Dans l'actu

Israël progresse dans la mise au point de son bouclier anti-missiles : prélude à une nouvelle guerre ?

Le quotidien israélien Haaretz a annoncé mercredi qu’Israël a procédé cette semaine à un essai couronné de succès de son nouveau système de protection anti-missiles baptisé “Iron Dome” (Dôme d’acier). Le système a réussi  l’interception de plusieurs roquettes tirées simultanément.

Cet essai réussi marque, selon Haaretz, la fin de la période de développement du système, dans le respect du calendrier qui avait été prévu. Le système “Iron Dome” est supposé permettre d’intercepter et de détruire en vol les roquettes (ou missiles) à courte portée venant de la Bande de Gaza ou du Liban

Selon la doctrine officielle israélienne, le fait pour Israël de disposer de ce système rend plus crédible la perspective de restituer la Cisjordanie à un futur État palestinien, dans la mesure où le territoire israélien serait efficacement protégé contre d’éventuels tirs venant de ce territoire.

Conçu par l’entreprise “Rafael Advanced Systems Ltd” (contrôlée par l’État israélien), “Iron Dome” utilise de petits missiles guidés pour faire exploser en vol les projectiles du style des fusées Katyusha, ayant une portée comprise entre 5 et 70 km.

La première unité opérationnelle devrait être déployée à proximité de la Bande de Gaza d’ici quelques mois.

La mise au point de “Iron Dome” avait, rappelle Haaretz, été décidée en 2006 durant la guerre qui vit Israël envahir une fois de plus le Liban, ce qui n’avait pas empêcher le Hezbollah de tirer une pluie de quelque 4.000 roquettes en direction du territoire israélien.

Le journal israélien ajoute – endossant la thèse officielle de son gouvernement – que c’est une recrudescence des tirs de missiles Qassam qui avait décidé Israël a agresser Gaza il y a un an, alors qu’il est largement établi que c’est Israël qui, après avoir maintenu le blocus qui devait être levé aux termes des accords conclus, et après longuement préparé son offensive, avait violé la trêve respectée par le Hamas et ensuite tiré prétexte de la riposte palestinienne pour déclencher une attaque massive visant – comme l’établit le rapport Goldstone – à terroriser la population civile.

La mise au point d’un système anti-missiles est-elle de nature à changer la donne politique et militaire ?

A priori, on pourrait – vu le caractère essentiellement défensif d’un tel système – le voir plutôt d’un œil bienveillant. Pourtant, selon certains observateurs, la mise au point d’un tel système est ce qu’Israël attend pour déclencher “sa prochaine guerre”. Car personne, semble-t-il, ne doute qu’il y aura une prochaine guerre, et qu’Israël en prendra l’initiative. La question ne semble pas être de savoir si elle aura lieu, mais quand et qui en sera la cible (le Hezbollah libanais tient la corde actuellement, semble-t-il).

Ainsi donc, loin de rendre plus vraisemblable une restitution de la Cisjordanie (par tout petits morceaux…) aux Palestiniens, la mise au point du bouclier anti-missiles ouvrirait au contraire la voie à d’autres aventures militaires agressives d’Israël.

L’idée qu’Israël rétrocèderait plus facilement la Cisjordanie car ses dirigeants seraient rassurés à l’idée qu’ils peuvent se protéger contre d’éventuels tirs de roquettes venant de Ramallah ou de Naplouse est d’ailleurs assez absurde, puisque Israël – on n’est jamais trop prudent – exige en tout état de cause que les confettis de territoires que, par pure facilité de langage on s’accorderait dans le futur à baptiser “État palestinien”, soient totalement démilitarisés.

 

Print Friendly, PDF & Email