie, l’Allemagne, l’Indonésie et la Jordanie par le biais de diverses personnalités politiques (dont 50 membres de divers parlements européens) et 1080 militants de différentes nationalités.

Menaces de la marine israélienne

Le président du Comité populaire contre le blocus de Gaza, Jamal al-Khoudari, a exprimé des craintes que les navires de la marine israélienne ne s’opposent à la Flottille de la Liberté, forçant les navires à rebrousser chemin ou à se dérouter vers un port où Israël en fouillera le contenu.

Al-Khudari a demandé au Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan de prendre des dispositions pour que la flotte arrive directement au port de Gaza sans rencontrer d’obstacle. La Turquie a examiné cette possibilité [l’interception de la marine israélienne] et selon lui, M. Erdogan a fait en sorte qu’il y ait sur des navires un « bouclier humain » fait d’un millier de militants.

Au cours des trois derniers mois, Israël a restreint l’approvisionnement en carburant qui permet de faire fonctionner la centrale électrique de Gaza. La plus grande partie de la bande de Gaza est souvent dans l’obscurité. Seul un nombre à peine suffisant de camions peut entrer pour empêcher la population de mourir de faim; l’Égypte, complice de la politique de blocus contre les Palestiniens, est en train de construire un mur d’acier pour empêcher la population de Gaza de transporter à travers les tunnels les produits de première nécessité.

« Lorsque les deux bateaux  de Free Gaza sont entrés dans le port en 2008, cela a été comme un rêve. C’était un moment historique », a déclaré le Dr Mona El-Farra, directeur adjoint de l’Union des comités de la santé au travail. « Et toutes les grandes choses commençent par une poignée de rêveurs qui ensuite les rendent réelles.»

« Pour nous, à Gaza, le rêve de liberté n’est pas perdu, et nous nous réjouissons de ce prochain voyage, avec un coeur grand ouvert. »

Le blocus, absurde et illégal

Le blocus israélien illégal sur Gaza participe plus que jamais d’une volonté de punition collective, comme en témoigne amplement un article diffusé par la BBC. Celle-ci a eu accès à des documents israéliens, présentés devant un tribunal, qui montrent notamment que les Israéliens se livrent à d’odieux calculs sur la quantité de calories dont a besoin la population gazaouite, en fonction de son âge et de son sexe, pour ne pas mourir de faim (l’expression est ici à prendre au pied de la lettre, pas comme une image).

La politique israélienne, soi-disant inspirée comme toujours par des impératifs de sécurité, consiste à laisser entrer tout juste assez de produits alimentaires pour que les rues de la bande de Gaza ne soient pas jonchées de cadavres (pour cela, il y a les bombardements, c’est tellement plus high tech !).

La tactique israélienne consiste aussi à démoraliser la population par le caractère totalement absurde de la liste des produits autorisés (il n’y a pas de liste des produits interdits : tout est interdit, sauf ce qu’Israël autorise de façon parfaitement arbitraire). Ainsi, la cannelle est autorisée, mais le coriandre (qui n’entre que l’on sache dans la composition d’aucun explosif) est interdit…

La BBC affirme avoir reçu “des informations provenant de sources fiables qu’il y a actuellement 81 articles qui sont approuvés pour l’importation – des haricots à la viande en conserve – et à partir de mars, les chaussures”.

Parmi la vaste gamme de produits dont Israël interdit l’importation à Gaza figurent la confiture, le bois pour la fabrication de meubles, les textiles et les jouets en plastique. Le thon en boîtes est autorisé, mais pas les fruits en conserves.  L’eau minérale est autorisée, les jus de fruits sont interdits. Le thé et le café sont autorisés, le chocolat est interdit. La liste établie par la BBC est ICI.

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