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Israël utilise un drone pour réprimer une manifestation de Palestiniens

Pour la première fois, l’armée israélienne a utilisé un drone pour réprimer une manifestations de Palestiniens à proximité de la “frontière” de la Bande de Gaza, au cours du week-end dernier.

Vendredi dernier, quelque 200 résidents de la Bande de Gaza s’étaient rassemblés à proximité de la “frontière” avec Israël. L’armée israélienne a utilisé un drone pour les arroser de gaz lacrymogène et les obliger à se disperser.

Selon une source militaire citée par Haaretz, il s’agit d’une “méthode expérimentale” utilisée pour la première fois. Le but pour les militaires israéliens et de contrôler les rassemblements de foules hostiles tout en restant à distance.

Au cours du week-end, deux Palestiniens ont été tués dans des affrontements avec l’armée israélienne. Vendredi, Muhammed Zain Jabri, un résident d’Hébron (Cisjordanie) âgé de 24 ans , a été blessé par balle et a succombé à ses blessures. Samedi, Amir Omar Shahada, 19 ans, a été abattu près de la ville de Naplouse (Cisjordanie).


Les forces israéliennes ont détruit des pierres tombales dans un cimetière palestinien à Jérusalem-Est occupé tôt lundi matin, selon des sources locales citées par l’agence palestinienne Ma’an.

Husni al-Kilani, superviseur du cimetière al-Mujahideen, a déclaré à Ma’an qu’il avait reçu un appel lundi à 3 heures pour l’informer que la serrure de la porte principale du cimetière avait été forcée et que le cimetière avait été perquisitionné.  Selon al-Kilani, des forces armées israéliennes ont été déployées à l’entrée du cimetière, pendant que ce qu’il pense être des officiers déguisés en civils, ont envahi le cimetière et détruit plusieurs pierres tombales à l’aide d’outils.

Al-Kilani a dit à Ma’an que les pierres tombales détruites appartenaient à Muhammad al-Kaluti, à Abdullah Abu Kharroub, à Thaer Abu Ghazaleh, à Bahaa Elayyan, à Muhammad Abu Khalaf, à Abed al-Muhsen Hassuneh et à Muhammad Nimr, c’est-à-dire des hommes tués par les forces israéliennes lors d’une vague de violence à Jérusalem-Est et en Cisjordanie qui avait éclaté en octobre 2015. On avait à l’époque d’une “intifada des couteaux”.

Les pierres tombales avaient  été gravées il y a environ un an et demi avec un verset du Coran et la phrase “tombes des martyrs de l’Intifada de Jérusalem”, a précisé al-Kilani.

Cette information est probablement à mettre en relation avec le vote au parlement israélien, le 8 mars dernier, d’une loi destinée à permettre à la police israélienne de ne pas restituer à leur famille les corps des Palestiniens qu’elle tue et qualifie de “terroristes”.

Il s’agit en fait de deux lois distinctes qui autorisent la police à retenir les corps de “terroristes palestiniens” tués et à conférer à l’État le pouvoir de révoquer le statut de résidents permanents aux Palestiniens de Jérusalem-Est auteurs de violences contre des Israéliens.

La première loi qui permet à l’État de retarder le retour des corps des terroristes palestiniens tués à leurs familles, a été votée 48 voix contre 10 à la Knesset. Ce texte intervient en réponse à une décision rendue en décembre 2017 par la Haute Cour de justice selon laquelle l’État ne pouvait pas utiliser les corps de “terroristes” comme monnaie d’échange sans une loi qui autorise explicitement cette pratique. C’est donc chose faite.

Les Israéliens font manifestement une fixation pathologique sur les dépouilles mortelles de leurs ennemis, qu’ils ne peuvent se contenter de tuer. Il leur faut aussi torturer mentalement et humilier leurs familles et tout un peuple.

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