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Israël, quelle surprise, ne tient pas parole vis-à-vis des prisonniers Hamas dans ses prisons

Les militants du Hamas détenus dans les prisons israéliennes menacent de déclencher une grève de la faim après que des dizaines d’entre eux ont été transférés dans une partie de la prison dotée de dispositifs qui brouillent les communications des téléphones mobiles, affirme Haaretz qui cite “des sources palestiniennes”.

Lundi dernier, 80 prisonniers ont été transférés dans une partie de la prison de Ramon où de tels dispositifs de brouillage des communications sont en fonction, de sortie qu’Israël ne respecte pas les accords conclus en avril dernier selon lesquels des téléphones publics devaient être installés en échange de l’acceptation de ces brouilleurs par les prisonniers.

L’administration pénitentiaire envisage d’installer ces téléphones “prochainement”, mais annonce déjà que “des difficultés techniques pourraient entraîner un retard de quelques mois”. On se souviendra qu’Israël adore se présenter sous les traits d’un pays champion des technologies de l’information pour juger du sérieux de ce genre d’affirmations… 

En avril, après une grève de la faim de quelques jours, les représentants des prisonniers et ceux de l’administration pénitentiaire israélienne étaient parvenus à un accord concernant les appareils de brouillage et l’installation de téléphones publics. L’accord prévoyait que les prisonniers seraient déplacés dans des locaux munis de dispositifs de brouillage, mais qu’en contrepartie, des téléphones publics y seraient installés, ce à quoi le service pénitentiaire s’opposait depuis de nombreuses années. La grève de la faim avait été précédée par des tensions entre prisonniers et gardes lors de l’installation de ces dispositifs de brouillage. Cette tension avait atteint son point culminant quand un gardien dans la prison de Ketziot avait été poignardé.

Le plan prévoit une surveillance des communications passées en utilisant les téléphones publics par les services pénitentiaires. Chaque prisonnier serait autorisé à passer des appels après accord des autorités pénitentiaires, les appels étant adressés exclusivement à des membres de leur famille. En pratique, l’installation de téléphones publics a été retardée, mais l’administration pénitentiaire a insisté pour que les prisonniers soient quand même transférés dans la nouvelle aile dotée de brouilleurs. Autrement dit, comme c’est pratiquement toujours le cas dans tous les domaines, Israël n’exécute que la partie de l’accord qui est à son avantage et retarde encore et encore la mise en place de ce qui avait été concédé aux Palestiniens.

Les prisonniers réclament, quoi qu’il en soit, que les systèmes de brouillages soient mis hors service, ou démontés, et qu’une partie au moins d’entre eux puisse utiliser leurs téléphones mobiles.

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