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Israël refuse l’entrée du territoire palestinien sous son contrôle à une délégation politique française [MàJ]

Israël a annoncé lundi que l’entrée du territoire sous son contrôle sera refusé à sept membres d’une délégation de responsables européens, sur base de la législation récemment approuvée par la Knesset qui vise les militants pro-boycott d’Israël.

Les sept personnes visées 1 – à savoir le secrétaire national du PCF Pierre Laurent, la députée (LFI) Clémentine Autain, les députés européens Pascal Durand (Verts/Alliance libre européenne) et Patrick Le Hyaric (PCF), ainsi que les maires (PCF) de Stains Azzedine Taibi, de Limay Éric Roulot et de Gennevilliers Patrice Leclerc – font partie d’une délégation de 20 membres, qui devait arriver à Tel Aviv la semaine prochaine. Elle sont porteuses de passeports diplomatiques.

Les autres membres de la délégation seront autorisés à passer la frontière, mais il leur sera explicitement interdit de rencontrer Marwan Barghouti ainsi que le détenu franco-palestinien Salah Hamouri, placé en détention administrative depuis le 23 août, sans que ses défenseurs puissent avoir accès à son dossier (s’il en existe un).

Selon le ministre israélien de l’Intérieur Arye Dery et le ministre de la “Sécurité publique, , des communications (la hasbara)  et des affaires stratégiquesGilad Erdan, le but de la visite était de rencontrer le dirigeant palestinien Marwan Barghouti condamné à 5 peines de prison à vie.

Erdan a ajouté qu’il s’agit de “politiciens de haut rang qui soutiennent systématiquement le boycott contre Israël et le promeuvent”. Il a ajouté que “nous ne permettrons pas l’entrée à ceux qui appellent activement à nuire à l’Etat d’Israël, en particulier à la lumière de leur demande de rencontrer et d’offrir leur soutien à l’archi-terroriste Marwan Barghouti”.

Jusqu’à présent, selon Haaretz, la loi anti-BDS était utilisée assez rarement et principalement, sinon exclusivement, pour des visiteurs à titre privé.

L’Association pour les droits civils en Israël a publié (ACRI) une déclaration protestant contre la décision. Elle a qualifié la loi israélienne autorisant les autorités à interdire l’entrée aux les partisans du boycott de violation des principes démocratiques fondamentaux en prenant en compte les opinions politiques en permettant aux citoyens étrangers de visiter Israël et les territoires.

Toute personne cherchant à entrer en Israël ne devrait certainement pas avoir à suivre la ligne avec la position actuelle du gouvernement israélien sur le sujet de l’occupation”, a déclaré l’ACRI.


Par ailleurs, l’agence de presse palestinienne Ma’an signale que les autorités israéliennes ont annulé jusqu’à fin novembre les permis dont disposaient des familles palestiniennes de Gaza pour visiter des membres de leur famille détenus à la prison de Nafta, en territoire contrôlé par Israël.

Parmi les 6.198 Palestiniens actuellement détenus dans les prisons israéliennes, 300 sont originaires de la Bande de Gaza.

En avril dernier encore, Amnesty International rappelait que «la politique d’Israël qui consiste à incarcérer les Palestiniens arrêtés dans les Territoires palestiniens occupés dans des prisons en Israël est une violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève. C’est une pratique illégale et cruelle, et les conséquences pour le détenu et ses proches, qui sont souvent privés de la possibilité de le voir pendant des mois, voire des années, peuvent s’avérer dévastatrices»

«Au lieu de transférer illégalement les prisonniers en dehors des territoires occupés, Israël devrait faire en sorte que tous les Palestiniens qui y sont interpellés soient placés dans des prisons et des centres de détention situés dans les Territoires palestiniens occupés. En attendant, les autorités israéliennes doivent cesser de se servir des restrictions excessives des droits de visite pour sanctionner les prisonniers et leurs familles, et garantir que les conditions respectent pleinement les normes internationales», ajoutait Amnesty.

 

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Notes   [ + ]

1. Plusieurs listes ont circulé. On constate que certains noms qui figurent dans un communiqué du groupe parlementaire de “La France Insoumise” n’étaient pas dans celle que reproduisaient des médias sur la foi des informations de leur correspondant à Jérusalem

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  1. Israeli occupation officials bar French mayors, parliamentarians from Palestine for BDS support, prisoner solidarity | Samidoun: Palestinian Prisoner Solidarity Network

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